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Interview de N. Young

Never love alone
Interview de N. Young Posted on 10 septembre 2012Leave a comment
Never love alone

Réunir ces archives vous a permis de percevoir votre trajectoire musicale dans son ensemble. Qu’est-ce que ce processus a révélé en vous ?

Une chose ma surpris, c’est combien j’ai été impitoyable dans ma carrière. Tout au long de celle-ci. J’ai toujours su que j’étais inhumain. si je devais faire quelque chose* je le faisais et sans faire d’excuses. Cela signifiait changer de musiciens en plein milieu d’un album ou abandonner un projet et me diriger complètement ailleurs. Quand je me suis aperçu de ça et que je me suis souvenu de ce qui s’était passé, foi pensé cpe je m’étais comporté de façon immature. Ça m’a fait réfléchir. Cependant., je continue à être le même.

Les archives font apparaître le rythme incroyable auquel vous évoluez. Prenons une fourchette qui irait de la moitié de l’année 1968 à la fin 1969. En 18 mois, vous donnez votre dernier concert avec Buffalo Springfield, vous enregistrez votre premier album solo, vous formez Crazy Horse, commencez à travailler sur After The Gold Rush, rejoignez Crosby Stills and Nash, Jouez à Woodstock et gravez Déjà Vu.

A un moment, j’enregistrais le matin avec Crazy Horse, et l’après-midi j’allais jouer avec CS&N. La seule chose dont je me souviens est que ça les rendait dingues que je fasse les deux.

Ça rendait dingues Crosby, Stills et Nash ?

Oui, un peu. Mais f aimais jouer avec eux et j’étais toujours à l’heure et prêt à partir avec eux. Je ne voulais pas choisir entre les deux. Jouer avec Crazy Horse m’apportait quelque chose que je savais ne pouvoir trouver nulle part ailleurs. Effectivement j’étais occupé, mais je l’ai toujours été. seulement ces dix dernières années que ça a changé.

Changé comment ?

Il y a moins de déchets. J’ai beaucoup gaspillé d’efforts dans les années 70 et 80, La période la plus riche en déchets sera dans les prochaines archives.

Définissez ce que vous entendez par « déchets».

Des choses qui n’étaient pas abouties, qui n’étaient qu’au stade d’embryon, des choses terminées et jamais utilisées. Il y a tellement de musique et nulle part où la caser.

Ce que vous appelez des déchets font partie de votre meilleure production pour vos fans : certaines chansons inédites, des albums épuisés.

C’est vrai. Je peux par exemple vous révéler que Time Fades Away II sera dans le prochain volume d’archives (1original de Time Fades Away, un album en public de 1373, fait partie des productions de Young les plus recherchées, ndlr). C’est intéressant parce que sur la nouvelle version il y a un autre batteur que sur l’original. J’ai changé de batteur en plein milieu de la tournée. Kenny Buttrey était dans la première partie et Johnny Barbata dans la seconde. Ça change tout, et les morceaux sont différents. Il y a beaucoup de choses comme ça sur lesquelles je travaille pour le second volume.

Parmi les nombreuses révélations que contiennent les archives figure le matériau phénoménal accumulé sur votre premier groupe The Squires, que vous dirigiez au milieu des années 60 au Canada.

The Squires, c’était du sérieux. On a donné une grande quantité de concerts. Il y a là la trajectoire entière de la vie d’un groupe.

De manière générale, le matériau rassemblé sur le premier disque donne l’image d’un musicien qui cherche son style. Vous changez rapidement du surf-rock instrumental de The Squires au style blues de « Hello Lonely Woman » à la version acoustique de « Sugar Mountain » de 1965. Sur ce morceau, vous vous approchez de la façon dont vous pensez qu’un chanteur de folk doit sonner…

C’est probablement ce qui se passait. Je me cherchais. Croyez-moi, écouter certains de ces morceaux aujourd’hui est une expérience pénible.

Parlons du groupe Crazy Horse. Comment les avez-vous rencontrés ?

Je connaissais ces types depuis un moment, de l’époque où je vivais à Laurel Canyon. Je jammais avec eux quand j’étais encore dans Buffalo Springfield. Ils s’appelaient The Rockets à l’époque. Après mon premier album solo, je voulais jouer avec un groupe, m’exprimer à la guitare. Je savais que ça serait bien avec Crazy Horse. Il y avait cette liberté.

C’est à la même époque que vous commencez à jouer avec votre Les Paul Old Black ?

Il me semble. J’ai donné ma Gretsch à Jim Messina en échange de sa les Paul.

À quel point cette guitare a-t-elle été importante pour le développement de votre son ?

Je ne sais pas. Franchement je ne sais pas. C’était une guitare différente du modèle qu’ils fabriquent aujourd’hui. J’ai remplacé le pick-up avec celui de la Gibson Firebird parce que celui de la Les Paul avait un sale grésillement dans les aigus. C était à l’époque de Zuma, et depuis le son n’a pas changé.

Quand on pense à Crazy Horse, on pense à une force brutale, mais le dialogue entre vous et Danny Whitten était en fait subtil et plein de nuances.

Tout à fait. Des sonorités complexes.

En tout cas, on ne peut pas vous accuser de favoriser certains documents au profit d’autres plus flatteurs. Je pense à cette chronique d’un de vos concerts au Cellor Door dans laquelle le journaliste dit de votre présence scénique qu’elle est « aussi stimulante que de regarder ses ongles pousser ».

(Il rit) Je trouve ça intéressant d’inclure ce genre de commentaires. C’était une réaction pertinente. D’autres personnes ont écrit des comptes-rendus négatifs sur mes concerts de Massey Hall parce qu’ils étaient mécontents que je joue des morceaux qu’ils ne connaissaient pas (ces mêmes morceaux vont apparaître en 1972

À un moment, le journaliste demande à Avila ce qu’il pense de « Old Man », et celui-ci répond : « C’est très joli, » Vous êtes assis, silencieux, à ses côtés, et à un moment vous dites au journaliste : « C’est vraiment un joli enregistreur que vous avez là.»

(Il rit) C’est parfait.

Vous n’aimez pas parler de vos chansons ou de l’acte de composer.

Ça n’a pas grand intérêt pour moi. C’est si difficile d’en parler précisément. Quelque chose se passe, c’est tout. Comme lorsqu’on respire. Ou un changement météorologique.

Mais le public aimerait savoir…

Soit, mais moi, je n’en sais rien. C’est différent pour chaque chanson, et je n’arrive même pas à me souvenir de la moitié d’entre elles ! Elles ont toutes leur petite histoire, leur origine… Je dirais que les meilleures sont achevées très vite. Pas de ratures, pas de correction.

Et comme guitariste ? Y a-t-il d’autres guitaristes qui ont Influencé votre son ? Je pense à l’époque d’Everybody Knows This Is Nowhere où vous commencez à développer un son plus fort, plus bruyant. Jimi Hendrîx serait le point évident de référence. Quelqu’un d’autre ?

Pas vraiment. Jimi, sans aucun doute. Je l’aimais beaucoup, il était dans mon radar, mais pas tellement d’autres. Avec Jack Nitzsche, mon producteur, on écoutait les premiers 45 tours du Jimi Hendrix Expérience qui sortaient à Londres. C’était le nouveau truc qui venait de là-bas et on voulait savoir ce qui se passait.

Et tes guitaristes de métal ? Sur des titres comme «CinnamonGirt» et «When You Dance, I Can Really Love», vous avez un son épais,désaccordé, Connaissiez-vous des gens comme Tony Immi de Black Sabbath, qui désaccordait sa guitare?

Pas trop, mais j’adore cette musique. C’est comme le rock’n’roll classique. The Scorpions, Iron Maiden… C’est une scène puissante, une forme d’art à part. Les gens qui s’y intéressent pensent qu’un groupe est génial et que tel autre est merdique, alors qu’une personne normale n’arrive pas à entendre la différence entre les deux. Je n’ai jamais été un metalleux, mais je pourrais écouter un type comme Zakk Wilde. Je connais plein de types qui jouent du métal. Ils viennent à nos concerts parce qu’il y a quelque chose qui semble leur parler dans ce que Ton fait.

Comment caractériseriez-vous votre jeu ?

Il craint ! C’est juste du vacarme. Je suis totalement perdu lorsque je joue de la guitare. Je joue une mélodie et la répète sans fin en changeant de tonalité, en tordant les cordes. Je suis absorbé dans ce que je joue. Je ne fais qu’un avec mon instrument. Mais je crains. Je me suis entendu.

Ce n’est pas ce que pensent certaines personnes.

Il y a des moments où je parviens à m’exprimer avec la guitare, mais je ne pourrais pas jouer acoustique comme Bert Jansch, ou électrique comme Hendrix ou JJ. Cale qui sont probablement les deux meilleurs guitaristes électriques que j’ai entendus. J’ajoute Jimmy Page. J’adore sa manière de jouer. Il est sinueux. Il est très dangereux. Ces trois-là sont pour moi trois guitaristes classique.

Quels sont vos points forts à vous ?

J’ai un sens mélodique et j’ai le sens rythmique et le tempo. Mais ça concerne tout le groupe. Quand je joue, j’écoute tout ce qui se passe autour de moi, essayant d’entraîner tout ça avec mon jeu de guitare. Ma guitare est le groupe.

Cela dit, y a-t-îl une chanson en particulier, ou un moment, dans ces Archives qui résume l’essence de Neil Young comme musicien ?

Pas une seule chose. C’est trop large, il y a trop d’informations. Vous pouvez zoomer aussi près que possible, mais alors vous êtes trop près pour bien voir, et vous devez vous éloigner. C’est un plan large, et tout y est. Un jour, je vais envoyer un supplément à télécharger et, quand vous ouvrirez le fichier, il y aura différentes photographies d’éviers de cuisine ! Voilà.

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