Bande originale de Coffy (Roy Ayers)

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Coffy – Enregistré les 5-8 avril 1973 au Sound Ideas Studios, New York City – Polydor Records
« Je suis un musicien versatile, capable d’incorporer différents styles dans ma musique. Je peux tout jouer, mon esprit est entraîné pour absorber le maximum d’informations », déclarait Roy Ayers en 2005.

Jazz, soul, funk, afrobeat, disco, hip hop, électro… Compositeur multi-genres, virtuose du vibraphone (il a bénéficié de l’apprentissage de Lionel Hampton, son maître et mentor) et l’un des musiciens les plus samplés (BO de coffy) de l’histoire de la musique noire, Roy Ayers est né à Los Angeles le 10 septembre 1940.

À partir des années 1960, on trouve sa trace sur de nombreux enregistrements de Chico Hamilton, du Gérard Wilson Orchestra et de Herbie Mann, qui produira ses premiers disques solo sur Atlantic. Si le jazz domine les premiers essais discographiques de l’auteur de la bande originale de Coffy, Roy Ayers définira véritablement son identité musicale aux commandes de sa formation, Ubiquity.

Après Ubiquity et He’s Coming en 1971, Virgo Red (1972) confirme le virage d’une production jazz vers la soul et le funk. Une hérésie pour des puristes déjà atterrés par la conversion de Donald Byrd et de Miles Davis au groove de la rue, mais une aubaine commerciale pour Roy Ayers, qui profite de sa nouvelle notoriété pour signer ses premières compositions pour le cinéma.

La chanson thème de Coffy (un très bon blaxploitation movie, réalisé par Jack Hill en 1973) est aussi célèbre que son support ultraviolent, dans lequel Pam Grier, infirmière le jour et justicière expéditive la nuit, dézingue la moitié du casting.

Marque de qualité, on retrouve plusieurs extraits de la bande-son de Roy Ayers dans le Jackie Brown du sampler humain Quentin Tarantino (Coffy is The Color sera même réutilisé lors d’une scène de Slaughter’s Big Rip-Off, un autre polar noir, par des producteurs margoulins).

Après un solide début de carrière dans le jazz, le vibraphoniste se tourne vers un funk lascif, solaire et hyper-sexué. Mix intrigant de ballades symphoniques (Coffy Baby chanté par Denise, alias Dee Dee Bridgewater), d’instrumentaux pour clavecins qu’on croirait échappés du score de Barry Lindon (Vittrionis Theme-King Is Dead) et de jazz funk intrépide en droite lignée des Blackbyrds (Aragon, Kings Last Ride), Coffy dépasse le cadre de la simple illustration sonore pour incarner une des meilleures productions de la great black music.

Le jeu de batterie tentaculaire de Dennis Davis (futur batteur de David Bowie) illumine King George, deep funk halluciné chuchoté par Roy Ayers, sans doute impressionné par l’apparition surréaliste du super pimp en combinaison jaune titi interprété par le regretté Robert Doqui, disparu au cours de l’automne 2008. Le sommet incontesté d’une bande originale couleur café.

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CREDITS :

Music score composed, arranged and conducted by Roy Ayers; orchestrations by Harry Whitaker.

Harry Whitaker – Electric piano, organ, harpsichord, piano
Billy Nichols, Bob Rose – Guitar
Richard Davis – Acoustic and electric bass
Dennis Davis – Drums
William King – Bongos, congas, percussion
Cecil Bridgewater – Trumpet, flugelhorn
Jon Faddis – Trumpet, flugelhorn
Wayne Andre, Garnett Brown – Trombone
Peter Dimitriades, Harry Lookofsky, Irving Spice, Emanuel Vardi – Strings
Denise (Dee Dee) Bridgewater – Vocals (« Coffy Is the Color », « Coffy Baby »)
Wayne Garfield – Vocals (« Coffy Is the Color », « Shining Symbol »)
Roy Ayers – Vocals (« Coffy Is the Color », « King George »)

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