beatles white album

beatles white album – Enregistré entre le 30 mai – 14 octobre 1968 – aux Abbey Road Studios et Trident Studios, Londres – Apple records
Durant les cinq mois qu’il fallut à John, Paul, George et Ringo pour enregistrer le “Double Blanc ” leur producteur, le bon George Martin, s’arracha pratiquement ce qu’il lui restait de cheveux neigeux. Etrange affaire : pour les fans, ce disque aurait dû être le meilleur Beatles de tous les temps. Et pour cause : c’était le double. Mais voilà bien ce qui gênait George Martin : ce disque n’était qu’une série de mauvais coups, croches dans le dos et pétages de plombs.

Dès le premier morceau de beatles white album, sympathique hommage à Chuck Berry (“Back In The USSR”), Ringo Starr prend la mouche et, sur une mauvaise blague de McCartney, quitte le groupe. Qu’importe. Raides défoncés, les Fab Four enregistrent à trois, se laissant aller à cette barbarie : ouvrir le plus grand effort discographique du plus grand groupe de tous les temps avec le bassiste à la batterie et le guitariste à la basse.


Beatles white album

Le batteur rumine à la maison, plongé dans son whisky coke. C’est qu’il s’en passait de violentes, en cet été 1968, aux Abbey Road Studios. Faute d’imposer l’idée d’un disque simple, George Martin enregistra tous les dégâts. Qui étaient immenses. The Beatles sombraient.

John avait sans doute alors un méchant problème d’héroïne (“Yer Blues’ ’) et le singe sur son dos frôlait la taille de King Kong. Des vacances à Rishikeh (Inde, février 1968), censées permettre aux Fabs de retrouver le sens cosmique de la vie, avaient révélé aux garçons que leur gourou était un obsédé sexuel doublé d’un serial tripoteur.

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Fou de rage, Lennon avait composé un “Maharishi” vengeur. Il Mut tous les avocats d’EMI pour le persuader de transformer le morceau en “Sexy Sadie”. Et George Martin passa 35 heures en studio à accoucher de ce seul titre au long de trente-deux prises calamiteuses. Allons, le rêve des Quatre de Liverpool était mort et rien n’allait plus.

Soucieux de sauver ce qui restait du groupe, McCartney en vint même à écrire du faux Lennon (“Wild Honey Pie”) pour tenter de rappeler à son bouillant compère les heures de complicité et de camaraderie du début des années 60. Mais en vérité, c’est le vieux George Martin qui avait raison : le beatles white album serait une explosion en vol, un monument narcissique. D’autant que de très bons titres resteront inachevés (“Not Guilty” de Harrison, entre autres).

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D’accord, McCartney peut faire semblant. Se glisser dans un studio pendant que les autres mixent “Revolution N° 9” (cette chose) et enregistrer avec un Ringo revenu et amadoué — mais c’est ça, Ringo — une espèce d’hommage à Little Richard et au bon vieux rock’n’roll (“Birthday”). Rien n’empêchera le même Macca de livrer des horreurs comme “I Will” (qui annonce des années de mièvreries et de mélasse muzak en solo).

Le plus triste reste le peu de cas que George Harrison fait de tout ce projet Lui, le guitariste fabuleux, se contente d’amener son pote Eric Clapton en studio pour jouer le solo de ce qui aurait dû être son Grand Œuvre de tous les temps, « While My Guitar Gently Weeps”. Tout dans ce projet est terrifiant, y compris l’usage que certains fans feraient des 95 minutes que dure le disque.

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Prévu comme un pastiche des premiers groupes de heavy rock (Cream, les Who, Jimi Hendrix Experience), “Helter Skelter” était un morceau anti-Beatles en ce sens que la mélodie, la recherche musicale et la subtilité habituelle étaient abandonnées au profit d’accélérations bruitistes, riffs titanesques, voire de solos embarrassants.

Le rock découvrait les grands stades et virait numéro de cirque. En Californie, une famille de grands brûlés au LSD, Tex, Sadie Mae, Lesley, Bobby, Squeaky et Sandra, sous l’influence d’un certain Charles Manson, allaient percevoir une signification secrète dans ce morceau et commettre la phis gore des expéditions, massacrant l’actrice Sharon Taie (enceinte) et trois de ses amis, barbouillant de sang les murs de la villa de Celio Drive, écrivant le slogan Healter Skelter (sic) avant d’aller laver leurs vêtements maculés de sang, matières fécales et autres déjections dans l’océan Pacifique en chantant, précisèrent-ils au jury effaré, la chanson de George Harrison “Piggies”. Charlie Manson était seulement l’un des types qui avaient “entendu ” des choses à travers l’acide et le beatles white album. Le bon George Martin avait-il pressenti cela, ces sacrifices rituels du 7 août 1969 ?

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En bon professionnel, il savait que les Fabs lui jetaient des titres fabuleux au milieu de tout ce fatras : “Glass Onion”… est sans doute aux Beatles et, pourquoi pas, au rock ce que La Vue de Raymond Roussel est à la littérature. Dans ce tour de force, Lennon passe justement au crible tous les délires afférant à la surinterprétation des textes des Beatles.

Souvenez-vous : nous étions en 1968 et les gens croyaient sincèrement que Bob Dylan était déguisé en femme sur la pochette de « Bringing It All Back Home » ou que s’ils léchaient la fameuse banane autocollante qui ornait la pochette du premier Velvet Underground, ils allaient partir en plein trip de LSD… Mais c’est sur “Glass Onion” que Lennon rive leur clou aux fameux analystes des Beatles.

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Sarcastique et vengeur, il pourfend ceux qui lisent les posters à l’envers et jette des exemples, piochés dans “Lady Madonna”, “I Am The Walrus”, “Lucy In The Sky With Diamonds”. Le drive de la chanson est irrésistible, tout comme le rythme relancé par une batterie affolante, et pourtant le morceau laisse un goût de cendre dans la gorge de l’auditeur.

Le rêve est fini, il faudra simplement quelques mois à Charles Manson pour comprendre et explosa de folie et de rage, monstre enfanté par l’idéologie baba cool qu’avaient aidé à colporter les Beatles. Une fois encore, les Fabs avaient tout prévu, eux qui chantaient que “le bonheur est un fusil chaud”. Cela n’excusant pas non plus une abomination néo-ska comme “Ob-La-Di Ob-La-Da”, Mais c’est cela, le ‘ Double Blanc ’ ‘, une auberge espagnole où le pire côtoie le meilleur et, comme pour nous donner raison, Harrison surgit du bois avec une fantastique composition, ce ‘ ‘Savoy Truffle” dont le piano électrique et le swing annoncent rien de moins que Stevie Wonder.

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En résumé : croyant soudain qu’ils étaient vraiment des Beatles absolument fabuleux, George, Paul, John et Ringo ont ici péché par excès de tout. Morgue, gros ventre, orgueil, le beatles white album est tout cela, évidemment. Un auditeur particulièrement pervers des années 2000 pourrait s’amuser à réduire cet Annapuma à., un disque simple, triant et scannant ces trente titres pour sélectionner les quinze meilleurs moments et inventer cette merveille : le Simple Blanc. Ou peut-être préférera-t-on une pochette noire ? Oui, voilà, c’est ce qu’il aurait du faire : un simple noir.

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CREDITS de Beatles white album

Musiciens invités

  • Eric Clapton – guitare solo While My Guitar Gently Weeps.
  • Mal Evans – harmonies vocales et claquements de mains sur Dear Prudence, claquements de mains sur Birthday, trompette sur Helter Skelter.
  • Jack Fallon – Fiddle sur Don’t Pass Me By.
  • Pattie Harrison – chœurs sur Birthday.
  • Jackie Lomax – chœurs et claquements de mains sur Dear Prudence.
  • Yoko Ono – chant, chœurs et claquements de mains sur Bungalow Bill, chœurs sur Birthday, effets sonores divers sur Revolution 9.
  • Maureen Starkey – chœurs sur Bungalow Bill.

Musiciens de sessions

  • Ted Barkertrombone sur Martha My Dear.
  • Leon Calverttrompette et bugle sur Martha My Dear.
  • Henry Datyner, Eric Bowie, Norman Lederman et Ronald Thomas – violons sur Glass Onion.
  • Bernard Miller, Dennis McConnell, Lou Soufier et Les Maddox – violons sur Martha My Dear.
  • Reginald Kirbyvioloncelle sur Glass Onion et Martha My Dear.
  • Eldon Fox – violoncelle sur Glass Onion.
  • Frederick Alexander – violoncelle sur Martha My Dear.
  • Harry Kleinsaxophone sur Savoy Truffle et Honey Pie.
  • Dennis Walton, Ronald Chamberlain, Jim Chest et Rex Morris – saxophone sur Honey Pie.
  • Raymond Newman et David Smithclarinette sur Honey Pie.
  • Art Ellefson, Danny Moss et Derek Collinssaxophone ténor on Savoy Truffle.
  • Ronnie Ross et Bernard Georgesaxophone baryton sur Savoy Truffle.
  • Alf Reece – tuba sur Martha My Dear.
  • The Mike Sammes Singers – chœurs sur Good Night.
  • Stanley Reynolds et Ronnie Hughes – trompette sur Martha My Dear.
  • Chris Shepard – fiddle sur The Continuing Story of Bungalow Bill.
  • Tony Tunstall – cor français sur Martha My Dear.
  • John Underwood et Keith Cummings – violon alto sur Glass Onion.
  • Leo Birnbaum et Henry Myerscough – violon alto sur Martha My Dear.

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