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Caça a Raposa (Joao Bosco), atmosphères en clair-obscur typique du poète sonore

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Caça a Raposa (Joao Bosco), atmosphères en clair-obscur typique du poète sonore Posted on 14 septembre 2019Leave a comment
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Joao Bosco, à priori, a le profil d’un chanteur de MPB carioca classique. Issu d’un milieu de classe moyenne qui le destinait à des études d’ingénieur civil, il débute sa carrière comme auteur de chansons pour Elis Regina, tout comme Milton Nascimento, lui aussi issu du Minas Gerais.

Même si Bosco a quitté très tôt cet état montagneux et rural pour Rio et son fameux samba, il lui reste cette fibre d’esthète, de peintre d’atmosphères en clair-obscur typique des poètes sonores du Clube da Esquina – ce qui l’amènera bien plus tard à reprendre le « Rouge-gorge » de Gérard Manset, par exemple.


Joao Bosco Caça a Raposa

Caça a Raposa, considéré comme une référence absolue au Brésil, installe durablement son auteur comme un compositeur de référence, capable d’enfiler des perles de finesse et de songwriting sur un canevas de samba-cançâo moderne mâtinée de rythmes de partido alto, voire de bolero, flamenco ou merengue.

Beaucoup de classiques aux tempos vifs et syncopés que le public reprendra en chœur – comme le titre d’ouverture ou « Kid Cavaquinho » -, des morceaux à la fois très samba et pop aux mélodies efficaces et à la production percutante.

 Joao Bosco Caça a Raposa
Joao Bosco Caça a Raposa

Les titres lents à l’aura proche du Clube da Esquina n’en sont que plus somptueux : un « Bodas de Prata » onirique et languide aux arrangements cristallins vertigineux, et une chanson-titre douloureuse et inquiète, évoquant de façon poétique une « chasse au renard », créant une ambiance pesante symptomatique de la MPB des années soixante-dix.

Ces récits, on les doit au parolier Aldir Blanc, ex-psychiatre devenu partenaire d’écriture à temps plein, aux airs de théâtre miniature, pleines de doubles sens, voire d’emprunts à d’autres langues.

Il y a, en sous-couche dans le choix des thèmes, inhabituels pour du samba, comme dans les pochettes plutôt agressives de ses albums, une sorte de défiance envers le pouvoir dictatorial, même si Aldir Blanc reste avant tout un poète et un commentateur social.

 Joao Bosco Caça a Raposa
Joao Bosco Caça a Raposa

Sa spécialité: concocter des vignettes mettant en scène des personnalités fictives qui sont autant d’archétypes de la société brésilienne, parlant de violence urbaine sous des airs de samba festive ( « De Frente Pro Crime » ), ou évoquant même la figure de « L’Amiral noir », alias Joao Candido Felisberto, marin ayant mené la révolte du fouet de 1910 contre l’usage de la torture comme punition envers les matelots. Certaines paroles de ce « O Mestre… » seront retirées suite à la censure d’État.

Les années suivantes verront Elis Regina reprendre et populariser les chansons de Bosco, dont plus de la moitié de ce disque, ainsi que le fameux « O Bebaido e o Equilibrista » de 1977, qui deviendra la chanson officielle de la campagne pour l’amnistie des exilés politiques. Bosco continue à ce jour d’enchaîner les albums dont la qualité suscite le respect, toujours avec cette finesse qui le caractérise.

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