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Maggot Brain (Funkadelic), magnifique bâtardise stylistique et partouze funkadélique

Avec leurs deux premiers albums – Funkedelic, en 1970, un acid rock imprégné de blues, et Free your mind… plus psychédélique -, les Funk, comme on les surnommait, sont devenus l’incarnation d’un mode de vie, une religion. Avec son troisième disque, le groupe est à l’apogée de son pouvoir créatif. Tout d’abord, la pochette montre une femme en train d’hurler et qui surgit d’un amas de terre, tandis que le texte cite la Process Church of the Final Judgement. La musique mêle des paroles qui donnent froid dans le dos à une partition quasi surnaturelle.

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Gone Clear (Manu Dibango), kingston escale with Sly & Robbie

Gone Clear, premier des deux albums reggae du légendaire saxophoniste camerounais Manu Dibango est enregistré avec Sly & Robbie, quelle drôle d’idée pour le pape de l’afro-jazz d’aller fricoter avec des musiciens jamaïcains qui à l’époque n’avaient pas 30 ans et se moquaient comme d’une guigne de la musique africaine, lui préférant la soul et le funk de Philly Sound…

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High Contrast (Gabor Szabo), première incursion du guitariste en territoire jazz fusion

Etabli à Los Angeles, Gabor Szabo exerce ses activités à la télévision et fonde le Perfect Circle formation dont le répertoire va de là (pseudo) musique classique au jazz-rock. L’émergence du rock permet à Gabor Szabo d’expérimenter des formes de jazz plus accessibles. Durant les années 70, Gabor Szabo se produit régulièrement le long de la côte ouest, hypnotisant le public avec son style enchanteur et fascinant mêlant jazz, pop, musique gypsy et indienne.

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Dave Pike Set Masterpieces, du free jazz à la world music

Longtemps partenaire du flûtiste Herbie Mann, Dave Pike a également joué avec Bill Evans, Paul Bley, Kenny Clarke. Issu du bebop, il explore différentes voies du jazz, se liant aussi bien avec la musique latine qu’avec l’avant-garde. Son album, The Doors of Perception, enregistré en 1966, retrace en musique les expériences décrites par Aldous Huxley dans son livre éponyme. Conservé sur les étagères d’Atlantic pendant plusieurs années avant de sortir sur le label Vortex, ce disque précipite le départ pour l’Europe du vibraphoniste. Il signe alors chez MPS et poursuit en Europe une carrière très ouverte, du free jazz à la world music.

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Standards (Keith Jarrett, Gary Peacock, Jack Dejohnette), trio d’une liberté insensée

1977 et la sortie chez ECM de l’album Tales Of Another de Gary Peacock est l’acte de naissance du trio Keith Jarrett/Gary Peacock/Jack Dejohnette.Le trio se « forme » six ans plus tard à l’initiative de Keith Jarrett, et jusqu’en 2015, il va s’appliquer à épuiser les potentialités apparemment illimitées de leur travail collectif, inventant une musique d’une liberté insensée et d’une exigence totale. Lorsqu’en 1983, le premier enregistrement du nouveau trio de Keith Jarrett standards sort, il fait l’effet d’une bombe. Après les musiques enregistrées dans des contextes différents (en solo, en trio avec Charlie Haden et Paul Motian entre 1966 et 1976, en quartettes), le pianiste propose un album de standards.

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Bande originale de Saturday Night Fever (Bee Gees), disco quintessence

En 1975, les Bee Gees sont en passe de devenir des has-been. Dix ans après un départ fulgurant semé de balles comme I Started A Joke, Love Somebody ou Massachussets, le groupe a épuisé toutes ses cartouches dans un chef-d’œuvre méconnu (« Odessa ») pour se retrouver à la traîne des modes, entre soul délavée et pop essorée (« Trafalgar »). Seulement, les Australo-britanniques sont du genre persévérants.

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Bob Dylan Highway 61 revisited, surréaliste et débordant d’énergie blues brute

Il faut remonter à la première du Sacre du printemps de Stravinsky, qui avait provoqué une émeute en 1913 au Théâtre des Champs-Élysées, pour trouver le genre de controverse qui a explosé lorsque Bob Dylan a branché sa guitare le 25 juillet 1965 au Festival de Newport. Mais les huées des puristes de la folk devaient disparaître parmi les acclamations qui se sont élevées lorsque Dylan sorti Highway 61 revisited, un mois plus tard.

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Histoire de Melody Nelson (Serge Gainsbourg), poèmes symphoniques de l’âge pop

Après le succès de je t’aime moi non plus, Serge Gainsbourg l’avoue : il est temps de passer aux choses sérieuses. Et les choses sérieuses, c’est un concept-album comme la pop en délivre alors, de Sgt. Pepper’s (Beatles) à la Mort d’Orion (Gérard Manset) en passant par le double album Amour Anarchie de Léo Ferré. Les choses sérieuses, c’est de s’imposer à part entière comme interprète, de ne plus se disperser dans les œuvres de commande.

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Bande originale de Taxi driver (Bernard Herrmann), dernière œuvre du maitre

Au début des années 1970, Herrmann est persuadé que sa carrière cinématographique est terminée, quand le succès de sa musique du film de Brian de Palma « Sisters » en 1973, redonne à son oeuvre un nouveau souffle. Les propositions de film affluent avec, entre autres, celle de Martin Scorsese pour Taxi Driver. C’est sur la base d’une admiration éperdue pour les partitions de Citizen Kane, Sueurs froides et Psychose, que Scorsese sollicite le légendaire Bernard Herrmann pour la musique Taxi Driver.

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Abraxas (Santana), un deuxième opus allégorique et charnel !

Encouragé par le promoteur local Bill Graham (patron du Fillmore, etc.), Santana se fait connaître localement dans un premier temps, avant d’être propulsé sur le devant de la scène du jour au lendemain, grâce à une prestation mémorable au festival de Woodstock et un premier album publié simultanément, contenant les classiques Evil Ways, Jingo et Soul Sacrifice. Un an plus tard, sous sa pochette peinte par Mati Klarwein (qui signe la même année celle de « Bitches Brew » de Miles Davis), « Abraxas » impose définitivement son stupéfiant mélange de rock, blues et salsa, ainsi que l’éblouissante virtuosité de son leader à la guitare.

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Bush Doctor (Peter Tosh), inoubliable ode à la weed

Bush Doctor, qui signifie « sorcier » en français, est le premier des trois albums de Peter Tosh sortis sur le label des Rolling Stones. Tosh souhaitait se démarquer de Marley avec son propre groupe, construit à partir de Sly & Robbie, plutôt que de faire appel aux Wailers.Chargé de la réalisation artistique de Bush Doctor, Robbie Shakespeare prend la décision de se séparer des musiciens présents sur les précédents albums de Peter Tosh.

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New danger (Mos def), anti-commercial, imprévisible, inclassable

Mos Def est l’un des rappeurs les plus doués de sa génération, et ce deuxième album en tous sens personnel embras(s)e aussi bien les clichés hip hop que les riffs hard rock façon Living Colour, le blues fébrile (Shuggie Otis en invité) et la soul music lézardée (Marvin Gaye samplé/déchiré). Cinq ans après cet élégant coup de force, Mos Def revient avec un second album, The New Danger, disque fleuve et ambitieux, qui tente de revisiter à lui seul trente ans de musique noire ? et même de musique tout court.

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B.O. d’Alain Goraguer la Planète Sauvage, référence absolue de pop psyché avant-gardistes

Adapté d’une nouvelle de Stefan Wul, dans laquelle les humains ont quitté la Terre, rendue inhabitable par les conflits. Recueillis par les Draags et réduits à l’état d’animaux de compagnie, ils finiront par se rebeller. Si le film d’animation la Planète sauvage a prit un sacré coup de vieux, la musique, elle, s’est formidablement bonifiée avec le temps !  Signée Alain Goraguer, cette bande sonore psychée n’a jamais disparu des radars et s’échange aujourd’hui de blog en blog, tenu pour un sommet du genre psychédélique à la française et un moment inspirant pour les musiques électroniques naissantes.

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La Leçon de piano musique signée Michael Nyman

C’est en 1993 au festival de Cannes que le monde découvre la cinéaste néo-zélandaise Jane Campion grâce à son nouveau film multi-récompensé la Leçon de piano (The Piano).Par la même occasion, le compositeur de musique de film Michael Nyman, accède également à la notoriété puisqu’il a produit, arrangé et composé l’intégralité de la leçon de piano musique sur laquelle le thème principal du film, décliné sous toutes ses formes, est d’une efficacité exemplaire.