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Caetano Veloso (C. Veloso), expression éclatante du grand chaos tropicaliste

Dès l’ouverture en arpèges descendants d’« Irene », premier titre de Caetano Veloso, mélodie évidente et lumineuse, l’on sait qu’il va s’agir d’un disque d’espoir avant tout. Ces chansons ont été écrites en pleine agitation tropicaliste, alors que Veloso et Gil, jeunes meneurs pleins d’idéaux, rêvaient de secouer les mentalités, d’infléchir les tendances culturelles de leur pays.

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Live in La Fusa (Vinicius de Moraes, Maria Creuza, Toquinho), cosy et bouteilles de whisky

En pleine dictature militaire, pour fuir la censure et les atteintes aux libertés individuelles, certains artistes s’exilent : Chico Buarque en Italie, Caetano Veloso et Gilberto Gil en Angleterre, Geraldo Vandré un peu partout… Les maîtres de la bossa nova les avaient précédés : Carlos Lyra au Mexique, Baden Powell en France, João Gilberto et Antônio Carlos Jobim aux Etats-Unis.

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Tropicalia ou Panis et Circencis, étendard flamboyant du mouvement tropicaliste

En 1968, l’album Tropicalia est l’étendard flamboyant du mouvement tropicaliste, qui prône en musique une révolution culturelle et sociale au Brésil.

En 1968, la révolution est mondiale. Pas seulement chez les petits-bourgeois du Quartier latin, pas seulement parce que les Beatles la chantent ou que les Tchécoslovaques, un bref instant, s’offrent l’espoir d’un nouveau Printemps.

A des milliers de kilomètres de là, dans quelques-uns de ces pays qu’on dit du Tiers Monde, politique et musique bouillonnent aussi, et les oreilles s’ouvrent avidement à ce qui se passe en Angleterre et sur la côte Ouest des Etats-Unis. C’est le cas au Brésil, qui a bien besoin de nouveauté.

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Força bruta (Jorge Ben), ni politisé ni conformiste

En 1964, un coup d’Etat instaure une dictature militaire au Brésil. Face à la censure, à l’exil forcé, aux emprisonnements, la musique brésilienne se polarise : d’un côté les musiciens engagés tels que Caetano Veloso, Chico Buarque ou Gilberto Gil ; et de l’autre la musique commerciale et naïve de la  » Jovem Guarda « , du ié-ié-ié, représentée par Roberto Carlos, Erasmo Carlos et Wanderléa.

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Recital na Boite Barroco (Maria Bethania), une nymphe un brin sorcière

Ce disque présente un concert enregistré à Sâo Paulo en pleine vague tropicãlia, sans en avoir la moindre des caractéristiques.Même l’impudique pochette ne doit rien au fantasque ou à la légèreté des hippies, mais plutôt à l’idée – plus littéraire – que l’on peut se faire d’une nymphe un brin sorcière, au regard plus grave que suave. Cet imaginaire, Bethânia le met au service de son chant ombrageux et exigeant.

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Clube da Esquina (Milton Nascimento & Lô Borges), un songwriting coloriste et mystique

C’est l’histoire d’un groupe d’amis qui rentre dans l’Histoire par le truchement d’un double album Clube da Esquina rempli de futurs classiques.Les chansons de Clube da Esquina, écrites par le duo Borges/Nascimento – représenté par deux gamins des rues sur la pochette – sont mises en son par une équipe dont presque chaque membre deviendra un musicien recherché.Ces mineiros (habitants du Minas Gerais, région située à l’ouest de Rio) prennent ici le risque de concevoir leur songwriting sous un angle coloriste et mystique, à l’image de leur aîné Edu Lobo.

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Construção (Chico Buarque), l’antépénultième syllabe du vers

S’il est un samba sans rédemption, c’est dans Construção qu’il faut le chercher… Chico Buarque n’avait nullement l’intention de chanter le drame, la mort et la fuite, quand il se présenta au public avec « A Banda » en 1966 – succès qui fut même repris par Dalida – dont le style réaliste fit de son auteur l’un des plus fiers représentants de la MPB.

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Elis Regina & Tom Jobim, quand les solitudes de deux monstres sacrés se croisent

Elis & Tom est le témoin d’une rencontre au sommet, rêvée par Elis Regina avant de devenir réalité, celle du duo tendre de deux monstres sacrés dont les solitudes se croisent.Philips, pour fêter les dix ans de contrats avec sa poule aux œufs d’or, offre à Elis de s’envoler pour la Californie y retrouver Tom Jobim, qui vit alors aux États-Unis.Deux semaines au studio MGM, à Los Angeles, pour des sessions dirigées par nul autre que son mari, César Camargo Mariano, dont la carrière solo ou au sein de trios de jazz est déjà bien remplie.

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Acabou Chorare (Os Novos Baianos), une fraîcheur et un enthousiasme contagieux

Au départ, les Novos Baianos se posent dans la droite lignée des tropicalistes, alors en exil : guitares bourdonnantes, psychédélisme enjoué et orchestral. Jusqu’à ce qu’un visiteur pour le moins étonnant vienne frapper à la porte de leur communauté hippie dans la Zona Sul de Rio. Son nom: Joao Gilberto, co-inventeur de la bossa nova et légende nationale.

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João Gilberto (João Gilberto), quintessence de la bossa nova

Après son divorce, Joao Gilberto se partage entre le Mexique (où il réside deux années) et les Etats-Unis, donnant beaucoup de concerts, mais n’enregistrant qu’en de rares occasions. Il entame une vie commune avec Miúcha, sœur de Chico Buarque, avec laquelle il aura un enfant nommé Bebel. Mais cette décennie est surtout propice à échafauder la légende de Joao Gilberto, mythe d’une star capricieuse annulant concerts et interviews au dernier instant, à qui on pouvait tout pardonner grâce à sa capacité de magnifier des chansons usées jusqu’à la corde, comme « Bésame Mucho ».

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Arthur Verocai (Arthur Verocai), quand le Hip-Hop exhume un géant endormi

En 1972, la dictature militaire bat son plein au Brésil, gardant une main ferme sur la création artistique. Cette même année, un jeune guitariste sort un premier album éponyme : Arthur Verocai, qui va défier à la fois les conventions musicales de l’époque et la censure.Si la musique d’Arthur Verocai – homme de l’ombre des studios à la manœuvre derrière certains disques de Jorge Ben, Tim Maia, Elis Regina et Elizeth Cardoso – n’avait pas été échantillonnée par des rappeurs comme Madlib ou MF Doom, son unique disque serait peut-être resté ce « géant endormi », comme il le qualifiait lui-même.

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Expresso 2222 (Gilberto Gil), train d’enfer vers un futur meilleur

Avril 1972. Gilberto Gil est euphorique: il est de retour au pays triomphalement accueilli, et quand il se rend au studio Eldorado de Sao Paulo, il a bien l’intention de laisser libre cours à son talent inné pour l’improvisation mélodique.Revenu d’Angleterre des rêves plein la tête, il entreprend de tout célébrer d’égale manière: l’Angleterre et l’Afrique – sa future muse géographique, avec la Jamaïque de Bob Marley -, Rio et Bahia, comme la chanson-titre l’évoque, à travers l’image de cet Expresso 2222, train d’enfer qui le mènerait, lui et les siens, vers un futur meilleur, depuis le petit tramway poussif de la favela, depuis les bleds perdus de sa terre natale de Bahia, jusqu’à ce troisième millénaire qu’il rêve mystique et ensoleillé.