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La B.O. de Roy Budd Get Carter, objet de culte certifié

Get Carter (La loi du Milieu) est un de ces films dits cultes qui semblent être avant tout parlants pour une génération donnée dans un pays donné : un film respirant l’Angleterre à chaque moment, une « anglicité » – ici populaire et sordide – inimitable. Passé un peu inaperçu à sa sortie en 1971, Get Carter est devenu trésor national britannique au milieu des années 90. La bande sonore tout aussi culte signée Roy Budd met en avant les bruits d’ambiance et la présence éparse de thèmes lancinant et minimalistes.

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B.O. de Bullitt, quand Lalo Schifrin hisse les canons du scoring thématique

La bande originale de Bullitt, petit thriller policier parano de Peter Yates dont l’histoire retiendra surtout la prestation de Steve McQueen, est un modèle de raffinement mélodique, rythmique et harmonique. L’œuvre de Lalo Schifrin emprunte aussi bien au jazz qu’à la pop music, au blues qu’à la musique brésilienne. Avec cette bande son, Lalo Schifrin hisse les canons du scoring thématique et place haut la barre pour les B.O. à venir.

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Travessia (Milton Nascimento), voyage au travers d’un Brésil loin des stéréotypes

Enregistré en 1967 avec le Tamba Trio, une formation carioca aux concepts novateurs, le premier album du chanteur, Travessia, marque les esprits. Avec Edu Lobo notamment, et parallèlement au Tropicalisme des Bahianais Gilberto Gil et Caetano Veloso, Milton contribue à définir la Musique populaire brésilienne (MPB) en convoquant non seulement les esthétiques urbaines (samba, bossa nova) mais aussi celles des campagnes nordestines et des forêts amazoniennes, tout en dialoguant constamment avec la poésie contemporaine – Fernando Brant est son fidèle parolier.

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Os Afro Sambas (Vinicius de Moraes, Baden Powell), tandem idyllique de la MPB

En 1962, Baden fait la connaissance de celui qu’on surnommera très vite son «père spirituel», Vinicius de Moraes. De bossas novas en afro sambas, Vinicius et Baden forment peut-être le tandem le plus réussi de la musique populaire brésilienne. Leur relation très forte, passionnelle, est toujours guidée par le seul désir de faire de la musique vraie, pure.

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Dave Pike Set Masterpieces, du free jazz à la world music

Longtemps partenaire du flûtiste Herbie Mann, Dave Pike a également joué avec Bill Evans, Paul Bley, Kenny Clarke. Issu du bebop, il explore différentes voies du jazz, se liant aussi bien avec la musique latine qu’avec l’avant-garde. Son album, The Doors of Perception, enregistré en 1966, retrace en musique les expériences décrites par Aldous Huxley dans son livre éponyme. Conservé sur les étagères d’Atlantic pendant plusieurs années avant de sortir sur le label Vortex, ce disque précipite le départ pour l’Europe du vibraphoniste. Il signe alors chez MPS et poursuit en Europe une carrière très ouverte, du free jazz à la world music.

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Bob Dylan Highway 61 revisited, surréaliste et débordant d’énergie blues brute

Il faut remonter à la première du Sacre du printemps de Stravinsky, qui avait provoqué une émeute en 1913 au Théâtre des Champs-Élysées, pour trouver le genre de controverse qui a explosé lorsque Bob Dylan a branché sa guitare le 25 juillet 1965 au Festival de Newport. Mais les huées des puristes de la folk devaient disparaître parmi les acclamations qui se sont élevées lorsque Dylan sorti Highway 61 revisited, un mois plus tard.

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Blonde On Blonde (Bob Dylan), le son sauvage du mercure

A  l’automne 1965, Dylan, dont les disques se vendent alors comme des petits pains (au mois de mai, il a classé pas moins de trois albums – Bringing It all Back Home, The Freewheelin’ et The Times They Are A-Changin’ – dans le Top 10), se met à composer les premiers morceaux de ce qui plus tard constituera Blonde on Blonde.

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Rosemary’s baby (Krzysztof Komeda), pinacle de la collaboration Polanski Komeda

Tout le monde connaît Krzysztof Komeda…sans le savoir. Oui, tout le monde a vu Rosemary’s baby, ou presque. Mais peux connaissent l’auteur de l’intrigante musique du film de Polanski, la berceuse du générique susurrée par une sensuelle voix féminine, n’était autre que le taciturne et charismatique Komeda, Polonais d’origine, venu à Hollywood à la demande de son grand ami et déjà star Roman Polanski.

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Rides again (The James Gang), chef d’œuvre bicéphale

Après un premier album au succès mitigé, Fox, Walsh et Peters – The James Gang- retournent sans tarder en studio en novembre 1969. C’est au Record Plant de Los Angeles, studio d’enregistrement ultra moderne et toujours sous la houlette de Bill Szymczyk, que nos compères gravent ce chef d’œuvre bicéphale, une première partie électrique et une seconde semi-acoustique.

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Bande originale de West Side Story, l’œuvre lyrique magistrale de Leonard Bernstein

L’idée de départ de West Side Story revient au chorégraphe Jerome Robbins qui souhaite faire une adaptation contemporaine de Roméo et Juliette dans les quartiers du Lower East Side de New York intitulé « East Side Story ». L’action se tiendrait au moment de la Pâque juive et catholique : les Montaigus seraient les catholiques, les Capulets, les juifs. » Mais le projet en reste là, Bernstein, Laurents et Robbins étant pris ailleurs.

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Black & Proud, la bande-son du Mouvement des droits civiques afro-américains

Au virage des années soixante, les musiciens afro-américains se mettent au diapason de la contestation. Du jazz à la soul, du funk au futur rap, ils promettent des lendemains qui détonnent. État des lieux de la bande-son du Mouvement des droits civiques.

I have a dream. » Nul n’a oublié le discours de Martin Luther King sur les marches du Lincoln Memorial de Washington D.C. Le pasteur n’était pas le seul à rêver en cette année 1963. Un autre Afro-américain montrait à sa manière la voie à suivre : le trompettiste Dizzy Gillespie signait un retentissant album intitulé Dizzy For President!

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Five Leaves Left (Nick Drake), folk progressif aux atmosphères sombres et mystérieuses

Malgré sa réticence pathologique à se produire en public, c’est durant l’une de ses prestations à Cambridge que Nick Drake est repéré par un membre des Fairport Convention : Ashley Hutchings qui le dirige logiquement vers son producteur Joe Boyd. Référent de la scène folk-rock britannique à l’époque, Joe Boyd produit alors Fairport Convention mais aussi l’Incredible String Band.

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Electric Ladyland (The Jimi Hendrix Experience), ou la croisière d’un Capitaine Nemo psychédélique

Au cours de l’année 1967, l’Experience mené par Hendrix a donné pas moins de 255 concerts en Europe et aux Etats-Unis et enregistré deux albums. Are You Experienced et Axis: Bold As Love. Or, 1968 s’annonce sous les mêmes auspices. Pour tenir le coup, le groupe a recours à une multitude de drogues. Au point que le batteur Mitch Mitchell se promène en permanence avec une mallette compartimentée dans laquelle on trouve des amphétamines, des somnifères et du speed. Pris dans cette spirale, Jimi disjoncte.

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Blue (Joni Mitchell), harmonies virginales et poésie désabusée

Après ses trois premiers albums, Joni Mitchell éprouve le besoin de prendre de la distance vis-à-vis d’un succès aussi croissant qu’angoissant. Elle témoignera quelques années plus tard au sujet de ce sentiment d’insécurité : « A l’époque, je me sentais sans défenses, comme l’emballage de cellophane d’un paquet de cigarettes, comme si je n’avais plus aucun secret pour le monde. Je n’étais ni forte ni heureuse. »

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Getz/Gilberto (Stan Getz & João Gilberto), mètre étalon mondial de la bossa nova

Succès et qualité sont comme le Soleil et la Lune : ils se courent après sans jamais se rencontrer, sauf, lors de rares éclipses.Tel est le cas de Getz Gilberto, un beau disque dont le succès commercial doit beaucoup à un concours de circonstances et à quelques malentendus.Au printemps 1961, le gouvernement américain donna un coup de pouce au destin du label Verve et contribua même à changer la face du jazz moderne, en envoyant le guitariste Charlie Byrd en Amérique du Sud dans le cadre d’une tournée diplomatique.

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Gris-gris (Dr John), créature primitive du bayou et apparition de mardi gras

On peut remercier Sonny & Cher pour ce personnage historique du funk de La Nouvelle-Orléans. Alors qu’ils filment une émission de télévision à l’automne 1967, le duo fait don à l’un de ses musiciens de studio d’une partie du temps d’enregistrement qu’il a réservé : c’était Malcolm Robert Rebennack, pianiste et guitariste itinérant de la Nouvelle-Orléans.

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B.O. de « l’affaire Thomas Crown » (Michel Legrand), presque un film musical

« J’arrivais en Amérique dans le but de vivre de nouvelles aventures après dix ans de cinéma français avec la Nouvelle vague ». Quatorze ans après ses débuts de compositeur pour l’image avec les Amants du Tage (1954) d’Henri Verneuil, Michel Legrand, encore auréolé du formidable succès des Parapluies de Cherbourg et des Demoiselles de Rochefort, se donne le challenge de l’Amérique.

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Easy Rider, bande-son psyché pour biker movie contemporain

Tourné sans méthode, monté sans respect des règles en vigueur à Hollywood, Easy Rider est un objet radicalement nouveau dans le paysage cinématographique américain. Ce n’est pas le premier film à annoncer le Nouvel Hollywood (Bonnie and Clyde, Le Lauréat), mais ils ont été réalisés par des cinéastes façonnés par le système hollywoodien, qui connaissent par cœur les règles qu’ils enfreignent.

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A Love Supreme (John Coltrane), véritable hymne de louanges au Créateur

Lorsqu’en décembre 1964, le saxophoniste est entré en studio avec le pianiste McCoy Tyner, le bassiste Jimmy Garrison et le batteur Elvin Jones, il s’était sorti depuis longtemps de son addiction aux drogues. Ce quartette a alors acquis la réputation d’être l’un des ensembles les plus innovants du jazz. Chacun de ses spectacles s’apparentait à une incursion dans l’inconnu, dans l’inouï.

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Song for my father (Horace Silver), une musique qui résiste à l’épreuve du temps

Avec ses grooves enivrants et ses thèmes exotiques, “Song For My Father” est devenu l’un des grands classiques de Blue Note, au même titre que “The Sidewinder” de Lee Morgan. Horace Silver en commence d’ailleurs l’enregistrement la même année, en 1963, soit presque une décennie après les fameux concerts au Birdland et au Bohemia avec Art Blakey qui les désignèrent tous deux comme les inventeurs du hard bop.

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Songs Of Experience (David Axelrod), diptyque hommage au poète William Blake

Aussi torturé que celui d’un Todd Rundgren, le génie protéiforme de David Axelrod n’avait pas son pareil dans les années soixante et soixante-dix quand il s’agissait d’arranger ses contemporains.Les Electric Prunes en témoignent au travers de leur album le plus bigarre, une espèce de messe en latin dont un morceau servirait de fond sonore à la scène de trip sous LSD dans le film Easy Rider.