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Dave Pike Set Masterpieces, du free jazz à la world music

Longtemps partenaire du flûtiste Herbie Mann, Dave Pike a également joué avec Bill Evans, Paul Bley, Kenny Clarke. Issu du bebop, il explore différentes voies du jazz, se liant aussi bien avec la musique latine qu’avec l’avant-garde. Son album, The Doors of Perception, enregistré en 1966, retrace en musique les expériences décrites par Aldous Huxley dans son livre éponyme. Conservé sur les étagères d’Atlantic pendant plusieurs années avant de sortir sur le label Vortex, ce disque précipite le départ pour l’Europe du vibraphoniste. Il signe alors chez MPS et poursuit en Europe une carrière très ouverte, du free jazz à la world music.

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Led Zeppelin IV, riffs chromés, batteries nucléaires et hurlements de prima donna

C’est à l’automne 1971 que la nouvelle déclenche une énorme joie dans les bureaux des disques Atlantic : le quatrième album de Led Zeppelin, groupe mammouth, sortira bien avant Noël, en dépit d’un mixage long et périlleux. Mais, douche froide, lors d’une conférence de presse, l’immense Peter Grant, gargantuesque manager, lâche sa bombe : ses poulains exigent — fait sans précédent — une pochette sans nom, sans titre, sans numéro de catalogue, ni référence.

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Fun House (The Stooges), 36 minutes d’orgasme électrique #$& !!!

Deuxième album des Stooges, “Fun House” porte à son paroxysme le rock’n’roll des pionniers (Gene Vincent et Vince Taylor) tout en utilisant la technologie de l’époque (murs d’amplis, wah-wah), jetant une accolade au free-jazz et se fracassant dans la réalité d’une époque post-hippie que Iggy et ses Stooges, visionnaires, envisagent comme atroce, mais lubrique. En résumé, “Fun House” pourrait bien être tout ce que le rock’n’roll avait jamais promis, des costumes moirés d’Elvis à la montée des gangs de Detroit, 36 minutes d’orgasme électrique.

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Histoire de Melody Nelson (Serge Gainsbourg), onirique, symphonique, érotique, mythique

Après le succès de je t’aime moi non plus, Serge Gainsbourg l’avoue : il est temps de passer aux choses sérieuses. Et les choses sérieuses, c’est un concept-album comme la pop en délivre alors, de Sgt. Pepper’s (Beatles) à la Mort d’Orion (Gérard Manset) en passant par le double album Amour Anarchie de Léo Ferré. Les choses sérieuses, c’est de s’imposer à part entière comme interprète, de ne plus se disperser dans les œuvres de commande.

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There’s A Riot Goin On (Sly & The Family Stone), du funk…mélancolique

Deux ans après l’explosion multicolore Stand ! et le triomphe de Woodstock, Sylvester Stewart et sa famille inventent le funk triste. Les quarante-neuf minutes de There’s A Riot Goin’ On font figure d’épouvantail dans la production soul funk des early seventies. Largement enregistré en solo par Sly avec néanmoins des featurings non déclarés de Bobby Womack, Wah Wah Watson et Billy Preston —, le cauchemar dense et défoncé de ce disque sombre fascine presque autant qu’il effraie.

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Bande originale de Taxi driver (Bernard Herrmann), dernière œuvre du maitre

« La bande-son de ma vie était déterminée par mon environnement, c’était une cacophonie », se souvient Martin Scorsese dans Scorsese, l’émotion par la musique, le documentaire de Clara et Robert Kuperberg. Dans les films du cinéaste, cette cacophonie s’exprime au travers de bandes originales divisées en deux catégories : d’un côté, les morceaux rock qui ont imprégné sa jeunesse, notamment ceux des Rolling Stones, qui ont illustré pas moins de cinq de ses longs-métrages ; de l’autre, les scores instrumentaux (Bernard Herrmann pour la musique Taxi Driver et Peter Gabriel pour La Dernière Tentation du Christ).

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Tago Mago (Can), pierre philosophale du rock underground des 70’s

Fantastique cas d’école que celui de ce groupe allemand rassemblant des personnalités totalement dissemblables, soit deux anciens élèves de Stockhausen, Irmin Schmidt (orgue, piano) et Holger Czukay (basse) qui localisent un batteur de free-jazz excédé de ne pouvoir jouer que des polyrythmies (Jaki Liebezeit) et un jeune guitariste fou du Velvet et de Hendrix, Michael Karoli.

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Abraxas (Santana), un deuxième opus allégorique et charnel !

Encouragé par le promoteur local Bill Graham (patron du Fillmore, etc.), Santana se fait connaître localement dans un premier temps, avant d’être propulsé sur le devant de la scène du jour au lendemain, grâce à une prestation mémorable au festival de Woodstock et un premier album publié simultanément, contenant les classiques Evil Ways, Jingo et Soul Sacrifice. Un an plus tard, sous sa pochette peinte par Mati Klarwein (qui signe la même année celle de « Bitches Brew » de Miles Davis), « Abraxas » impose définitivement son stupéfiant mélange de rock, blues et salsa, ainsi que l’éblouissante virtuosité de son leader à la guitare.

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Sticky Fingers (The Rolling Stones), l’album des deux Mick

À bien des égards, Sticky Fingers marque un nouveau départ pour le groupe : c’est le premier album à paraître sur son propre label, Rolling Stones Records, et le premier enregistré avec Mick Taylor qui vient de rejoindre le groupe. Outre son jeu de guitare, il est l’artisan avec Jagger de nombreuses chansons. C’est un peu « l’album des deux Mick ».

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One Nation Under A Groove (Funkadelic), Cosmic funk et brouillard pourpre

En 1978, l’empire P-Funk est sur le point de s’écrouler sous son propre poids. La démesure de tournées homériques – l’équivalent de deux équipes de foot sur scène, atterrissages de soucoupes volantes, cachets payés directement en coke — devient dérisoire face au rouleau compresseur disco. Funkadelic One Nation Under Groove sent la fin de règne mais, en partie grâce au chèque en blanc d’un nouveau deal avec Warner, compense en démesure pure.

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B.O. d’Alain Goraguer la Planète Sauvage, référence absolue de pop psyché avant-gardistes

Manifeste SF à mi-chemin entre les résidus de la culture hippie et le surréalisme visuel de Terry Gilliam, la fable politico-humaniste de René Laloux, du point de vue de l’animation, a subi les outrages du temps. En revanche, la bande-son d’Alain Goraguer la Planète sauvage fait toujours l’objet d’un culte vivace pour toute une génération de défricheurs sonores.

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Afreaka (Demon Fuzz), étrange décoction de funk progressif made in UK !

D’abord connu sous le patronyme Skatalites (à ne pas confondre avec le groupe jamaïquain) puis Interstate Road Show, Demon Fuzz tenta d’imposer un mélange éminemment singulier, croisement entre les riffs de Black Sabbath et les cuivres de Chicago Transit Authority et Blood, Sweat & Tears. Comme Cymande, autre groupe de funk britannique tout aussi culte, Demon Fuzz possédait bien des qualités pour percer. L’histoire en voudra autrement.

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Handsworth Revolution (Steel Pulse), Reggae fusion made in Birmingham

En 1977, c’est depuis Birmingham, la capitale des Midlands, que vient la meilleure réponse de la communauté jamaïquaine aux punks londoniens. Son nom : Steel Pulse, une pulsation d’acier mise au service des riddims les mieux aiguisés. Même rage au ventre, même envie d’en découdre avec le National Front, ces enfants d’immigrés inventent une autre façon de jammer, plus rauque, plus fonk, pas moins reggae.

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Workin’ Together (Ike et Tina Turner), deux enfants terribles chauffés à blanc

En 1971, Ike & Tina proposent l’album «Workin’ Together» publié par Liberty qui va passer une dizaine de mois dans le hit-parade américain, en grimpant jusqu’à la vingt-cinquième position. Décidément rock, il contient une moitié de titres signés Ike Turner, Eki Renrut (son pseudo) et Aillene Bullock (autrement dit Tina). Le reste étant consacré à un choix de reprises impeccables dont Get Back des Beatles, Proud Mary de Creedence Clearwater Revival et Ooh Poo Pah Doo de Jessie Hill.