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Chronique /.

Never love alone
Chronique /. Posted on 5 septembre 2012Leave a comment
Never love alone

Encadré de couleurs acidulées, rouge framboise, vert citron et orange, un Leitch aux yeux de biche en chemise cachemire et une coiffure des plus incongrues sur la couverture – moitié idole des jeunes, moitié gourou de la pop. S’étant déjà fait connaître comme troubadour folk, Leitch s’approche d’un genre de pop psychédélique innocente avec Sunshine Superman.

1001 albums 

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Agacé sans doute de n’être perçu que comme une pâle copie écossaise de Bob Dylan, Donovan signe avec Sunshine Superman un disque assez personnel et d’une richesse musicale rare. Toujours aussi concentré sur l’idiome folk, le chanteur s’attache pourtant à utiliser de multiples instruments (sitar, violon…), slalomant entre doux écarts psychédéliques et ballades presque pop. C’est étonnamment dans les instants les moins folk et les plus puissants (Sunshine Superman mais surtout le génial Season Of The Witch) que le troubadour de Glasgow convainc le plus et impose un style vraiment personnel loin de son illustre idole américaine…

fnac

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Nous avons certainement là le premier album entièrement « psychédélique », et d’une influence primordiale sur le genre, des deux côtés de l’Atlantique. Donovan est accompagné par un orchestre rock et utilise des instruments nouveaux comme le sitar Indien, joué par un Shawn Phillips alors inconnu. L’imagination débridée du musicien surdoué s’y combine à merveille avec le savoir-faire professionnel du producteur pop Mickie Most. Sunshine Superman est d’abord une peinture du milieu snob et mode de la capitale anglaise, le fameux swinging London » dominé par la musique pop. Aventureux dans les domaines lyrique et harmonique, il est aussi varié dans les thèmes : musique médiévale avec « Guinevere », la ballade tellement mélancolique qu’elle en donne le bourdon « Legend Of A Girl Child Linda ». Le folk qu’il ne renie pas, avec son hommage au guitariste folk Ecossais Bert Jansch, fondateur du groupe Pentangle. Des récits oniriques : « The Trip » et « The Fat Angel ». Deux comptines, « Celeste » et « Three King Fishers » et deux splendeurs que le vibrato de sa voix rend inoubliables : « Sunshine Superman » avec Jimmy Page à la guitare, typique de son époque, et à rapprocher du « Sunny Afternoon » des Kinks ultérieur. Et le mystérieux « Season Of The Witch », l’une des chansons de Donovan les plus reprises, délire paranoïaque (l’influence du LSD qu’il consomme déjà ?) à l’ambiance envoûtante. Sunshine Superman demeure le chef d’œuvre du musicien Ecossais.

Jean-Noël Ogouz / musicstory

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Certains disques sont des portes qui permettent de découvrir de nouveaux horizons musicaux. Sunshine Superman est une de ces portes. En mêlant des instruments électriques à son folk, Donovan a été un des précurseurs du Folk-Rock. En intégrant sonorités indiennes et instruments classiques à ses chansons, il a aussi contribué à jeter les bases du psychédélisme à l’anglaise. Mais ces nouvelles couleurs ne l’ont pas empêché de rester lui-même : un rêveur dans le genre du Fool on the hill des Beatles, un troubadour des temps modernes dont les contes ne sont pas réservés qu’aux enfants, ou plutôt dont les contes sont destinés à l’enfant qui se cache dans chaque adulte.

Never love alone

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