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Caça a Raposa (Joao Bosco), atmosphères en clair-obscur typique du poète sonore

Joao Bosco, à priori, a le profil d’un chanteur de MPB carioca classique. Issu d’un milieu de classe moyenne qui le destinait à des études d’ingénieur civil, il débute sa carrière comme auteur de chansons pour Elis Regina, tout comme Milton Nascimento, lui aussi issu du Minas Gerais.

Même si Bosco a quitté très tôt cet état montagneux et rural pour Rio et son fameux samba, il lui reste cette fibre d’esthète, de peintre d’atmosphères en clair-obscur typique des poètes sonores du Clube da Esquina – ce qui l’amènera bien plus tard à reprendre le « Rouge-gorge » de Gérard Manset, par exemple.

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Black & Proud, la bande-son du Mouvement des droits civiques afro-américains

Au virage des années soixante, les musiciens afro-américains se mettent au diapason de la contestation. Du jazz à la soul, du funk au futur rap, ils promettent des lendemains qui détonnent. État des lieux de la bande-son du Mouvement des droits civiques.

I have a dream. » Nul n’a oublié le discours de Martin Luther King sur les marches du Lincoln Memorial de Washington D.C. Le pasteur n’était pas le seul à rêver en cette année 1963. Un autre Afro-américain montrait à sa manière la voie à suivre : le trompettiste Dizzy Gillespie signait un retentissant album intitulé Dizzy For President!

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Forces Of Victory (Linton Kwesi Johnson), récit ultra réaliste du dub poète

A la première comme à la centième écoute, « Sonny’s Lettah » (La lettre de Sonny, ou la lettre du fils) prend aux tripes. C’est l’un des temps forts de Forces Of Victory. Un récit ultra réaliste qui trouve son efficacité dans l’alchimie parfaite entre les mots, la mise en musique mais aussi la diction du dub poète Linton Kwesi Johnson, Sous-titré « Anti-Sus Poem » en référence à la « sus law », une loi informelle permettant aux policiers britanniques d’arrêter n’importe qui sur une simple suspicion, le texte condamne avec habileté cette mesure inique dont l’application peut dégénérer de façon dramatique.

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But beautiful (Bill Evans, Stan Getz), l’unique Live des monstres sacrés post-bebop

Bill Evans et Stan Getz, deux des improvisateurs les plus lyriques du jazz post-bebop, n’ont presque jamais enregistré ensemble. Leur seule collaboration en studio, pour Verve en 1964, a été si infructueuse, du moins dans leur esprit, qu’ils ont contractuellement demandé à leur maison de disque de ne pas sortir l’album (Il a quand même été publié en 1973 sous le nom de « Stan Getz & Bill Evans »). En 1974, soit dix ans plus tard, ils se produisent à nouveau ensemble lors de concerts aux Pays-Bas et en Belgique. Le résultat, cette fois-ci, est bien meilleurs. Le seul autre enregistrement du duo dresse un portrait fascinant de deux jazzmen extraordinaire à l’œuvre. Mais comme l’album Verve, il est parfois teinté de frictions.

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Grace (Jeff Buckley), culte d’un premier et unique album studio

En septembre 1994 sortait Grace, le premier et unique album publié de son vivant, par Jeff Buckley. Entre ses premières expériences peu concluantes au sein de groupuscules punks et les doutes, les fausses pistes et le goût inachevé d’un second album posthume, Jeff Buckley a fait naître l’œuvre de sa carrière, unique à plus d’un titre. Jusqu’à l’âge de 25 ans, Jeff Buckley est quasiment muet, du moins en tant que chanteur. C’est avant tout un musicien, un guitariste. C’est sa grand-mère maternelle, Anna qui lui a offert sa première guitare acoustique, alors qu’il avait à peine 3 ans (il est né le 17 novembre 1966). Longtemps, il n’en joue pratiquement pas mais selon un camarade « il la tenait serrée tout contre lui comme Linus sa serviette ».

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Five Leaves Left (Nick Drake), folk progressif aux atmosphères sombres et mystérieuses

Malgré sa réticence pathologique à se produire en public, c’est durant l’une de ses prestations à Cambridge que Nick Drake est repéré par un membre des Fairport Convention : Ashley Hutchings qui le dirige logiquement vers son producteur Joe Boyd. Référent de la scène folk-rock britannique à l’époque, Joe Boyd produit alors Fairport Convention mais aussi l’Incredible String Band.

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Revolver (The Beatles), en avance d’un temps sur le reste du monde

En 1966, les Beatles, déjà au sommet de leur créativité et popularité, publient ‘Revolver’, leur septième album. Et révolutionnent le rock, tout simplement. The Beatles Revolver. Annus mirabilis, 1966 ? Pour les Beatles, en tout cas, l’année où tout bascule, à la fois intimement et artistiquement ; l’année où, par leur entremise – et celle de Bob Dylan ou des Beach Boys –, le rock entre pour de bon dans l’âge adulte. La fin d’une époque aussi, marquée par l’innocence, la joie toute simple de mordre à pleines dents dans le succès.

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Live in La Fusa (Vinicius de Moraes, Maria Creuza, Toquinho), cosy et bouteilles de whisky

En pleine dictature militaire, pour fuir la censure et les atteintes aux libertés individuelles, certains artistes s’exilent : Chico Buarque en Italie, Caetano Veloso et Gilberto Gil en Angleterre, Geraldo Vandré un peu partout… Les maîtres de la bossa nova les avaient précédés : Carlos Lyra au Mexique, Baden Powell en France, João Gilberto et Antônio Carlos Jobim aux Etats-Unis.

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LA. Woman (The Doors), le chant du cygne de Jim Morrison

Ni le nom du studio ni le titre de la chanson ne sont du meilleur augure. Durant les premiers jours d’octobre 1970, une équipe de musiciens est réunie à Sunset Sound Recorders afin d’y terminer l’enregistrement d’une composition de Nick « The Greek » Gravenites, Buried Alive in the Blues… Seule manque la chanteuse., d’ordinaire ponctuelle. Les heures passent, le producteur s’alarme, un road manager est dépêché au Landmark Motor Hotel, niché au pied des collines d’Hollywood. Sur le parking, un cabriolet Porsche peint aux couleurs du psychédélisme.

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Four way street (Crosby Stills Nash and Young), live au couronnement posthume

Disque d’or immédiat comme les deux précédents albums et numéro 1 des ventes en Amérique durant l’été 1971, ce double live est un couronnement posthume à son arrivée dans les bacs.Tourmentés et paranoïaques, Crosby Stills Nash and Young, les quatre héros de la culture hippie n’ont pas supporté la seule promiscuité d’une tournée l’année passée. À guichets fermés. Et l’album, enregistré au Fillmore East de New York, puis à Chicago et à Los Angeles, est achevé sous la houlette de Bill Halverson accompagné des seuls Crosby et Nash. Stephen Stills leur reprochera longtemps de s’être accommodés de bandes sur lesquelles il n’était pas à son summum.

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Electric Ladyland (The Jimi Hendrix Experience), ou la croisière d’un Capitaine Nemo psychédélique

Au cours de l’année 1967, l’Experience mené par Hendrix a donné pas moins de 255 concerts en Europe et aux Etats-Unis et enregistré deux albums. Are You Experienced et Axis: Bold As Love. Or, 1968 s’annonce sous les mêmes auspices. Pour tenir le coup, le groupe a recours à une multitude de drogues. Au point que le batteur Mitch Mitchell se promène en permanence avec une mallette compartimentée dans laquelle on trouve des amphétamines, des somnifères et du speed. Pris dans cette spirale, Jimi disjoncte.

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Tropicalia ou Panis et Circencis, étendard flamboyant du mouvement tropicaliste

En 1968, l’album Tropicalia est l’étendard flamboyant du mouvement tropicaliste, qui prône en musique une révolution culturelle et sociale au Brésil.

En 1968, la révolution est mondiale. Pas seulement chez les petits-bourgeois du Quartier latin, pas seulement parce que les Beatles la chantent ou que les Tchécoslovaques, un bref instant, s’offrent l’espoir d’un nouveau Printemps.

A des milliers de kilomètres de là, dans quelques-uns de ces pays qu’on dit du Tiers Monde, politique et musique bouillonnent aussi, et les oreilles s’ouvrent avidement à ce qui se passe en Angleterre et sur la côte Ouest des Etats-Unis. C’est le cas au Brésil, qui a bien besoin de nouveauté.

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Buckshot LeFonque, un classique de la M.A.A.P.

Projet éphémère au nom farfelu, Buckshot LeFonque représente l’escapade hip-hop d’un grand musicien de jazz au coeur des années 90. Derrière ce pseudonyme, Branford Marsalis, saxophoniste de renom. Formé auprès d’Art Blakey, Marsalis aura joué avec tous les grands noms du jazz, de Lionel Hampton à Herbie Hancock en passant par Miles Davis.

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The Dark Side Of The Moon (Pink Floyd), chef-d’œuvre floydien

Lorsque EMI publie The Dark Side Of The Moon le 24 mars 1973, d’innombrables fans du Floyd en ont déjà entendu des extraits. Peu d’entre eux se doutent que ces nouveaux titres de leur groupe fétiche se vendront à plus de 25 millions d’exemplaires et que Pink Floyd deviendra un dinosaure, un titan mondial, presque une marque déposée. A l’époque de l’enregistrement de son chef-d’œuvre Pink Floyd Dark Side Of The Moon, les Floyds sont encore un groupe underground planant qui compte toujours des rivaux comme Soft Machine et voient pointer sur leur gauche une turbulente jeune génération (Genesis. Yes).

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Bonnie and Clyde (Serge Gainsbourg/Brigitte Bardot), une ode à la modernité pop

Quand l’été de l’amour frappe à la porte de Serge Gainsbourg, compte tenu du fait que le gars se réveille rarement avant 3 h de l’après-midi, nous présumerons que nous sommes dans les alentours de 17 h 30. Nous sommes, par ailleurs, le vendredi 2 juin 1967, jour de la Sainte-Blandine, une jeune fille jadis dévorée par les lions, comme le sieur Gainsbourg l’avait été par des bergers allemands pour les besoins d’un péplum de série B, sorti une demi-douzaine d’années plus tôt.

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At Home Live In Marciac (Roberto Fonseca / Fatoumata Diawara), une union artistique brûlante au groove enivrant

S’il fallait illustrer combien l’Afrique et l’Amérique latine sont intimement liées, ce concert capté le 4 août 2014 au festival Jazz In Marciac et intitulé « At Home » y répondrait à merveille ! En effet la rencontre du prodigieux pianiste originaire de la Havane, Roberto Fonseca et de la diva malienne Fatoumata Diawara sonne comme la fusion parfaite, tant au niveau des rythmes que des mélodies, entre le jazz aux accents afro-caribéens et la tradition mandingue aux couleurs pop.