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Interview de Tony Allen

Never love alone
Interview de Tony Allen Posted on 28 septembre 2012Leave a comment
Never love alone

Vous considérez-vous comme un arrangeur ou comme un batteur ?

Tony Allen : Je suis les deux, pas plus l’un que l’autre. Même si je passe mon temps à écrire, je joue également beaucoup. Si j’ai un invité sur mon album, alors ma casquette d’arrangeur prend le dessus mais je suis les deux, arrangeur et batteur.

Comment vous est venue l’idée du ‘highlife’ ?

Cette musique existait déjà, c’est une musique traditionnelle dans toute l’Afrique de l’Ouest. Mais, avec Fela, nous avons apporté un plus, surtout au niveau rythmique. Nous l’avons fait évoluer parce que nous avons tout joué et avec une multitude de personnes. Nous avons appris la musique avec cet état d’esprit, savoir tout jouer.

Vous avez effectivement tout joué, funk, rock, afro-beat…Où trouvez-vous cette capacité d’adaptation ?

Je m’ennuie vite. Je me lasse de tout et assez rapidement. A chaque fois que l’ennuie me prend, je cherche une musique de remplacement. Je ne peux m’empêcher de chercher. Pour cela, je rencontre beaucoup de monde, je voyage régulièrement. Avec Fela, nous avons fait de l’Afro-beat un rythme unique, bien installé. Alors maintenant, tout dépend du nombre de personnes qui vont se reconnaître dans cette musique, dans ce concept. Et puis je ne veux pas m’enfermer dans un seul genre. 90% des musiques d’aujourd’hui ont une base afro-beat alors j’explore autre chose, comme l’électronique.

Pour vous qui avez connu l’oppression politique et la discrimination, est-ce que la musique est une arme ?

Oui, absolument. La musique est une façon de combattre la discrimination. Si chacun respectait l’autre et prenait en compte la philosophie de l’autre….Si on écoutait un peu plus autrui et si l’on cherchait un peu plus à apprendre de l’autre, alors tout irait mieux. La musique peut changer ça, toutes ces frustrations. Et le monde politique devrait prendre exemple mais ils n’écoutent personne…Mais je ne veux pas en parler davantage.

Il y a quelques années, les grandes majors du disques s’étaient installées au Niger puis elles sont partis. Ne pensez-vous pas que votre pays a manqué un grand rendez-vous pour son avenir artistique ?

Oh ! En fait elles étaient déjà là depuis bien longtemps mais elles sont partis avec l’arrivée des militaires et leur politique de merde. Je ne crois pas que le pays en ait souffert, ni moi. D’ailleurs, je n’ai jamais souffert de la politique en général. Je ne suis pas un réfugié, j’ai choisi de vivre en France et je retourne régulièrement dans mon pays. J’ai même été invité par le centre culturel Français du Niger. Je suis comme un ambassadeur.

Quels souvenirs gardez-vous de la période passée avec Fela ?

C’était une grande période, la plus grande. Il n y a personne comme lui, je ne voie plus d’individu de cette trempe. Il était la vie, c’est une institution. Être avec lui, c’était se sentir plus fort grâce à des choses qui ne s’apprennent pas dans les écoles comme l’idéologie, la conception de la vie. On ne vous enseigne pas ça, vous l’apprenez avec la vie. Il m’a apporté énormément.

© Propos de Tony Allen recueilli par www.fonkadelica.com – 2003

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