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Interview de S. Rodriguez

Never love alone
Interview de S. Rodriguez Posted on 7 septembre 2012Leave a comment
Never love alone

Un peu plus tôt dans l’après-midi, Sixto Rodriguez, que la rumeur donnait «bien perché», s’était montré plus qu’attentif aux questions, et jamais aigri par le succès qui lui a échappé dans les années 70.

«A l’époque, racontait-il derrière les mêmes lunettes fumées qu’il porte déjà sur les pochettes de ses albums, il y avait beaucoup de concurrence. Carole King sortait ses premiers disques, Fleetwood Mac aussi… Moi j’étais sur un petit label [Sussex, ndlr] qui a vite capoté. Alors, je n’ai pas eu ma chance, mais ce n’est pas grave ; ma vie a été heureuse malgré tout.»

Sans parler des thèmes de ses chansons, entre critique sociale très à gauche et apologie de la drogue (Sugar Man, sublime ode aux dealers).

Trop vite retiré du monde de la musique, Rodriguez a travaillé «comme ouvrier du bâtiment» tout en se lançant dans une carrière politique (des candidatures à la mairie et au Sénat) au service de la «working class» de Detroit. Mais c’était compter sans le soutien de quelques fans à l’autre bout du monde.

«Je ne sais plus comment ça s’est passé à l’époque, continuait-il, mais mes disques ont terminé en Afrique du Sud et en Australie et sont devenus assez connus. Moi, je n’en savais rien, et puis la plupart des gens me croyaient mort. Sauf quelques-uns, qui ont lancé un site pour me retrouver. C’est une de mes filles qui les a contactés.»

Et revoilà Rodriguez en 2009, vieux bonhomme heureux, auteur de deux albums qui, si le monde était juste, compteraient parmi les grands classiques de la pop. Il dit avoir «toujours continué à écrire des chansons», l’histoire n’est donc peut-être pas finie.

© Propos recueilli par Sophian Fanen (Décembre 2009)

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