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Silk & Soul (Nina Simone), des titres pop empreints d’âme gospel et blues

Never love alone
Silk & Soul (Nina Simone), des titres pop empreints d’âme gospel et blues Posted on 17 mai 2019Leave a comment
Never love alone

Nina Simone Silk and Soul – Enregistré en juin 1967 au RCA Victor’s Studio B – New York City – RCA Victor records
Sorti en 1967 sous forme de LP, Silk and Soul fait suite à son premier album chez RCA Nina sings the blues. Combinant des titres pop empreints d’âme gospel et blues, elle s’approprie des standards avec une telle force qu’elle les fait siens.

Sur Nina Simone Silk and Soul, deux titres bonus sont inclus, tous deux initialement sortis en singles en 1969.

À l’âge de dix ans, alors que Nina Simone donnait un récital de musique classique dans sa ville natale, ses parents, au milieu de l’assistance blanche, furent expulsés. De ce jour, la lutte contre le racisme et l’humiliation devint pour elle un combat quotidien.

« La première chose que je voyais le matin en me réveillant écrit- elle dans son autobiographie, c’était mon visage noir dans le miroir de la salle de bains, et cela conditionnait ce que je pensais de moi le reste de la journée. »


Nina Simone Silk and Soul

Nina Simone aura eu une vie jalonnée d’événements vécus comme des blessures, traversant sa voix comme autant de failles. Une voix imprévisible, tour à tour douce ou rauque, caressante ou rageuse. Une voix à la tessiture limitée, il faut bien le reconnaître, mais dont les inflexions s’avéraient capables d’épouser les moindres vicissitudes de l’existence.

Une voix qui, enfin, trouva dans la musique classique des arpèges, des silences et des harmonies insoupçonnées, qui l’aideront à gagner en sauvagerie.

Nina Simone Silk and Soul

Tous comptent des temps forts. Mississippi Goddam, par exemple, est un pamphlet terrible contre le racisme du sud des États-Unis, qu’elle appelait « United Snakes Of AmeriKKKa » et qu’elle quitta pour vivre en Europe. Essentiel, Why ? The King Of Love Is Dead dénonce l’assassinat de Martin Luther King, et le bouleversant Young Gifted And Black avait été décrété hymne des Noirs en 1966.

Nina Simone l’avait dit, dans Ne me quittez pas : « Chanter pour mon peuple était devenu le pilier de ma vie. C’est ce qui me tenait le plus à cœur. Pas le piano classique, ni la musique classique, ni la musique populaire, mais la musique des droits civiques. »

Paradoxalement, son œuvre est truffée de standards qu’elle transcende, comme sur Nina Simone Silk and Soul où elle interprète Burt Bacharach (The Look Of Love) et évoque une Judee Sill noire sur le génial Cherish. Nina Simone savait panser les plaies tout en étourdissant.

Nina Simone Silk and Soul

« I Wish I Knew How it Would Would Feel to be Free », l’une des pièces maîtresses de cet album, est écrit par le pianiste Billy Taylor. Un morceau spirituel qui ouvre la porte aux croisades de Nina Simone contre les inégalités sociales. L’évangile et le blues ont toujours apporté un soutien significatif aux commentaires sociaux.

« Turning Point » raconte l’histoire d’une petite fille initiée à l’inégalité raciale, un message intemporel qui a autant de valeur aujourd’hui que dans les années 1960. Le saxophone baryton de Jérôme Richardson conduit « Some Say with a celebration of soul music ». Ici, Simone livre son message d’amour au monde à travers un titre funk soul. « Le Regard de Love O Love, viennent à nous doucement à genoux. Elle avait plusieurs façons de faire passer son message, et c’était toujours avec un cœur pur.

Nina Simone Silk and Soul

Le mari et manager de Nina, Andy Stroud, qui a fait preuve d’un talent d’auteur-compositeur qui lui permet d’élucider ses propres chansons, a écrit « Love O’ Love » sur la structure familière de « Careless Love » d’il y a quelques saisons.

Why Must Your Love Well Be So Dry célèbre avec un grand groupe de studio et une chorale de gospel.

« Consummation », une belle chanson d’amour basée sur une figure bachienne, révèle la tendresse de l’âme de Nina. Elle a écrit la musique et les mots.

Nina Simone Silk and Soul

Il en va de même pour « Save Me, qui a également été enregistré en 1969. Que ce soit avec un grand orchestre de studio ou avec son propre groupe de blues, Nina Simone reste convaincante.

Mieux, elle sauvait les âmes de sa voix qui obligeait à écouter les mots, comme le dira Dee Dee Bridgewater. Cette grande prêtresse de la soul, cette voix d’ébène envoûtante, cette star quasiment totémique de la culture noire pouvait tout interpréter.

Chez RCA, ce sont huit albums (dont deux live) qu’elle va produire, jusqu’en 1974, avec nombre de chansons clés : « Young Gifted & Black », sur l’album de 1970 Black Gold (qui sera reprise par Donny Hathaway et par Aretha Franklin), et cette perpétuelle gravité qui fait que Nina Simone n’est pas une « entertainer » mais une véritable artiste à la profondeur inégalée.

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CREDITS :

  • Nina Simone – piano, voix
  • Gene Taylor – basse
  • Sammy Lowe – arrangements, conductor
  • Eric Gale, Everett Barksdale, Rudy Stevenson: guitar;
  • Weldon Irvine, Richard Tee: organ;
  • Ernie Hayes: piano, harpsichord;
  • Gene Taylor, Jerry Jemmott: bass;
  • Bernard Purdie: drums, tympani;
  • Gordon Powell: vibraphone, percussion;
  • Montego Joe, George Devens: percussion;
  • Martin Grupp: tympani, marimba;
  • Marky Markowitz, Ernie Royal, Mel Davis, Joe Shepley, Jimmy Nottingham, Harold Johnson, Wilbur Bascomb: trumpet;
  • Jimmy Cleveland, Richard Harris: trombone;
  • Mel Tax: alto saxophone, clarinet, bass clarinet, baritone saxophone, flute, alto flute, bass flute;
  • Jerome Richardson: baritone saxophone, flute, bass flute;
  • George Marge: bass clarinet, clarinet, flute, alto flute;
  • Seldon Powell: tenor saxophone, alto flute;
  • George Coleman, Norris Turney, Haywood Henry: saxophone;
  • Gene Orloff, Mac Ceppos: violin; Alfred Brown: viola;
  • Kermit Moore, Seymour Barab: cello;
  • Ralph H. Fields, Eileen Gilbert, Jerome Graff, Milt Grayson, Hilda Harris, Noah Hopkins, Maeretha Stewart, Barbara Webb: background vocals.
  • Ray Hall – engineer
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