The Temptations Psychedelic Shack

The Temptations Psychedelic Shack – Enregistré entre novembre 1969 et février 1970 – Hitsville USA, Detroit – Motown
De 1962 à 1967, sous la tutelle de son mentor Smokey Robinson, la première incarnation des Temptations fut à la Motown l’équivalent masculin des Suprêmes. C’est-à-dire un groupe noir enquillant les tubes basés sur le doo-wop et les ballades acidulées, typiques du meilleur de la soul que mettait alors en boîtes Berry Gordy.

Au diapason d’irrésistibles chorégraphies parfaitement millimétrées, leurs morceaux faisaient le bonheur d’un public gourmand, au point qu’il en redemandait comme s’il s’était agi de friandises.


The Temptations Psychedelic Shack

A partir de 1968, Norman Whitfield et les Temptations publient une série de singles beaucoup plus engagés socialement. Le son du groupe prend une orientation plus rock et psychédélique avec le single Cloud Nine, dans la lignée des explorations sonores de Sly Stone, dont Whitfield dissèque les moindres sorties afin de créer le psychédélisme soul.

Cloud Nine ouvre la boîte de Pandore des nouvelles productions noires. D’lsaac Hayes à Curtis Mayfield, nombreux sont ceux qui suivent la direction montrée par Whitfield.

The Temptations Psychedelic Shack
The Temptations Psychedelic Shack

Encouragé par le succès de ses productions, à commencer par le triomphe de Heard It I Through The Grapevine, Whitfield se lance dans une épopée aventureuse de la grande musique noire en Cinémascope. Les cinq voix du groupe sont désormais mises au premier plan, sans soliste privilégié. Whitfield insuffle un caractère organique et mordant, absent de la plupart des productions Motown plus enclines à servir de bande son à la jeune Amérique qu’à incarner la conscience de l’Amérique noire.

Étonnamment, et grâce au talent de producteur avisé de Norman Whitfield, les Temptations négocieront très bien le tournant psychédélique des années soixante, à la différence des Four Tops et des Miracles par exemple, qui préférèrent demeurer fidèles aux Tables de la Loi de la soul music à l’ancienne.

The Temptations Psychedelic Shack
The Temptations Psychedelic Shack

Par la brèche qu’annonçait l’album Wish It Could Rain et ses bruitages concrets sapant des arrangements ouatés. Cloud Nine verra le jour et ouvrira en grand la porte à des réalisations plus sensibles à la révolte qui couvait alors qu’aux chansons d’amour.

Au terreau sentimental, et à son romantisme entre-temps devenu incongru, succédera donc un intérêt réel pour les luttes civiques et sociales, en accord avec ce que trameront de leur côté Sly Stone et les Impressions de Curtis Mayfield.

Au point que les Temptations reprendront à leur compte le slogan Am Black and Am proud de James Brown, se positionnant dans le mouvement contestataire du Black Power sans oublier les dérives psychotropes allant avec — à ce titre l’album Psychedelic Shack marque sans conteste leur « extension du domaine de la lutte ».

The Temptations Psychedelic Shack
The Temptations Psychedelic Shack

Dès lors, rien ne sera plus comme avant, et c’est à cette époque, de 1968 à 1973 – leur âge d’or? -, que seront abordés en chansons la discrimination, le désordre social et même le Vietnam, répondant aux émeutes raciales et aux bombes au napalm sans se départir d’une image de marque d’une incroyable élégance.

À partir de 1975, coïncidant avec le départ de Norman Whitfield, le début de la dégringolade commença pour les Temptations. Très dure fut leur chute, dont l’allure de descente aux enfers sera racontée par Hollywood, avec force détails.

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CREDITS The Temptations Psychedelic Shack :

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