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Funky Kingston (Toots & the Maytals), moins roots par sa connivence avec la soul

L’explosion a lieu en 1972 avec la bande originale du film The Harder They Come. Jimmy Cliff y est starisé mais les Maytals voient figurer deux de leurs titres dans la sélection. Comme beaucoup d’autres, les Maytals passent du label Trojan de Duke Reid au label Island de Chris Blackwell.

 Rebaptisés Toots and the Maytals, en raison du charisme et de la position de soliste de Toots, ils sortent en 1973 le sublime Funky Kingston.

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Bande originale de Vertigo (Bernard Herrmann), véritable osmose musicalo-scénaristique

En 1958, cela fait déjà plusieurs années que Bernard Herrmann travaille aux côtés d’Alfred Hitchcock et, s’il a déjà été amené à composer plusieurs bandes sonores pour le « maître du suspense », ce n’est qu’avec la bande originale de Vertigo (Sueurs froides) que les deux hommes vont atteindre une véritable osmose musicalo-scénaristique.

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Talking Book (Sevie Wonder), You Are The Sunshine Of My Life, Superstitious…

L’année 1972 est un grand huit émotionnel pour Stevie Wonder. Son mariage bat de l’aile et il subit un grave accident de voiture qui le plonge quelque temps dans le coma. Côté scène, il tourne avec les Stones et séduit du même coup un large public blanc, contribuant à briser les carcans raciaux.Depuis ses dix-huit ans, le multi-instrumentiste surdoué a emmagasiné plusieurs dizaines de titres inédits et patiemment attendu d’atteindre la majorité légale pour s’affranchir de ses liens avec la Motown.

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Songs Of Experience (David Axelrod), diptyque hommage au poète William Blake

Aussi torturé que celui d’un Todd Rundgren, le génie protéiforme de David Axelrod n’avait pas son pareil dans les années soixante et soixante-dix quand il s’agissait d’arranger ses contemporains.Les Electric Prunes en témoignent au travers de leur album le plus bigarre, une espèce de messe en latin dont un morceau servirait de fond sonore à la scène de trip sous LSD dans le film Easy Rider, Pourtant, l’essentiel de David Axelrod se trouvait déjà ailleurs, plutôt dans son œuvre à lui en fait, et surtout dans un diptyque réalisé en hommage au poète William Blake, Songs Of Experience en constituant le second volet.

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B.O. de Coffy (Roy Ayers), dépasse le cadre de la simple illustration sonore

« Je suis un musicien versatile, capable d’incorporer différents styles dans ma musique. Je peux tout jouer, mon esprit est entraîné pour absorber le maximum d’informations », déclarait Roy Ayers en 2005.Jazz, soul, funk, afrobeat, disco, hip hop, électro… Compositeur multi-genres, virtuose du vibraphone (il a bénéficié de l’apprentissage de Lionel Hampton, son maître et mentor) et l’un des musiciens les plus samplés (BO de coffy) de l’histoire de la musique noire, Roy Ayers est né à Los Angeles le 10 septembre 1940.

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Led Zeppelin whole lotta love, la foudre en rondelles de vinyle

En 1969, un commando d’Anglais fait rendre les armes à la raison, baillonne les inhibitions des kids de l’Amérique profonde. Puis de la planète teenage.En proclamant la primauté des sens, l’urgence absolue de la jouissance et le droit sacré à l’exultation des corps, Led Zeppelin Whole Lotta Love libère une génération de tout souci d’autocensure. Car, pour les gamins aux oreilles desquels l’Elvis de That’s All Right Mama fait figure d’ancêtre et le (I Can’t Get No) Satisfaction des Stones de golden oldie, la giclée de groove électrique sur laquelle débute le deuxième album de Led Zeppelin ouvre d’inouïes perspectives de plaisir.

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Bande originale « les Gants Blancs du Diable » (K.H. Schäfer), jerk opiacé ou funk lunaire

Dans le club très fermé des bandes originales cultes, la bande originale « les Gants Blancs du Diable » dégage une profonde fascination et un charme inédit auprès de toutes les personnes qui ont eu la chance de pouvoir l’écouter. Aux commandes de cet étrange vaisseau qu’est les Gants Blancs du Diable, un certain Karl-Heinz Schäfer. Arrangeur allemand discret, il officie dans l’ombre des studios français (pour entre autres Aznavour, Christophe, The Rockets, Claude Ciari…) avant de s’attaquer à la musique de film.

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Bande originale The Blues brothers, croisade soul contre déferlante disco

La bande originale du film The Blues brothers est avant tout le symbole d’une croisade, celle menée par le duo comique révélé par l’émission télé Saturday Night live pour défendre la soul, la seule, la vraie, contre les outrages commis par la tragique déferlante disco.Ce qui avait commencé comme une chouette idée de sketch, pour les frères Joliet Jake et Elwood Blues (John Belushi et Dan Aykroyd), se transforme rapidement en phénomène populaire.

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American Recordings (Johnny Cash), le retour en grâce du Man in Black

Dans les années 90, Johnny Cash est devenu un symbole, une légende, une icône, quelque chose comme la conscience de la chanson populaire américaine. Il a, au fil des années, incarné l’individualisme des pionniers, le romantisme du rebelle, et la rédemption après l’épreuve (en l’occurrence, sa dépendance aux drogues). Le problème reste que plus personne ne s’intéresse alors à ses nouveaux enregistrements.

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Expresso 2222 (Gilberto Gil), train d’enfer vers un futur meilleur

Avril 1972. Gilberto Gil est euphorique: il est de retour au pays triomphalement accueilli, et quand il se rend au studio Eldorado de Sao Paulo, il a bien l’intention de laisser libre cours à son talent inné pour l’improvisation mélodique.Revenu d’Angleterre des rêves plein la tête, il entreprend de tout célébrer d’égale manière: l’Angleterre et l’Afrique – sa future muse géographique, avec la Jamaïque de Bob Marley -, Rio et Bahia, comme la chanson-titre l’évoque, à travers l’image de cet Expresso 2222, train d’enfer qui le mènerait, lui et les siens, vers un futur meilleur, depuis le petit tramway poussif de la favela, depuis les bleds perdus de sa terre natale de Bahia, jusqu’à ce troisième millénaire qu’il rêve mystique et ensoleillé.

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Head Hunters d’Herbie Hancock, hymnes jazz-funk par excellence

Après la magistrale trilogie de jazz électronique et expérimental (« mwandishi », « crossing » et « sextant »), Herbie Hancock, fort des écoutes prolongées des albums de Sly and The Family Stone, décide de changer d’orientation musicale. Moins expérimentale, plus funk, plus accessible.Entre-temps, Herbie Hancock s’est établit en Californie et s’est convertit au bouddhisme. « J’avais renoncé au désir de devenir une légende et d’écrire le grand chef-d’œuvre américain. Je me sentais satisfait de parvenir simplement à créer une musique qui rende les gens heureux. »

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Handsworth Revolution (Steel Pulse), Reggae fusion made in Birmingham

En 1977, c’est depuis Birmingham, la capitale des Midlands, que vient la meilleure réponse de la communauté jamaïquaine aux punks londoniens. Son nom : Steel Pulse, une pulsation d’acier mise au service des riddims les mieux aiguisés. Même rage au ventre, même envie d’en découdre avec le National Front, ces enfants d’immigrés inventent une autre façon de jammer, plus rauque, plus fonk, pas moins reggae.

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Innervisions (Stevie Wonder), des titres unis par la brume d’une foi attristée

En mai 1973, Stevie Wonder organise en douce, sur un parking de New York, un rendez-vous avec des policiers de la ville. Il souhaite glisser, dans une chanson, Living for the city, qu’il arrange comme un film, les dialogues réalistes d’une arrestation brutale. Le chanteur tient dur comme fer à des voix authentiques. Le moindre détail l’obsède, son inspiration est aiguisée comme une lame. Il fête ses 23 ans et s’immerge dans l’enregistrement d’Innervisions («Visions intérieures»), son seizième album déjà, dont il fera l’œuvre parfaite.

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Pink Moon (Nick Drake), l’album dépouillé qui tire le rideau

Nick Drake vit désormais à Londres. Après Five Leaves left, en 1969, il a quitté Cambridge et la fac. L’inspiration citadine qui irrigue Bryter Layter est à double effet : énergie neuve, autre mélancolie.nick drake pink moonLa chambre nue du quartier de Hampstead, lit simple, un poêle et quelques disques et livres, est le refuge où le musicien se retranche peu à peu. « Il avait une vie sociale, dit Kirby, mais elle était compartimentée. Je ne connaissais pas ses amis londoniens. » Même à ceux-là, Drake offre de plus en plus une présence embarrassée, silencieuse.

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Curtis (Curtis Mayfield), premier LP solo du maestro

Les activités de Mayfield pendant les années 60 ne se limitent pas à son travail au sein des Impressions. Lorsqu’il n’est pas en tournée à travers les Etats-Unis, il trouve le temps d’écrire pour d’autres représentants de la soul de Chicago dont Major Lance, Walter Jackson, Gène Chandler, Billy Butler et surtout son frère Jerry.

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Life on planet groove (Maceo Parker)

En 1976, les JB’s quittent le navire en pleine gloire. Ils rejoignent George Clinton, réputé pour ses extravagances vestimentaires et musicales. Sept années durant, Maceo Parker joue les invités de marque sur les albums de Parliament et Funkadelic. Il prête également son talent au Bootsy’s Rubber Band, fondé par Bootsy Collins, l’ancien bassiste de James Brown.

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Dummy (Portishead), ou la naissance du trip hop

Août 1994. La première fois que l’on entend la voix de Beth Gibbons. Dummy. On pressent, avec la pochette, que le cœur est écorché. À l’écoute il s’épanche, en poésie, en intimité dépouillée. Cette année-là, Portishead était né, Bristol devint Bristol, l’endroit du monde à jamais marqué par le courant trip hop.