Il y a peu de labels qui ont guidé la musique contemporaine par leur créativité et leur vision. On connaît les plus grands noms : Stax, Motown, Chess Records etc…Mais, mis à part le milieu des collectionneurs et des crate diggers, le nom de Strata-East Records reste méconnu.

C’est pourtant ce label, fondé en 1971 par Charles Tolliver et Stanley Cowell, qui produisit parmi les plus belles pépites soul et jazz avec une soixantaine d’albums diffusés au cours de la décennie des 70’s. Des artistes aussi prestigieux que Clifford Jordan, Pharoah Sanders, Shirley Scott et Bill Lee, le père de Spike Lee, furent embarqués dans l’aventure Strata East, une aventure marquée par une double recherche : musicale (du funk au jazz, toutes les innovations étaient les bienvenues) et politique (l’émergence de l’identité afro-américaine).

C’est également sur ce label que le génial Gil Scott Heron enregistra en 1974 son album “Winter in America” et le titre “The Bottle”, qui devint un véritable hit, et propulsa temporairement Strata-East Records sur la scène médiatique.

Strata-East aura laissé son empreinte sur les années soixante-dix en dressant un panorama de la création à New York, du Rhythm X de Charles Brackeen, avec Don Cherry, Ed Blackwell et Charlie Haden, au plus soulful «In Harmony» de Weldone Irvine, sans oublier les classiques comme le saxophoniste Charlie Rouse. Des disques qui furent boudés par la frange académique de la critique lors des rééditions numériques. Seuls quelques passionnés dont les Anglais de Soul Jazz vont permettre à ce catalogue d’être en partie reconfiguré en CD.

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