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Bande originale de Superfly (Curtis Mayfield), Harlem sape Cadillac mac

Drôle de héros. Il s’appelle Priest (le « prêtre »), il est noir, joueur et flambeur, se sape comme un mac, roule en Cadillac pour vendre sa coke dans les rues de New York. A l’époque, on n’a jamais vu ça et les cinémas refusent du monde. Personne n’y croyait pourtant.A l’orée des années 70, Superfly est réalisé avec de l’argent avancé par quelques riches mécènes de la communauté noire américaine. Le film se tourne dans la rue et dans les appartements qu’on veut bien prêter. La Cadillac, elle-même, est mise à disposition par un petit gangster de Harlem.

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La Leçon de piano musique signée Michael Nyman

C’est en 1993 au festival de Cannes que le monde découvre la cinéaste néo-zélandaise Jane Campion grâce à son nouveau film multi-récompensé la Leçon de piano (The Piano).Par la même occasion, le compositeur de musique de film Michael Nyman, accède également à la notoriété puisqu’il a produit, arrangé et composé l’intégralité de la leçon de piano musique sur laquelle le thème principal du film, décliné sous toutes ses formes, est d’une efficacité exemplaire.

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Funky Kingston (Toots & the Maytals), moins roots par sa connivence avec la soul

L’explosion a lieu en 1972 avec la bande originale du film The Harder They Come. Jimmy Cliff y est starisé mais les Maytals voient figurer deux de leurs titres dans la sélection. Comme beaucoup d’autres, les Maytals passent du label Trojan de Duke Reid au label Island de Chris Blackwell.

 Rebaptisés Toots and the Maytals, en raison du charisme et de la position de soliste de Toots, ils sortent en 1973 le sublime Funky Kingston.

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Bande originale de Vertigo (Bernard Herrmann), véritable osmose musicalo-scénaristique

En 1958, cela fait déjà plusieurs années que Bernard Herrmann travaille aux côtés d’Alfred Hitchcock et, s’il a déjà été amené à composer plusieurs bandes sonores pour le « maître du suspense », ce n’est qu’avec la bande originale de Vertigo (Sueurs froides) que les deux hommes vont atteindre une véritable osmose musicalo-scénaristique.

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Talking Book (Sevie Wonder), You Are The Sunshine Of My Life, Superstitious…

L’année 1972 est un grand huit émotionnel pour Stevie Wonder. Son mariage bat de l’aile et il subit un grave accident de voiture qui le plonge quelque temps dans le coma. Côté scène, il tourne avec les Stones et séduit du même coup un large public blanc, contribuant à briser les carcans raciaux.Depuis ses dix-huit ans, le multi-instrumentiste surdoué a emmagasiné plusieurs dizaines de titres inédits et patiemment attendu d’atteindre la majorité légale pour s’affranchir de ses liens avec la Motown.

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Songs Of Experience (David Axelrod), diptyque hommage au poète William Blake

Aussi torturé que celui d’un Todd Rundgren, le génie protéiforme de David Axelrod n’avait pas son pareil dans les années soixante et soixante-dix quand il s’agissait d’arranger ses contemporains.Les Electric Prunes en témoignent au travers de leur album le plus bigarre, une espèce de messe en latin dont un morceau servirait de fond sonore à la scène de trip sous LSD dans le film Easy Rider, Pourtant, l’essentiel de David Axelrod se trouvait déjà ailleurs, plutôt dans son œuvre à lui en fait, et surtout dans un diptyque réalisé en hommage au poète William Blake, Songs Of Experience en constituant le second volet.

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B.O. de Coffy (Roy Ayers), dépasse le cadre de la simple illustration sonore

« Je suis un musicien versatile, capable d’incorporer différents styles dans ma musique. Je peux tout jouer, mon esprit est entraîné pour absorber le maximum d’informations », déclarait Roy Ayers en 2005.Jazz, soul, funk, afrobeat, disco, hip hop, électro… Compositeur multi-genres, virtuose du vibraphone (il a bénéficié de l’apprentissage de Lionel Hampton, son maître et mentor) et l’un des musiciens les plus samplés (BO de coffy) de l’histoire de la musique noire, Roy Ayers est né à Los Angeles le 10 septembre 1940.

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Bande originale « les Gants Blancs du Diable » (K.H. Schäfer), jerk opiacé ou funk lunaire

Dans le club très fermé des bandes originales cultes, la bande originale « les Gants Blancs du Diable » dégage une profonde fascination et un charme inédit auprès de toutes les personnes qui ont eu la chance de pouvoir l’écouter. Aux commandes de cet étrange vaisseau qu’est les Gants Blancs du Diable, un certain Karl-Heinz Schäfer. Arrangeur allemand discret, il officie dans l’ombre des studios français (pour entre autres Aznavour, Christophe, The Rockets, Claude Ciari…) avant de s’attaquer à la musique de film.

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American Recordings (Johnny Cash), le retour en grâce du Man in Black

Dans les années 90, Johnny Cash est devenu un symbole, une légende, une icône, quelque chose comme la conscience de la chanson populaire américaine. Il a, au fil des années, incarné l’individualisme des pionniers, le romantisme du rebelle, et la rédemption après l’épreuve (en l’occurrence, sa dépendance aux drogues). Le problème reste que plus personne ne s’intéresse alors à ses nouveaux enregistrements.

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Expresso 2222 (Gilberto Gil), train d’enfer vers un futur meilleur

Avril 1972. Gilberto Gil est euphorique: il est de retour au pays triomphalement accueilli, et quand il se rend au studio Eldorado de Sao Paulo, il a bien l’intention de laisser libre cours à son talent inné pour l’improvisation mélodique.Revenu d’Angleterre des rêves plein la tête, il entreprend de tout célébrer d’égale manière: l’Angleterre et l’Afrique – sa future muse géographique, avec la Jamaïque de Bob Marley -, Rio et Bahia, comme la chanson-titre l’évoque, à travers l’image de cet Expresso 2222, train d’enfer qui le mènerait, lui et les siens, vers un futur meilleur, depuis le petit tramway poussif de la favela, depuis les bleds perdus de sa terre natale de Bahia, jusqu’à ce troisième millénaire qu’il rêve mystique et ensoleillé.

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Head Hunters d’Herbie Hancock, hymnes jazz-funk par excellence

Après la magistrale trilogie de jazz électronique et expérimental (« mwandishi », « crossing » et « sextant »), Herbie Hancock, fort des écoutes prolongées des albums de Sly and The Family Stone, décide de changer d’orientation musicale. Moins expérimentale, plus funk, plus accessible.Entre-temps, Herbie Hancock s’est établit en Californie et s’est convertit au bouddhisme. « J’avais renoncé au désir de devenir une légende et d’écrire le grand chef-d’œuvre américain. Je me sentais satisfait de parvenir simplement à créer une musique qui rende les gens heureux. »

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Innervisions (Stevie Wonder), des titres unis par la brume d’une foi attristée

En mai 1973, Stevie Wonder organise en douce, sur un parking de New York, un rendez-vous avec des policiers de la ville. Il souhaite glisser, dans une chanson, Living for the city, qu’il arrange comme un film, les dialogues réalistes d’une arrestation brutale. Le chanteur tient dur comme fer à des voix authentiques. Le moindre détail l’obsède, son inspiration est aiguisée comme une lame. Il fête ses 23 ans et s’immerge dans l’enregistrement d’Innervisions («Visions intérieures»), son seizième album déjà, dont il fera l’œuvre parfaite.

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Pink Moon (Nick Drake), l’album dépouillé qui tire le rideau

Nick Drake vit désormais à Londres. Après Five Leaves left, en 1969, il a quitté Cambridge et la fac. L’inspiration citadine qui irrigue Bryter Layter est à double effet : énergie neuve, autre mélancolie.nick drake pink moonLa chambre nue du quartier de Hampstead, lit simple, un poêle et quelques disques et livres, est le refuge où le musicien se retranche peu à peu. « Il avait une vie sociale, dit Kirby, mais elle était compartimentée. Je ne connaissais pas ses amis londoniens. » Même à ceux-là, Drake offre de plus en plus une présence embarrassée, silencieuse.

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Curtis (Curtis Mayfield), premier LP solo du maestro

Les activités de Mayfield pendant les années 60 ne se limitent pas à son travail au sein des Impressions. Lorsqu’il n’est pas en tournée à travers les Etats-Unis, il trouve le temps d’écrire pour d’autres représentants de la soul de Chicago dont Major Lance, Walter Jackson, Gène Chandler, Billy Butler et surtout son frère Jerry.

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Life on planet groove (Maceo Parker)

En 1976, les JB’s quittent le navire en pleine gloire. Ils rejoignent George Clinton, réputé pour ses extravagances vestimentaires et musicales. Sept années durant, Maceo Parker joue les invités de marque sur les albums de Parliament et Funkadelic. Il prête également son talent au Bootsy’s Rubber Band, fondé par Bootsy Collins, l’ancien bassiste de James Brown.

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Songs In The Key Of Life, ou l’apogée artistique de Stevie Wonder

Après avoir négocié un accord unique avec Berry Gordy en 1971 lui garantissant le contrôle artistique total sur ses enregistrements, Stevie Wonder doit renouveler son contrat avec la Motown en août 1975.Le nouveau deal porte sur treize millions de dollars étalés sur sept ans, une somme inouïe pour l’époque. « Pas question de perdre Stevie Wonder ! », tonne Berry Gordy, qui prévoit déjà les bénéfices occasionnés par la sortie d’un double album Songs In The Key Of Life. Gordy, un as du budget prévisionnel, a tout prévu sauf la notion aléatoire du temps à Stevie Wonderland.