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Nia (Blackalicious), rap festif et métissé made in California

Never love alone
Nia (Blackalicious), rap festif et métissé made in California Posted on 26 avril 2019Leave a comment
Never love alone

Blackalicious Nia – Enregistré entre 1996 et 1999 – Mo Wax records
DJ Shadow était le plus visible, mais il n’a jamais été isolé. Avant que le fondamental Endtroducing… ne lui apporte la renommée que l’on sait, il était partie prenante de Solesides, label essentiel de la Baie de San Francisco, cette Bay Area où s’était épanouie, depuis Del et Digital Underground, le hip-hop le plus malin et le plus créatif de Californie. Les autres membres essentiels de cette confrérie étaient Lateef the Truth Speaker et Lyrics Born, qui formaient ensemble Latyrx, ainsi que The Gift of Gab et Chief Xcel de Blackalicious.

Douze ans avant la sortie de Blackalicious Nia, le duo Hip Hop américain originaire de Sacramento composé de Xavier Mosley aka Chief Xcel et Timothy Parker aka The Gift of Gab, se stabilise et choisi son nom définitif en 1991, c’est en 1987 à la Kennedy High School qu’il se crée, suivront trois années pendant lesquelles Blackalicious potassera son sujet, se séparera plus ou moins, puis bossera sur des compositions avec le label Solesides (DJ Shadow, Lyrics Born, General Elektriks…).


Blackalicious Nia

En 1994, le fruit de son travail verra réellement le jour, avec le single Swan Lake issu d’un premier EP du nom de Melodica, les ventes combinées avoisineront 25000 unités, en grande partie grâce au relais des radios de lycée à travers le pays.

Dans la foulée le label Mo Wax signe le duo et distribue l’EP en Europe, lui permettant ainsi en 1995 de tourner dans 27 villes du vieux continent. A la même période Solesides prend fin et renait sous le nom de Quannum.

Blackalicious Nia

Malgré des titres d’anthologie comme « The Quickening », « Balcony Beach », « Storm Warning », « Jada’s Vengeance » ou « Bombonyall », les artistes de Solesides, devenu le collectif Quannum à l’orée des années 2000, avaient rarement assuré sur la longueur de tout un album.

Le premier disque du collectif Spectrum s’était montré très inégal, et le très bon The Album de Latyrx avait été avant tout une compilation.

Premier LP de Blackalicious, après deux EP excellents (un Melodica culte en 1995, et A2G en 1999), Nia est la première grande œuvre sortie par ces gens, le rap festif et métissé qui leur était coutumier y étant constamment bon.

Blackalicious Nia
Blackalicious Nia

Blackalicious commence à bosser sur Nia à partir de 1996 mais ne sortira qu’en 1999, après trois années éprouvantes pendant lesquelles Gab fera face a son addiction à l’alcool, ce premier méfait très introspectif sur la vie des deux membres, qui fait suite au EP A2G, voit les collaborations de Lyrics Born, Erinn Anova, Joyo Velarde et DJ Shadow.

Peu de titres sont ici en deçà du jouissif « Deception » et de son piano entêtant, déjà présent sur A2G. Tandis que The Gift of Gab, alternativement rappeur « conscient » et MC fantaisiste, donnait dans tous les styles de phrasés imaginables, allant jusqu’au chant, invitant de délicates voix féminines à le seconder, notamment sur un magnifique « If I May », ou s’aventurant au contraire dans un exercice de virtuose sur l’acrobatique « A To G », Chief Xcel cultivait un son groovy qui sentait bon l’esprit funky et le goût du collage du rap des années quatre-vingt, il proposait des beats à même de séduire bien au-delà du simple public rap, il se révélait un véritable compositeur.

Blackalicious Nia

De réjouissances old school (“The Fabulous Ones”) en merveilles soul («If I May »), en passant par des ballades (« Shallow Days », “As The World Turns”, « Sleep ») et des bizarreries sonores (ce « Cliff Hanger » produit par Shadow), sans oublier des passages plus hargneux, comme ce « Trouble » qui s’achevait par du turntablism débridé, le duo signait avec naturel l’œuvre rap complète et accomplie que l’on attendait des artistes Solesides.

« Nia » signifie « raison d’être », « objectif », « but » en swahili. Manifestement, Blackalicious avait pleinement atteint le sien. Brillant, pas loin d’être homogène, Nia était, en 1999, le point d’entrée privilégié vers ce hip-hop très inventif né dans la Baie de San Francisco.

Blackalicious Nia

Le succès grandissant, la position du duo au Billboard, font que les majors s’y intéressent, ce qui amènera une signature chez MCA (Universal) pour le second album Blazing Arrow, qui débarquera en 2002 avec une nouvelle collaboration de Dj Shadow, mais aussi Lateef, Saul Williams et Zach De La Rocha des Rage Against The Machine.

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