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Tony Visconti raconte “Electric Warrior”

Never love alone
Tony Visconti raconte “Electric Warrior” Posted on 7 septembre 2012Leave a comment
Never love alone

(…) Le jour suivant, Barbara a assisté à toute la séance à Media Sound au cours de laquelle nous avons enregistré Jeepster et Monolith, et débuté ainsi l’album Electric Warrior. Le studio était énorme avec une grande scène pour enregistrer des musiques de films. Le groupe occupait toute la pièce et on s’est dit que c’était vraiment le pied d’enregistrer à New York. On peut entendre la réverbe naturelle du studio dans l’intro de Jeepster lorsque Marc, qui portait des platform shoes, tape vigoureusement du talon sur le sol. Ce jour-là l’atmosphère était particulièrement électrique : avec deux tubes sous la ceinture et en pleine tournée américaine, on se sentait comme des héros. Marc avait tendance à ne pas mettre de sous-vêtements et pendant une prise de Jeepster particulièrement déchaînée, la couture de son pantalon en satin vert pâle a lâché, dévoilant ses fesses. Nullement intimidé, il a enlevé son pantalon et l’a tendu à Barbara qui, justement, avait sur elle un nécessaire à couture. Le temps qu’elle répare les dégâts, Marc s’est appuyé contre le piano et nous a tourné le dos, nu comme un ver à partir de la taille (…)

© Extrait de l’autobiographie de Tony Visconti

(…) A l’origine, j’étais venu à New York pour voir mes parents, mais les séances à Media Sound se sont tellement bien passées que Marc m’a demandé si je voulais l’accompagner à Los Angeles pour qu’on enregistre d’autres chansons. L’idée était de retrouver Flo & Eddie qui devaient nous réserver un studio. Je n’avais pas assez d’argent pour emmener Liz avec nous (on vivait encore au jour le jour), et elle est restée chez mes parents. Débarquer à Los Angeles à la fin de l’hiver m’a procuré des sensations inédites. Généralement, il fait froid en mars-avril et je me retrouvais en train de marcher sur Sunset Boulevard, en tee-shirt et avec des lunettes de soleil sur le nez.

Avant d’aller en studio, nous avons répété les nouvelles chansons chez Howard « Eddie » Kaylan, dans sa maison de Laurel Canyon. Toutes les fenêtres et les portes étaient ouvertes, et on pouvait sentir les orangers qui entouraient sa piscine. C’était la première fois que je rencontrais quelqu’un avec une piscine dans son jardin. Mickey Finn et Steve Currie se sont amusés à reproduire une fusillade au ralenti que j’ai immortalisée avec ma caméra super 8 avant de retourner à l’intérieur de la maison pour travailler les chœurs de Get It On, une nouvelle chanson. Se retrouver à répéter dans cette maison de rêve, près d’une piscine privée, avait un côté surréaliste. Marc était un songwriter prolifique. Il avait un gros cahier d’écolier rempli de textes de chanson et d’accords de guitare. Au début d’un album, il l’ouvrait et quand on avait enregistré assez de morceaux, disons dix-sept, il le refermait. Get It On n’était qu’une chanson parmi la bonne cinquantaine qu’il avait dans son cahier à ce moment-là. La première fois que je l’ai entendue, la veille du jour où nous l’avons enregistrée, j’ai su que c’était un tube.

Le lendemain, on a roulé des kilomètres et des kilomètres (ce qui est typique des déplacements à Los Angeles) pour nous rendre aux studios Wally Heider et enregistrer Get lt On. Avec notre teint de cachet d’aspirine entretenu à Londres la grise, on avait du mal à supporter le soleil. Rik Pekkonen, notre ingénieur du son dont j’avais vu le nom sur de nombreuses pochettes de disque, était très efficace et impatient. Nous avons enregistré toutes les prises en une soirée, chœurs de Flo & Eddie compris. On savait qu’on tenait là notre prochain single (…)

© Extrait de l’autobiographie de Tony Visconti

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