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There’s A Riot Goin On (Sly & The Family Stone), du funk…mélancolique

Never love alone
There’s A Riot Goin On (Sly & The Family Stone), du funk…mélancolique Posted on 27 février 2020Leave a comment
Never love alone

Sly & The Family Stone There’s A Riot Goin On – Enregistré en 1970–71 au Studio Record Plant – Sausalito, Californie – Epic records
Deux ans après l’explosion multicolore Stand ! et le triomphe de Woodstock, Sylvester Stewart et sa famille Pierrafeu inventent le funk triste. Les quarante-neuf minutes de There’s A Riot Goin’ On font figure d’épouvantail dans la production soul funk des early seventies.

Largement enregistré en solo par Sly avec néanmoins des featurings non déclarés de Bobby Womack, Wah Wah Watson et Billy Preston —, le cauchemar dense et défoncé de ce disque sombre de Sly & The Family Stone fascine presque autant qu’il effraie.


Sly & The Family Stone

Quarante ans plus tard, on raconte toujours ces histoires de groupies d’un soir promues choristes, de fans victimes d’OD sur la moquette king size du living-room de la tristement célèbre villa du 783 Bel Air Road, de combats sanglants de pit-bulls affamés par leurs maîtres mafiosi et d’un Miles Davis éjecté des sessions pour avoir osé jouer de la « voodoo shit music » sur le clavier de Sly Stone.

Les remasterisations successives de l’album n’ont rien pu faire non plus face à un mixage d’origine confus et distant comme la bande-son d’un documentaire sous-marin du commandant Cousteau.

Sly & The Family Stone
Sly & The Family Stone

Jerry Martini, le saxophoniste d’une Family Stone en pleine décomposition (le bassiste Larry Graham pliera bagage suite à un échange de coups de feu dans un hôtel new-yorkais peu de temps avant l’enregistrement de l’album), expose sa théorie personnelle :

Sly demandait aux filles avec qui il couchait si elles voulaient chanter sur l’album. Elles avaient des voix horribles, et Sly n’avait plus qu’à tout effacer. C’est pourquoi Riot…a un son pourri : les bandes étaient complètement usées à force d’être effacées puis réenregistrées.

Il y a des fissures dans toute chose et c’est par la que la lumière jaillit, avait l’habitude de chanter Leonard Cohen. Family Affair, le seul hit extrait de There’s A Riot Goin On possède assez d’éclat pour illuminer la totalité d’un disque hanté.

Mais derrière une programmation ingénieuse de boîte à rythmes et un chorus de clavinet signé Billy Preston se dissimule la chronique déprimée d’un drame domestique, chantée par un Sly Stone effondré dans un canapé du studio.

Sly & The Family Stone
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De manière similaire, l’ensoleillé Running away, le yodel stoned de Spaced Cowboy et le blufunk en apesanteur de Just Like A Baby jurent avec la tonalité ténébreuse de l’album.

Aveux sincères ou simples évasions toxicomanes jetées dans un magma de basses anarchiques et de Rhodes poisseux ? There’s A Riot Goin’ On referme symboliquement ses portes sur Thank You For Talking To Me Africa, décalque sous anesthésie de Thank You (Falletinme Be Alice Elf Agin)y l’intrépide funkathon expédié en éclaireur sur la face B de Everybody Is A Star deux ans plus tôt.

Pièce incontournable de la discographie de Sly Stone, There’s A Riot Goin’ On demeure un album culte, tous genres confondus, sans doute pour de mauvaises raisons.

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CREDITS :

  • Sly Stone – producer
  • Engineers – Chris Hinshaw, Jack Ashkinazy, James Conniff, James Greene, Robert Gratts, Willie Greer, Rich Tilles
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