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Gone Clear (Manu Dibango), kingston escale with Sly & Robbie

Gone Clear, premier des deux albums reggae du légendaire saxophoniste camerounais Manu Dibango est enregistré avec Sly & Robbie, quelle drôle d’idée pour le pape de l’afro-jazz d’aller fricoter avec des musiciens jamaïcains qui à l’époque n’avaient pas 30 ans et se moquaient comme d’une guigne de la musique africaine, lui préférant la soul et le funk de Philly Sound…

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The Head on the Door (The Cure), séries de perles sombrement nacrées

Après avoir enregistré sa trilogie infernale puis tenté un virage pop, histoire de remettre un peu de lumière dans la maison (The Top), The Cure semble arriver à un point névralgique de sa carrière. Quel chemin prendre alors ? Comment continuer à vivre ? Instinctivement, Robert Smith semble trouver la réponse dans un mélange astucieux de toutes ses personnalités musicales. The Head on the Door est en effet un album aux mille facettes, aux mille atmosphères.

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Dave Pike Set Masterpieces, du free jazz à la world music

Longtemps partenaire du flûtiste Herbie Mann, Dave Pike a également joué avec Bill Evans, Paul Bley, Kenny Clarke. Issu du bebop, il explore différentes voies du jazz, se liant aussi bien avec la musique latine qu’avec l’avant-garde. Son album, The Doors of Perception, enregistré en 1966, retrace en musique les expériences décrites par Aldous Huxley dans son livre éponyme. Conservé sur les étagères d’Atlantic pendant plusieurs années avant de sortir sur le label Vortex, ce disque précipite le départ pour l’Europe du vibraphoniste. Il signe alors chez MPS et poursuit en Europe une carrière très ouverte, du free jazz à la world music.

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Led Zeppelin IV, riffs chromés, batteries nucléaires et hurlements de prima donna

C’est à l’automne 1971 que la nouvelle déclenche une énorme joie dans les bureaux des disques Atlantic : le quatrième album de Led Zeppelin, groupe mammouth, sortira bien avant Noël, en dépit d’un mixage long et périlleux. Mais, douche froide, lors d’une conférence de presse, l’immense Peter Grant, gargantuesque manager, lâche sa bombe : ses poulains exigent — fait sans précédent — une pochette sans nom, sans titre, sans numéro de catalogue, ni référence.

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Fun House (The Stooges), 36 minutes d’orgasme électrique #$& !!!

Deuxième album des Stooges, “Fun House” porte à son paroxysme le rock’n’roll des pionniers (Gene Vincent et Vince Taylor) tout en utilisant la technologie de l’époque (murs d’amplis, wah-wah), jetant une accolade au free-jazz et se fracassant dans la réalité d’une époque post-hippie que Iggy et ses Stooges, visionnaires, envisagent comme atroce, mais lubrique. En résumé, “Fun House” pourrait bien être tout ce que le rock’n’roll avait jamais promis, des costumes moirés d’Elvis à la montée des gangs de Detroit, 36 minutes d’orgasme électrique.

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Standards (Keith Jarrett, Gary Peacock, Jack Dejohnette), trio d’une liberté insensée

1977 et la sortie chez ECM de l’album Tales Of Another de Gary Peacock est l’acte de naissance du trio Keith Jarrett/Gary Peacock/Jack Dejohnette.Le trio se « forme » six ans plus tard à l’initiative de Keith Jarrett, et jusqu’en 2015, il va s’appliquer à épuiser les potentialités apparemment illimitées de leur travail collectif, inventant une musique d’une liberté insensée et d’une exigence totale. Lorsqu’en 1983, le premier enregistrement du nouveau trio de Keith Jarrett standards sort, il fait l’effet d’une bombe. Après les musiques enregistrées dans des contextes différents (en solo, en trio avec Charlie Haden et Paul Motian entre 1966 et 1976, en quartettes), le pianiste propose un album de standards.

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Bob Dylan Highway 61 revisited, surréaliste et débordant d’énergie blues brute

Il faut remonter à la première du Sacre du printemps de Stravinsky, qui avait provoqué une émeute en 1913 au Théâtre des Champs-Élysées, pour trouver le genre de controverse qui a explosé lorsque Bob Dylan a branché sa guitare le 25 juillet 1965 au Festival de Newport. Mais les huées des puristes de la folk devaient disparaître parmi les acclamations qui se sont élevées lorsque Dylan sorti Highway 61 revisited, un mois plus tard.

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Jazzmatazz vol. I + Guru, une fusion inédite entre rap et jazz

Autant résolu à répondre à la critique conservatrice qu’à partager son intérêt profond pour la musique, Keith Elam aka Guru entreprend une fusion inédite entre rap et jazz grâce à un panel d’artistes prestigieux comme Roy Ayers, Donald Byrd, Lonnie Liston Smith, Ronny Jordan, Branford Marsalis ou Carleen Anderson.

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Histoire de Melody Nelson (Serge Gainsbourg), onirique, symphonique, érotique, mythique

Après le succès de je t’aime moi non plus, Serge Gainsbourg l’avoue : il est temps de passer aux choses sérieuses. Et les choses sérieuses, c’est un concept-album comme la pop en délivre alors, de Sgt. Pepper’s (Beatles) à la Mort d’Orion (Gérard Manset) en passant par le double album Amour Anarchie de Léo Ferré. Les choses sérieuses, c’est de s’imposer à part entière comme interprète, de ne plus se disperser dans les œuvres de commande.

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There’s A Riot Goin On (Sly & The Family Stone), du funk…mélancolique

Deux ans après l’explosion multicolore Stand ! et le triomphe de Woodstock, Sylvester Stewart et sa famille inventent le funk triste. Les quarante-neuf minutes de There’s A Riot Goin’ On font figure d’épouvantail dans la production soul funk des early seventies. Largement enregistré en solo par Sly avec néanmoins des featurings non déclarés de Bobby Womack, Wah Wah Watson et Billy Preston —, le cauchemar dense et défoncé de ce disque sombre fascine presque autant qu’il effraie.

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Bande originale de Taxi driver (Bernard Herrmann), dernière œuvre du maitre

« La bande-son de ma vie était déterminée par mon environnement, c’était une cacophonie », se souvient Martin Scorsese dans Scorsese, l’émotion par la musique, le documentaire de Clara et Robert Kuperberg. Dans les films du cinéaste, cette cacophonie s’exprime au travers de bandes originales divisées en deux catégories : d’un côté, les morceaux rock qui ont imprégné sa jeunesse, notamment ceux des Rolling Stones, qui ont illustré pas moins de cinq de ses longs-métrages ; de l’autre, les scores instrumentaux (Bernard Herrmann pour la musique Taxi Driver et Peter Gabriel pour La Dernière Tentation du Christ).

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Blonde On Blonde (Bob Dylan), le son sauvage du mercure

A  l’automne 1965, Dylan, dont les disques se vendent alors comme des petits pains (au mois de mai, il a classé pas moins de trois albums – Bringing It all Back Home, The Freewheelin’ et The Times They Are A-Changin’ – dans le Top 10), se met à composer les premiers morceaux de ce qui plus tard constituera Blonde on Blonde.

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Tago Mago (Can), pierre philosophale du rock underground des 70’s

Fantastique cas d’école que celui de ce groupe allemand rassemblant des personnalités totalement dissemblables, soit deux anciens élèves de Stockhausen, Irmin Schmidt (orgue, piano) et Holger Czukay (basse) qui localisent un batteur de free-jazz excédé de ne pouvoir jouer que des polyrythmies (Jaki Liebezeit) et un jeune guitariste fou du Velvet et de Hendrix, Michael Karoli.

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Abraxas (Santana), un deuxième opus allégorique et charnel !

Encouragé par le promoteur local Bill Graham (patron du Fillmore, etc.), Santana se fait connaître localement dans un premier temps, avant d’être propulsé sur le devant de la scène du jour au lendemain, grâce à une prestation mémorable au festival de Woodstock et un premier album publié simultanément, contenant les classiques Evil Ways, Jingo et Soul Sacrifice. Un an plus tard, sous sa pochette peinte par Mati Klarwein (qui signe la même année celle de « Bitches Brew » de Miles Davis), « Abraxas » impose définitivement son stupéfiant mélange de rock, blues et salsa, ainsi que l’éblouissante virtuosité de son leader à la guitare.

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Sticky Fingers (The Rolling Stones), l’album des deux Mick

À bien des égards, Sticky Fingers marque un nouveau départ pour le groupe : c’est le premier album à paraître sur son propre label, Rolling Stones Records, et le premier enregistré avec Mick Taylor qui vient de rejoindre le groupe. Outre son jeu de guitare, il est l’artisan avec Jagger de nombreuses chansons. C’est un peu « l’album des deux Mick ».

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L’Ecole du micro d’argent (IAM), contestation sociale sur fond de références mythologiques

Sur 16 pistes, les Marseillais dépeignent leur univers, un monde où la contestation sociale se fait sur fond de références mythologiques et de clins d’œil cinématographiques, avec un brin de déconnade et de gouaille marseillaise. Tout comme le Wu-Tang Clan, IAM s’inspire d’un pan de la culture asiatique et mélange plusieurs références aux arts martiaux avec son propre attrait pour la mythologie et l’histoire du bassin méditerranéen.