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Sgt pepper’s lonely hearts club band (The Beatles), chef-d’œuvre de pop baroque et disque drogué

La période qui s’ouvre pour les Beatles au mois de novembre 1966 et qui se refermera en février 1968 fait à la fois figure de grand carrefour multisensoriel et de virage radical, pour le groupe comme pour toute la musique pop des années 1960. Durant ces seize mois intensément remplis, les Beatles vont ainsi enregistrer près d’une trentaine de chansons disséminées sur divers singles, EP et B.O. de films, et surtout sur l’album qui cristallise leur mutation en sorciers de studio : Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band.

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Two Sevens Clash (Culture), pilier du reggae roots

Une pièce maîtresse du reggae roots, un album qui a su capturer l’essence même d’un peuple et d’une spiritualité, voici ce qu’est Two Sevens Clash. Profondément rasta et jamaïcain, Joseph Hill, le leader charismatique du trio vocal, offre une synthèse parfaite de ce que le reggae roots a pu être à son âge d’or : des textes gorgés de foi rasta et de militantisme panafricain mêlés à des compositions reggae riches de sonorités en provenance directe d’Afrique et du folklore des Caraïbes.

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Transformer (Lou Reed), le meilleur album de David Bowie ?

Après quatre albums officiels du Velvet Underground, Lou Reed, exsangue, fauché et humilié par les échecs systématiques, finit en 1970 par laisser le groupe à la dérive, qui sortira même sans lui un ultime album, Squeeze, en 1973. Battu, abattu, il songe à tout abandonner, pour reprendre l’entreprise paternelle de comptabilité. Pour gagner de l’argent de poche et financer des régimes alimentaires qu’il a décidé d’opposer à son hygiène de vie chaotique, il ramasse les poubelles sur les plages de Long Island, gère de la paperasserie pour son père.

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Recital na Boite Barroco (Maria Bethania), une nymphe un brin sorcière

Ce disque présente un concert enregistré à Sâo Paulo en pleine vague tropicãlia, sans en avoir la moindre des caractéristiques.Même l’impudique pochette ne doit rien au fantasque ou à la légèreté des hippies, mais plutôt à l’idée – plus littéraire – que l’on peut se faire d’une nymphe un brin sorcière, au regard plus grave que suave. Cet imaginaire, Bethânia le met au service de son chant ombrageux et exigeant.

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Clube da Esquina (Milton Nascimento & Lô Borges), un songwriting coloriste et mystique

C’est l’histoire d’un groupe d’amis qui rentre dans l’Histoire par le truchement d’un double album Clube da Esquina rempli de futurs classiques.Les chansons de Clube da Esquina, écrites par le duo Borges/Nascimento – représenté par deux gamins des rues sur la pochette – sont mises en son par une équipe dont presque chaque membre deviendra un musicien recherché.Ces mineiros (habitants du Minas Gerais, région située à l’ouest de Rio) prennent ici le risque de concevoir leur songwriting sous un angle coloriste et mystique, à l’image de leur aîné Edu Lobo.

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Eli And The Thirteenth Confession (Laura Nyro), mélodies vagabondes et ensoleillées

En 1968, alors qu’elle est invitée au festival de Monterey pour son deuxième concert, elle se fait huer et jeter de scène. On imagine bien le public hippie s’insurger contre la poésie de ses textes qui introduisent parfois des figures de l’Ancien Testament, comme dans Eli’s Comin, où l’amant apparaît sous la forme d’un ange.La même année, Laura Nyro enregistre son deuxième album intitulé “Eli And The Thirteenth Confession”. Elle n’a alors que 21 ans. Dans une certaine mesure cette maturité précoce reflète toute la richesse de sa personnalité, pleine, complexe dans son rapport à la musique, en éternelle remise en question.

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Killing Me Softly (Roberta Flack), l’aboutissement d’une longue histoire mêlée de légende urbaine

Succès retentissant de l’année 1973, Roberta Flack Killing me Softly With His Song est l’aboutissement d’une longue histoire se mêlant à une légende urbaine. La première interprète de cette chanson, la chanteuse Lori Lieberman, a toujours prétendu s’être inspirée du titre Empty Chairs de Don McLean, entendu lors d’un concert au club Troubadour de Los Angeles. Roberta Flack aurait ensuite demandé au parolier Norman Gimbel de lui confectionner des paroles qui évoqueraient cette prestation qui l’avait beaucoup marquée. L’anecdote est jolie mais la réalité est moins glamour.

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Hot Rats (Frank Zappa), assaut instrumental débarrassé de toute scorie potache

Si Miles Davis est l’instigateur du jazz fusion, Frank Zappa est son pendant rock. Le guitariste n’a jamais caché son ambition de créer une musique originale, mêlant les genres.Une étape dans ce sens est atteinte par l’artiste avec la parution du double album de The Mothers Of Invention, Uncle Meat, plongée profonde dans ses influences jazz et classiques. À partir de cet album, Zappa ne se contente plus de citer des passages d’œuvres qui l’ont marqué, il trouve sa propre voie et développe une technique de composition personnelle qui aboutit à Frank Zappa Hot Rats.

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La B.O. de Roy Budd Get Carter, objet de culte certifié

Longtemps indisponible — une rare édition japonaise du 33 tours sorti sur le label Odeon en 1971 —, la bande originale de Get Carter est devenue, au fil du temps, aussi populaire que son support filmé.On oubliera le remake navrant de Stephen T. Kay où Sylvester Stallone patauge dans le rôle créé par Michael Caine pour redécouvrir l’œuvre originale, un parangon du film noir à l’anglaise.

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Conflict (Ebo Taylor), symbole de la musique moderne ghanéenne

Guitariste, producteur, arrangeur, compositeur et interprète, Ebo Taylor est l’une des figures légendaires de la musique moderne ghanéenne depuis les débuts de sa carrière à la fin des années cinquante jusqu’à la sortie de son album Appia Kwa Bridge en 2012.Tout au long de sa carrière, parallèlement à ses recherches dans le domaine du jazz, du funk et de l’afrobeat, Ebo Taylor exprime sa passion pour le high-life classique, opérant une fusion avec des influences plus typiques et ancrées dans le terroir. Il recherche des rythmes originaux dont il s’inspire dans son œuvre, comme Vasafo de la région de Cape Coast.

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Lou Bond (Lou Bond), premier et unique LP du soulman

Après avoir sorti des limbes l’inoubliable Rodriguez, les limiers du label Light in the Attic mettaient la main sur un autre trésor, l’unique album de ce Lou Bond inconnu au bataillon, et dont la découverte fut presque autant violente.Originaire de Memphis, Ronald Edward Lewis tenta d’abord sa chance vers le nord, mettant le cap sur Chicago tandis qu’il adoptait le sobriquet Lou Bond.

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Exile on main street (The Rolling Stones), une jungle marécageuse de riffs

Habitées par le blues et la soul, les chansons de ce double album célèbrent avec une ferveur lascive les joies de l’âme.Si Sticky Fingers était l’album à la braguette magique, les Stones d’Exile on Main Street semblent en pleine panne des sens – la langue, ils la tirent encore, mais d’épuisement. Le refrain de la chanson d’ouverture, Rocks Off, donne d’ailleurs la clé de ce qui, en mai 1972, sonne comme un album de reprises mal fagotées : “Je n’arrive plus à jouir que lorsque je rêve”, se lamente Jagger.Exile on Main Street offre effectivement une recension des pollutions nocturnes et rêves humides des Stones provoqués par les musiques afro-américaines.

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Pieces Of A Man (Gil Scott Heron), critique du consumérisme de l’Amérique moyenne

Après un premier vinyle publié en 1970 sur le label Flying Dutchman de Bob Thiele, la collaboration entre Scott-Heron et Thiele va s’étendre au-delà de la collection de poèmes dits sur fond de congas qui composent Small Talk At 125th And Lennox. Dès son baptême de studio, Gil Scott Heron dévoile l’œcuménisme de son regard critique en égratignant aussi bien les bourgeois afro-américains de gauche que le consumérisme de l’Amérique moyenne, pavillonnaire et décérébrée. « The Revolution Will Not Be Televised », « The Subject Was Faggots », « Whitey On The Moon »… Autant de dénonciations d’une société rongée par la vénération de l’argent, de condamnations d’un pouvoir qui table sur la bêtise humaine.

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Caught Up (Millie Jackson), le mari, l’épouse et la maîtresse

Phénomène largement répandu dans le rock, les concept albums ne sont pas légion dans la musique noire américaine.Pour un Tommy (The Who), un Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (The Beatles) et un Histoire de Melody Nelson (Gainsbourg), on ne compte que peu d’équivalents soul funk, à l’exception des délires afronautes de George Clinton. Pas l’ombre d’un as du flipper sourd, muet et aveugle, de club des cœurs solitaires du sergent Poivre ni de vol pour Sunderland dans Caught Up. Le quatrième album de Millie Jackson préfère un casting des plus classiques : le mari, l’épouse et la maîtresse.

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Getz/Gilberto (Stan Getz & João Gilberto), mètre étalon mondial de la bossa nova

Succès et qualité sont comme le Soleil et la Lune : ils se courent après sans jamais se rencontrer, sauf, lors de rares éclipses.Tel est le cas de Getz Gilberto, un beau disque dont le succès commercial doit beaucoup à un concours de circonstances et à quelques malentendus.Au printemps 1961, le gouvernement américain donna un coup de pouce au destin du label Verve et contribua même à changer la face du jazz moderne, en envoyant le guitariste Charlie Byrd en Amérique du Sud dans le cadre d’une tournée diplomatique. Le gouvernement États-unien voyait dans l’exportation culturelle un outil politique positif. Dans ce cas, néanmoins, ce fut plutôt ce que Byrd allait importer en Amérique du Nord qui serait positif.

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Construção (Chico Buarque), l’antépénultième syllabe du vers

S’il est un samba sans rédemption, c’est dans Construção qu’il faut le chercher… Chico Buarque n’avait nullement l’intention de chanter le drame, la mort et la fuite, quand il se présenta au public avec « A Banda » en 1966 – succès qui fut même repris par Dalida – dont le style réaliste fit de son auteur l’un des plus fiers représentants de la MPB.