Bill Withers Still Bill

Bill Withers Still Bill – Enregistré en 1972 au Record Plant, Los Angeles – Sussex records
Des manteaux de vison à la pelle, des costumes trois pièces aux couleurs susceptibles de rendre la vue à Stevie Wonder, des pimpmobiles à suspension hydraulique, vestiges des derniers feux de la civilisation automobile avant le choc pétrolier de 1973, et des diamants rutilants en cascade.

D’un point de vue bling-bling, les pochettes des plus célèbres albums soul funk des années 1970 proposent un inventaire prompt à révolter les réfractaires à toute forme d’abondance et les activistes anti-fourrure de la PETA. Au milieu d’une telle débauche de luxe et de strass, Bill Withers apparaît comme l’anti-star par excellence. Le glamour ? Connais pas.


Bill Withers Still Bill

Sur la pochette de Still Bill, son deuxième album, sorti en février 1972, Bill Withers pose en jean et polo (sans col) – le genre d’accoutrement que James Brown ne voudrait même pas pour ses roadies. La simplicité (on l’appelait aussi « Simple Bill ») et l’humilité sont les apparats d’un songwriter originaire de Slab Fork, une cité minière de Virginie.

Tour à tour laitier, soldat et constructeur de toilettes pour avions de ligne, Bill Withers écrit ses premières chansons à l’adolescence, afin d’exprimer le chagrin causé par la mort de son père.

Bill Withers Still Bill
Bill Withers Still Bill

En 1970, Booker T. Jones découvre par hasard la démo de Bill Withers et lui propose d’enregistrer son premier album solo, Just As I Am. Ain’t No Sunshine, un classique de la soul romantique, fera de Bill Withers une star internationale à trente ans. Pas vraiment de quoi tourner la tête d’un artiste aux deux pieds solidement ancrés dans le béton de la réalité quotidienne.

Au moment de préparer son second album, Bill Withers décide d’entrer en studio avec son groupe de scène, qui comprend d’anciens membres du Watts 103rd Street Rhythm Band, dont Ray Jackson (claviers), James Gadson (batterie) et Melvin Dunlap (basse).

Bill Withers
Bill Withers Still Bill

Les sonorités dépouillées de la guitare acoustique du chanteur et d’occasionnelles touches de clavinet et de piano Wurlitzer constituent l’épine dorsale de dix nouvelles compositions à l’accessibilité immédiate.

Le riff pentatonique de Use Me et le leitmotiv télégraphique de Who Is He (And What Is He To You) ?, chansons cruelles sur la jalousie et la paranoïa, entraînent Still Bill en terrain syncopé.

Bill Withers
Bill Withers Still Bill

Les whacka- whackas du superfunky Kissing My Love annoncent déjà le superlatif Rejuvenation des Meters, et I Dont Want You On My Mind déroule un blues poisseux traversé d’éclairs saturés. Pourtant, c’est une nouvelle fois grâce à une ballade intimiste que Bill Withers va toucher le grand public.

Lean On Me, une superbe élégie réminiscente des ambiances gospel de l’enfance du musicien, a été créé à partir de tâtonnements de Wurlitzer par un Bill Withers découvrant l’instrument. Lean On Me s’installera pendant dix-sept semaines au Billboard, raflant au passage les premières places des charts r&b et pop.

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