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B.O. d’Alain Goraguer la Planète Sauvage, référence absolue de pop psyché avant-gardistes

Manifeste SF à mi-chemin entre les résidus de la culture hippie et le surréalisme visuel de Terry Gilliam, la fable politico-humaniste de René Laloux, du point de vue de l’animation, a subi les outrages du temps. En revanche, la bande-son d’Alain Goraguer la Planète sauvage fait toujours l’objet d’un culte vivace pour toute une génération de défricheurs sonores.

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What’s Going On (Marvin Gaye), chef-d’œuvre de soul sophistiquée et engagée

À partir de 1967, Marvin Gaye, le crooner à la voix d’or de la Motown, se sent de plus en plus étouffé par le carcan créatif du label de Berry Gordy. Dévasté par la disparition, en mars 1970, de Tammi Terrell, sa partenaire de Ain’t No Mountain High Enough, il annonce son retrait de la scène et des studios. En plus d’être la cible du fisc pour dettes impayées, Marvin Gaye est également secoué par les confidences de son frère Frankie, qui vient d’achever une mission de trois ans au Vietnam. Après s’être rêvé en Sinatra noir, Marvin Gaye cherche désormais le moyen de canaliser sa frustration artistique. Il trouvera son salut sous la forme d’une protest song écrite en réaction aux brutalités policières commises lors des émeutes de Berkeley par Renaldo « Obie » Benson, un membre des Four Tops.

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João Gilberto (João Gilberto), quintessence de la bossa nova

Après son divorce, Joao Gilberto se partage entre le Mexique (où il réside deux années) et les Etats-Unis, donnant beaucoup de concerts, mais n’enregistrant qu’en de rares occasions. Il entame une vie commune avec Miúcha, sœur de Chico Buarque, avec laquelle il aura un enfant nommé Bebel. Mais cette décennie est surtout propice à échafauder la légende de Joao Gilberto, mythe d’une star capricieuse annulant concerts et interviews au dernier instant, à qui on pouvait tout pardonner grâce à sa capacité de magnifier des chansons usées jusqu’à la corde, comme « Bésame Mucho ».

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Is this it (The Strokes), colérique et nerveux comme une moderne frustration

L’histoire commence dès l’été 2000. Un booker travaillant au club Mercury Lounge de Manhattan repère un jeune groupe rock’n’roll local avec vingt-six concerts sous la ceinture. Ce qui frappe Ryan Gentles, qui va devenir manager des cinq garçons, c’est que « dans la plupart des groupes, Il y a un type concerné et trois autres qui ont l’air d’être dans d’autres formations. Mais eux avaient la bonne attitude. Les cinq faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour que ce groupe marche. Et ça fonctionnait… ”

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White album (The Beatles), une auberge espagnole où le pire côtoie le meilleur

Durant les cinq mois qu’il fallut à John, Paul, George et Ringo pour enregistrer le “Double Blanc ” leur producteur, le bon George Martin, s’arracha pratiquement ce qu’il lui restait de cheveux neigeux. Etrange affaire : pour les fans, ce disque aurait dû être le meilleur Beatles de tous les temps. Et pour cause : c’était le double. Mais voilà bien ce qui gênait George Martin : ce disque n’était qu’une série de mauvais coups, croches dans le dos et pétages de plombs.

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Live in La Fusa (Vinicius de Moraes, Maria Creuza, Toquinho), ambiance cosy et bouteilles de whisky

En pleine dictature militaire, pour fuir la censure et les atteintes aux libertés individuelles, certains artistes s’exilent : Chico Buarque en Italie, Caetano Veloso et Gilberto Gil en Angleterre, Geraldo Vandré un peu partout… Les maîtres de la bossa nova les avaient précédés : Carlos Lyra au Mexique, Baden Powell en France, João Gilberto et Antônio Carlos Jobim aux Etats-Unis.

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Rashida (Jon Lucien), un étrange mariage folk, jazz, soul, musique brésilienne

Darling let me lay beside you, kiss my burning lips about you, for I’m a child Of God chante ici Jon Lucien dans Lady Love.Son existence, Jon Lucien, cet Afro-Américain originaire des îles Vierge l’a passée à vénérer Dieu, l’océan, le soleil et la joie des siens. Soit que des choses simples à l’image d’un parcours qu’il dit placé sous la bénédiction du Divin, et dans lequel il ne serait qu’un médium traversé par des chansons touchées par la grâce et s’inscrivant toutes dans un créneau spirituel, voluptueux et suave.

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Bande originale de Vampyros Lesbos (Manfred Hubler / Siegfried Schwab)

Réédité en 1995 par le label Crippled Dick Hot Wax, Vampyros Lesbos Sexadelic Dance Party regroupe des titres enregistrés en 1969 par Manfred Hubler et Siegfried Schwab (aka The Vampires’ Sound Incorporation), tirés de deux albums (Psychedelic Dance Party et Sexadelic) et destinés à trois films réalisés par Jess Franco : « Mrs Hyde, She Kills in Ecstasy », « The Devil Came from Akasawa » et « Vampyros Lesbos » qui donne donc son nom à ce disque.

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Wish You Were Here, Pink Floyd convoque les fantômes de son passé

En décembre 1973, la crise au sein du groupe couve depuis déjà un an. Le groupe a repris en traînant les pieds le chemin d’Abbey Road pour travailler sur un projet d’album en friche depuis deux ans et intitulé Household Objects.Avant d’enregistrer Pink Floyd Wish You Were Here, le groupe est totalement paralysé par l’enjeu de devoir donner une suite à The Dark Side of the Moon. Pink Floyd tente une manœuvre de diversion en se lançant dans cette entreprise hasardeuse d’un disque uniquement réalisé à partir d’objets usuels comme du ruban adhésif, des allumettes, des verres à pied ou des outils.

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Arthur Verocai (Arthur Verocai), quand le Hip-Hop exhume un géant endormi

En 1972, la dictature militaire bat son plein au Brésil, gardant une main ferme sur la création artistique. Cette même année, un jeune guitariste sort un premier album éponyme : Arthur Verocai, qui va défier à la fois les conventions musicales de l’époque et la censure.Si la musique d’Arthur Verocai – homme de l’ombre des studios à la manœuvre derrière certains disques de Jorge Ben, Tim Maia, Elis Regina et Elizeth Cardoso – n’avait pas été échantillonnée par des rappeurs comme Madlib ou MF Doom, son unique disque serait peut-être resté ce « géant endormi », comme il le qualifiait lui-même.

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Below The Bassline (Ernest Ranglin), l’album solo du Django Jamaïcain !

Ernest Ranglin est le Django des Caraïbes. Comme le maitre manouche, il évolue en improvisation permanente, jamais gêné par les contraintes techniques. Son style est un délice de musicalité, ses notes gambadent sur le groove, le parent d’une douce légèreté. Un rien d’innocence éclaire les interventions de ce vétéran, longtemps le meilleur secret de son fie, avant de découvrir le monde sur le tard.

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Bande originale de Paris Texas (Ry Cooder), pouvoir évocateur d’une musique voyageuse

La caméra survole les plaines arides du désert texan. Au détour d’une montagne, une silhouette progresse lentement dans l’étendue rocailleuse. Un aigle se pose sur une crête et devient l’observateur solitaire de la scène. Zoom sur la silhouette. Un homme mince et hirsute d’une quarantaine d’années contemple son environnement d’un air hébété.

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Rage Against The Machine, Killing In The Name $%F#& !!!

L’origine des deux têtes pensantes de Rage Against The Machine représente l’essence même de la formation. Zack De La Rocha est un chicano pur-jus baigné durant son adolescence par le punk et les balbutiements du hip-hop. Tom Morello, d’origine kenyane par son père, a été bercé par les Clash et est titulaire d’une thèse obtenue dans la prestigieuse université d’Harvard, sur l’apartheid en Afrique du Sud. Tout est là. Un soir de 1991 à Los Angeles, le guitariste tombe sur De La Rocha en train de rapper dans un club. La machine Rage est lancée.

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Berlin (Lou Reed), grand cabaret de la solution finale

En 1973, la bête noire de Lou Reed n’était pas tant Lester Bangs, rock-critic débauché qui le poursuivait de ses délires affectifs, qu’un certain Alice Cooper. Occupant bruyamment le créneau de la décadence défriché par le Velvet Underground, arrivé sur le tard, produit par l’ennemi absolu Frank Zappa, Alice Cooper a le culot de s’offrir un succès mondial massif émaillé de 45 tours qui explosent dans les juke-boxes.

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Song for my father (Horace Silver), une musique qui résiste à l’épreuve du temps

Avec ses grooves enivrants et ses thèmes exotiques, “Song For My Father” est devenu l’un des grands classiques de Blue Note, au même titre que “The Sidewinder” de Lee Morgan. Horace Silver en commence d’ailleurs l’enregistrement la même année, en 1963, soit presque une décennie après les fameux concerts au Birdland et au Bohemia avec Art Blakey qui les désignèrent tous deux comme les inventeurs du hard bop.