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Led Zeppelin IV, riffs chromés, batteries nucléaires et hurlements de prima donna

C’est à l’automne 1971 que la nouvelle déclenche une énorme joie dans les bureaux des disques Atlantic : le quatrième album de Led Zeppelin, groupe mammouth, sortira bien avant Noël, en dépit d’un mixage long et périlleux. Mais, douche froide, lors d’une conférence de presse, l’immense Peter Grant, gargantuesque manager, lâche sa bombe : ses poulains exigent — fait sans précédent — une pochette sans nom, sans titre, sans numéro de catalogue, ni référence.

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Fun House (The Stooges), 36 minutes d’orgasme électrique #$& !!!

Deuxième album des Stooges, “Fun House” porte à son paroxysme le rock’n’roll des pionniers (Gene Vincent et Vince Taylor) tout en utilisant la technologie de l’époque (murs d’amplis, wah-wah), jetant une accolade au free-jazz et se fracassant dans la réalité d’une époque post-hippie que Iggy et ses Stooges, visionnaires, envisagent comme atroce, mais lubrique. En résumé, “Fun House” pourrait bien être tout ce que le rock’n’roll avait jamais promis, des costumes moirés d’Elvis à la montée des gangs de Detroit, 36 minutes d’orgasme électrique.

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Standards (Keith Jarrett, Gary Peacock, Jack Dejohnette), trio d’une liberté insensée

1977 et la sortie chez ECM de l’album Tales Of Another de Gary Peacock est l’acte de naissance du trio Keith Jarrett/Gary Peacock/Jack Dejohnette.Le trio se « forme » six ans plus tard à l’initiative de Keith Jarrett, et jusqu’en 2015, il va s’appliquer à épuiser les potentialités apparemment illimitées de leur travail collectif, inventant une musique d’une liberté insensée et d’une exigence totale.

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Bande originale de Saturday Night Fever (Bee Gees), disco quintessence

En 1975, les Bee Gees sont en passe de devenir des has-been. Dix ans après un départ fulgurant semé de balles comme I Started A Joke, Love Somebody ou Massachussets, le groupe a épuisé toutes ses cartouches dans un chef-d’œuvre méconnu (« Odessa ») pour se retrouver à la traîne des modes, entre soul délavée et pop essorée (« Trafalgar »). Seulement, les Australo-britanniques sont du genre persévérants.

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Impulse records, « the new wave in jazz » pour devise !

L’histoire d’Impulse records est avant tout affaire de fortes personnalités. C’est Creed Taylor, l’ancien responsable de la direction artistique de Bethlehem Records qui, en octobre 1960, est parvenu à convaincre les responsables d’ABC-Paramount Records, de lancer une nouvelle collection de disques de jazz.

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Bob Dylan Highway 61 revisited, surréaliste et débordant d’énergie blues brute

Il faut remonter à la première du Sacre du printemps de Stravinsky, qui avait provoqué une émeute en 1913 au Théâtre des Champs-Élysées, pour trouver le genre de controverse qui a explosé lorsque Bob Dylan a branché sa guitare le 25 juillet 1965 au Festival de Newport. Mais les huées des puristes de la folk devaient disparaître parmi les acclamations qui se sont élevées lorsque Dylan sorti Highway 61 revisited, un mois plus tard.

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The Pretty Things, un rayonnement souterrain mais essentiel

La plupart du temps, lorsqu’on évoque les groupes anglais des années 60, on commence par les mods : Kinks, Who, Small Faces… Les Beatles sont définitivement inclassables et pour les rockers, on se limite généralement aux Rolling Stones. C’est négliger l’importance de the Pretty Things, groupe méconnu, mais qui a ouvert quelques brèches avant tout le monde.

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Discothèque idéale selon Abd Al Malik

Explosion des genres. Jazz, chansons à textes ou rap US se côtoient dans la discothèque idéale d’Abd Al Malik : Jacques Brel « les marquises », pour moi, c’est un vrai modèle artistique, une incroyable force d’écriture et d’interprétation sur fond d’une musicalité fine et subtile conçue …

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Histoire de Melody Nelson (Serge Gainsbourg), poèmes symphoniques de l’âge pop

Après le succès de je t’aime moi non plus, Serge Gainsbourg l’avoue : il est temps de passer aux choses sérieuses. Et les choses sérieuses, c’est un concept-album comme la pop en délivre alors, de Sgt. Pepper’s (Beatles) à la Mort d’Orion (Gérard Manset) en passant par le double album Amour Anarchie de Léo Ferré. Les choses sérieuses, c’est de s’imposer à part entière comme interprète, de ne plus se disperser dans les œuvres de commande.

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Bande originale de Taxi driver (Bernard Herrmann), dernière œuvre du maitre

Au début des années 1970, Herrmann est persuadé que sa carrière cinématographique est terminée, quand le succès de sa musique du film de Brian de Palma « Sisters » en 1973, redonne à son oeuvre un nouveau souffle. Les propositions de film affluent avec, entre autres, celle de Martin Scorsese pour Taxi Driver. C’est sur la base d’une admiration éperdue pour les partitions de Citizen Kane, Sueurs froides et Psychose, que Scorsese sollicite le légendaire Bernard Herrmann pour la musique Taxi Driver.

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Betty Davis, explosive et torride diva funk

La quête de Betty Davis était celle d’un Funk-rock vindicatif et abrasif, empreint d’une fureur maîtrisée. Son comportement outrancier à connotation sexuelle sur scène, et des paroles parfois délurées et torrides lui attire les foudres d’une frange de la communauté noire. Elle lui reproche ouvertement de ne pas donner une bonne image des afro-américains. Une certaine image de l’Amérique puritaine. Qu’importe, Betty persiste et signe. Entre Funk lourd, Heavy-rock mid-tempo, souvent surchargé d’érotisme déviant, elle n’offre pas d’autre choix que la soumission.

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Blonde On Blonde (Bob Dylan), le son sauvage du mercure

A  l’automne 1965, Dylan, dont les disques se vendent alors comme des petits pains (au mois de mai, il a classé pas moins de trois albums – Bringing It all Back Home, The Freewheelin’ et The Times They Are A-Changin’ – dans le Top 10), se met à composer les premiers morceaux de ce qui plus tard constituera Blonde on Blonde.

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Abraxas (Santana), un deuxième opus allégorique et charnel !

Encouragé par le promoteur local Bill Graham (patron du Fillmore, etc.), Santana se fait connaître localement dans un premier temps, avant d’être propulsé sur le devant de la scène du jour au lendemain, grâce à une prestation mémorable au festival de Woodstock et un premier album publié simultanément, contenant les classiques Evil Ways, Jingo et Soul Sacrifice.

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Bush Doctor (Peter Tosh), inoubliable ode à la weed

Bush Doctor, qui signifie « sorcier » en français, est le premier des trois albums de Peter Tosh sortis sur le label des Rolling Stones. Tosh souhaitait se démarquer de Marley avec son propre groupe, construit à partir de Sly & Robbie, plutôt que de faire appel aux Wailers.Chargé de la réalisation artistique de Bush Doctor, Robbie Shakespeare prend la décision de se séparer des musiciens présents sur les précédents albums de Peter Tosh.

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Moondog, clochard céleste et Viking de la Sixième Avenue

Dans une vie, il y a trois expériences fondatrices: la première gorgée de bière, la première gorgée de chair et la première gorgée de Moondog. De Stravinsky à Stephan Eicher, de Benny Goodman à John Zom, de Charlie Parker à Frank Zappa, de Philip Glass à Elvis Costello, tous ceux qui ont goûté une fois à la musique de ce vagabond solitaire n’en sont pas sortis indemnes.

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New danger (Mos def), anti-commercial, imprévisible, inclassable

Mos Def est l’un des rappeurs les plus doués de sa génération, et ce deuxième album en tous sens personnel embras(s)e aussi bien les clichés hip hop que les riffs hard rock façon Living Colour, le blues fébrile (Shuggie Otis en invité) et la soul music lézardée (Marvin Gaye samplé/déchiré). Cinq ans après cet élégant coup de force, Mos Def revient avec un second album, The New Danger, disque fleuve et ambitieux, qui tente de revisiter à lui seul trente ans de musique noire ? et même de musique tout court.

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B.O. d’Alain Goraguer la Planète Sauvage, référence absolue de pop psyché avant-gardistes

Adapté d’une nouvelle de Stefan Wul, dans laquelle les humains ont quitté la Terre, rendue inhabitable par les conflits. Recueillis par les Draags et réduits à l’état d’animaux de compagnie, ils finiront par se rebeller. Si le film d’animation la Planète sauvage a prit un sacré coup de vieux, la musique, elle, s’est formidablement bonifiée avec le temps !  Signée Alain Goraguer, cette bande sonore psychée n’a jamais disparu des radars et s’échange aujourd’hui de blog en blog,

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La Leçon de piano musique signée Michael Nyman

C’est en 1993 au festival de Cannes que le monde découvre la cinéaste néo-zélandaise Jane Campion grâce à son nouveau film multi-récompensé la Leçon de piano (The Piano).Par la même occasion, le compositeur de musique de film Michael Nyman, accède également à la notoriété puisqu’il a produit, arrangé et composé l’intégralité de la leçon de piano musique sur laquelle le thème principal du film, décliné sous toutes ses formes, est d’une efficacité exemplaire.

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In a Silent Way (Miles Davis), tout droit vers le futur

Avec In a Silent Way, entouré par une pléiade de musiciens exceptionnels, Miles Davis intègre pour la première fois des éléments de rock et s’éloigne à jamais du jazz pur. Un ovni sidérant. Le 18 février 1969, une troupe de musiciens sort du studio d’enregistrement B. Les sentiments qui règnent chez les membres du groupe réunis pour l’occasion vont de la colère à l’incompréhension.

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Bande originale de Vertigo (Bernard Herrmann), véritable osmose musicalo-scénaristique

En 1958, cela fait déjà plusieurs années que Bernard Herrmann travaille aux côtés d’Alfred Hitchcock et, s’il a déjà été amené à composer plusieurs bandes sonores pour le « maître du suspense », ce n’est qu’avec la bande originale de Vertigo (Sueurs froides) que les deux hommes vont atteindre une véritable osmose musicalo-scénaristique.

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Murder ballads (Nick Cave & the Bad Seeds), la bagatelle de soixante-cinq victimes

En activité depuis l’orée des années 1980 avec The Birthday Party puis les Bad Seeds, Nick Cave était à la recherche d’un second souffle une douzaine d’années plus tard; sa poésie noire et son rock tranchant gagnent en popularité avec l’album «Let Love In» (1994), sur lequel il n’a pas réussi à caser le titre O’Malley’s Bar, chanson fleuve de près de quinze minutes retraçant le meurtre de sang-froid de tous les clients du bar en question.

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Head Hunters d’Herbie Hancock, hymnes jazz-funk par excellence

Après la magistrale trilogie de jazz électronique et expérimental (« mwandishi », « crossing » et « sextant »), Herbie Hancock, fort des écoutes prolongées des albums de Sly and The Family Stone, décide de changer d’orientation musicale. Moins expérimentale, plus funk, plus accessible.Entre-temps, Herbie Hancock s’est établit en Californie et s’est convertit au bouddhisme.

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Handsworth Revolution (Steel Pulse), Reggae fusion made in Birmingham

En 1977, c’est depuis Birmingham, la capitale des Midlands, que vient la meilleure réponse de la communauté jamaïquaine aux punks londoniens. Son nom : Steel Pulse, une pulsation d’acier mise au service des riddims les mieux aiguisés. Même rage au ventre, même envie d’en découdre avec le National Front, ces enfants d’immigrés inventent une autre façon de jammer, plus rauque, plus fonk, pas moins reggae.

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Innervisions (Stevie Wonder), des titres unis par la brume d’une foi attristée

En mai 1973, Stevie Wonder organise en douce, sur un parking de New York, un rendez-vous avec des policiers de la ville. Il souhaite glisser, dans une chanson, Living for the city, qu’il arrange comme un film, les dialogues réalistes d’une arrestation brutale. Le chanteur tient dur comme fer à des voix authentiques. Le moindre détail l’obsède, son inspiration est aiguisée comme une lame.