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Pharrell Williams, à la fois avant-gardistes et populaires

Never love alone
Pharrell Williams, à la fois avant-gardistes et populaires Posted on 17 mars 2020Leave a comment
Never love alone

Comment expliquer que Pharrell Williams, avec son entité Neptunes (lui et son acolyte Chad Hugo) ou Nerd (les mêmes, plus le chanteur Shay), ne sorte que des albums quasi confidentiels (même s’ils recèlent quelques semi-tubes) alors que leur travail de producteurs et de compositeurs pour Snoop, et des dizaines d’autres, s’écoule par wagons ?

Pharrell Williams est un cas unique dans cet univers. Il est à la fois le plus grand musicien des années 2000, et en même temps l’un des visages les plus médiatisés.

Or les producteurs sont de ceux qui restent le plus souvent dans l’ombre, dissimulés derrière les artistes qui rappent ou chantent sur leurs beats ouvragés. Pharrell Williams est d’une autre trempe. Un garçon qui en France peut poser en couverture d’un magazine de mode réputé en compagnie de Catherine Deneuve !

Pharrell Williams
Pharrell Williams

Le même qui est fan de skateboard, couvert de tatouages, et qui a usiné des hits à la chaîne pour les rappeurs les plus dangereux de la planète. Pharrell Williams, qui dessine une ligne de lunettes pour Vuiton, qui a été élu « homme le mieux habillé du monde » qui est au premier rang des défilés de mode parisiens, qui a sa propre marque de baskets (Ice Cream, avec Reebok), sa ligne de vêtements (Billionaire Boys Club), et qui a réellement changé la face de la musique.

Vers la fin des années 80, ce skateboardeur fou rencontre au lycée un Philippin tranquille, aussi discret que lui est extraverti, nommé Chad Hugo. Tous les deux sont nés à Virginia Beach (Pharrell en 1973) et fondent à l’école leur groupe de rock, Neptunes.

Pharrell Williams
NERD – Pharrell Williams

Ces deux obsédés du son vont un jour frapper à la porte de la gloire locale, Teddy Riley, qui a son studio à Virginia Beach. Riley a créé le new jack swing, il a marqué le son des années 80 et a produit le Dangerous de Michael Jackson.

Il leur offre un contrat et les fait travailler dès 1992 avec Wreckx’n Effect, puis Blackstreet ou S.W.V.. Les Neptunes sont dans l’ombre, mais décrochent leurs premiers disques d’or. Ils explosent quand, à la fin de cette décennie, ils signent quelques tubes en marbre, « Superthug » pour Noreaga, « Nigga Please » pour 01′ Dirty Bastard.

Pharrell Williams
Pharrell Williams

Ils sont encore un secret partagé par les professionnels quand ils exposent leur artiste, la pétulante Kelis, pour qui ils écrivent l’album Kaleidoscope.

Leur patte, mélange de mélodies imparables, d’un esprit rock frondeur, d’une science rare du beat hip-hop et d’un goût prononcé pour le risque, la créativité et l’invention, devient incontournable.

Dans les années qui suivent, la liste des artistes pour qui ils composent est sidérante : Mariah Carey, Busta Rhymes, Jay-Z, Ludacris, Ice Cube, Britney Spears, Destiny’s Child, Usher, Justin Timberlake, Missy Elliott, Sean Paul, Snoop, Toni Brawton, Beeny Man, The Clipse, Nelly, LL Cool J, Ja Rule, Jermaine Dupri, Guuen Stefani, The Rolling Stones, Rir, Alicia Keys, T.L.C., etc. Les Neptunes sont incontournables, au sens littéral du terme.

Pharrell Williams
Pharrell Williams

Tandis que leurs travaux trustent les n°l des charts, ils fondent le groupe Nerd avec un troisième larron, mais ce mélange de rap et de rock peine à trouver son public, malgré le succès d’estime des chansons « Lap Dance » et « Rock Star ».

Pharrell Williams, que l’on commence à voir dans les pages people frayer avec toute la jet set tandis que Chad Hugo reste en famille à Virginia Beach, est de plus en plus présent dans les clips et les chansons qu’il produit. Il chante souvent le refrain d’une voix angélique, comme dans le « Beautiful » de Snoop Dogg, tiré de Paid The Cost To Be The Boss.

Pharrell Williams
Pharrell Williams

Snoop donne à Pharell une nouvelle dimension avec RSG, disque produit par le duo en grande partie, et qui donnera le premier single n°l au USA à Snoop depuis ses débuts en 1993, avec le révolutionnaire « Drop It Like It’s Hot », un morceau dont le dépouillement entrémiste est d’une redoutable efficacité.

La première moitié des années 2000 est sans conteste l’ère Pharrell Williams. En s’amusant à briser les codes et les carcans musicaux, il a réussi à convaincre le grand public, qui achète en masse les disques qu’il produit avec son complice de toujours, tout en bluffant les professionnels, critiques et artistes, avec son talent inné pour créer des nouvelles sonorités, à la fois avant-gardistes et populaires.

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