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Black & Proud, la bande-son du Mouvement des droits civiques afro-américains

Au virage des années soixante, les musiciens afro-américains se mettent au diapason de la contestation. Du jazz à la soul, du funk au futur rap, ils promettent des lendemains qui détonnent. État des lieux de la bande-son du Mouvement des droits civiques.

I have a dream. » Nul n’a oublié le discours de Martin Luther King sur les marches du Lincoln Memorial de Washington D.C. Le pasteur n’était pas le seul à rêver en cette année 1963. Un autre Afro-américain montrait à sa manière la voie à suivre : le trompettiste Dizzy Gillespie signait un retentissant album intitulé Dizzy For President!

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A new perspective (Donald Byrd), pièce atypique entre jazz et gospel

A ses débuts, Donald fait son entrée dans le groupe du batteur Art Blakey et ses Jazz Messengers. Dans les années 50, il remplace Clifford Brown au sein de ce tremplin extraordinaire avec, à ses côtés, Horace Silver au piano et Lou Donaldson au saxophone. Donald Byrd
 a new perspectiveBien avant Donald Byrd a new perspective , il accompagne quelques temps le quintet de Max Roach, l’emportant peu à peu vers le courant hard bop où il croisera John Coltrane, Thelonious Monk ou Sonny Rollins.

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Caetano Veloso (C. Veloso), expression éclatante du grand chaos tropicaliste

Dès l’ouverture en arpèges descendants d’« Irene », premier titre de Caetano Veloso, mélodie évidente et lumineuse, l’on sait qu’il va s’agir d’un disque d’espoir avant tout. Ces chansons ont été écrites en pleine agitation tropicaliste, alors que Veloso et Gil, jeunes meneurs pleins d’idéaux, rêvaient de secouer les mentalités, d’infléchir les tendances culturelles de leur pays.

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Five Leaves Left (Nick Drake), folk progressif aux atmosphères sombres et mystérieuses

Malgré sa réticence pathologique à se produire en public, c’est durant l’une de ses prestations à Cambridge que Nick Drake est repéré par un membre des Fairport Convention : Ashley Hutchings qui le dirige logiquement vers son producteur Joe Boyd. Référent de la scène folk-rock britannique à l’époque, Joe Boyd produit alors Fairport Convention mais aussi l’Incredible String Band.

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Revolver (The Beatles), en avance d’un temps sur le reste du monde

En 1966, les Beatles, déjà au sommet de leur créativité et popularité, publient ‘Revolver’, leur septième album. Et révolutionnent le rock, tout simplement. The Beatles Revolver. Annus mirabilis, 1966 ? Pour les Beatles, en tout cas, l’année où tout bascule, à la fois intimement et artistiquement ; l’année où, par leur entremise – et celle de Bob Dylan ou des Beach Boys –, le rock entre pour de bon dans l’âge adulte. La fin d’une époque aussi, marquée par l’innocence, la joie toute simple de mordre à pleines dents dans le succès.

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Electric Ladyland (The Jimi Hendrix Experience), ou la croisière d’un Capitaine Nemo psychédélique

Au cours de l’année 1967, l’Experience mené par Hendrix a donné pas moins de 255 concerts en Europe et aux Etats-Unis et enregistré deux albums. Are You Experienced et Axis: Bold As Love. Or, 1968 s’annonce sous les mêmes auspices. Pour tenir le coup, le groupe a recours à une multitude de drogues. Au point que le batteur Mitch Mitchell se promène en permanence avec une mallette compartimentée dans laquelle on trouve des amphétamines, des somnifères et du speed. Pris dans cette spirale, Jimi disjoncte.

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Tropicalia ou Panis et Circencis, étendard flamboyant du mouvement tropicaliste

En 1968, l’album Tropicalia est l’étendard flamboyant du mouvement tropicaliste, qui prône en musique une révolution culturelle et sociale au Brésil.

En 1968, la révolution est mondiale. Pas seulement chez les petits-bourgeois du Quartier latin, pas seulement parce que les Beatles la chantent ou que les Tchécoslovaques, un bref instant, s’offrent l’espoir d’un nouveau Printemps.

A des milliers de kilomètres de là, dans quelques-uns de ces pays qu’on dit du Tiers Monde, politique et musique bouillonnent aussi, et les oreilles s’ouvrent avidement à ce qui se passe en Angleterre et sur la côte Ouest des Etats-Unis. C’est le cas au Brésil, qui a bien besoin de nouveauté.

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Dusty Springfield, une diva complexe… et complexée

Mary Isobel Catherine Bernadette O’Brien, Londonienne, est née de parents irlandais en 1939, décédée du cancer en 1999. En tant que membre des Lana Sisters, elle enregistre quelques singles et même quatre 78 tours à partir de 1958 puis devient Dusty Springfield en 1960, enregistrant avec son frère Dion O’Brien rebaptisé Tom Springfield.

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Bonnie and Clyde (Serge Gainsbourg/Brigitte Bardot), une ode à la modernité pop

Quand l’été de l’amour frappe à la porte de Serge Gainsbourg, compte tenu du fait que le gars se réveille rarement avant 3 h de l’après-midi, nous présumerons que nous sommes dans les alentours de 17 h 30. Nous sommes, par ailleurs, le vendredi 2 juin 1967, jour de la Sainte-Blandine, une jeune fille jadis dévorée par les lions, comme le sieur Gainsbourg l’avait été par des bergers allemands pour les besoins d’un péplum de série B, sorti une demi-douzaine d’années plus tôt.

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Blue (Joni Mitchell), harmonies virginales et poésie désabusée

Après ses trois premiers albums, Joni Mitchell éprouve le besoin de prendre de la distance vis-à-vis d’un succès aussi croissant qu’angoissant. Elle témoignera quelques années plus tard au sujet de ce sentiment d’insécurité : « A l’époque, je me sentais sans défenses, comme l’emballage de cellophane d’un paquet de cigarettes, comme si je n’avais plus aucun secret pour le monde. Je n’étais ni forte ni heureuse. »

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Abbey Road (The Beatles), l’ultime opus des Fabs four

Sur la pochette, pas de titre ni de nom de groupe. Kosh, le directeur artistique qui a orchestré ce visuel légendaire, a justifié son choix lors d’une interview pour la BBC en 2009, à l’occasion du quarantième anniversaire de la sortie The Beatles Abbey Road : “Je leur ai assuré qu’on n’avait pas besoin d’écrire le nom du groupe sur la pochette. Ils étaient le groupe le plus célèbre du monde, après tout.

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Dream Letter, Live In London (Tim Buckley), un jazz-folk aussi lyrique qu’expérimental

Après deux disques, Tim Buckley (1966) et surtout Goodbye And Hello (1967), qui firent de lui une des grandes figures du folk post dylanien, le jeune californien Tim Buckley, à la voix exceptionnelle, commence à faire parler de lui outre-Atlantique, entraînant la BBC à diffuser le premier concert de l’artiste sur le sol britannique, le 1er juillet au Queen Elizabeth Hall de Londres.

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Recital na Boite Barroco (Maria Bethania), une nymphe un brin sorcière

Ce disque présente un concert enregistré à Sâo Paulo en pleine vague tropicãlia, sans en avoir la moindre des caractéristiques.Même l’impudique pochette ne doit rien au fantasque ou à la légèreté des hippies, mais plutôt à l’idée – plus littéraire – que l’on peut se faire d’une nymphe un brin sorcière, au regard plus grave que suave. Cet imaginaire, Bethânia le met au service de son chant ombrageux et exigeant.

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Hot Rats (Frank Zappa), assaut instrumental débarrassé de toute scorie potache

Si Miles Davis est l’instigateur du jazz fusion, Frank Zappa est son pendant rock. Le guitariste n’a jamais caché son ambition de créer une musique originale, mêlant les genres.Une étape dans ce sens est atteinte par l’artiste avec la parution du double album de The Mothers Of Invention, Uncle Meat, plongée profonde dans ses influences jazz et classiques. À partir de cet album, Zappa ne se contente plus de citer des passages d’œuvres qui l’ont marqué, il trouve sa propre voie et développe une technique de composition personnelle qui aboutit à Frank Zappa Hot Rats.