U.F.O. (Jim Sullivan), mythe d’un artiste évaporé

En 2010, le label de Seattle Light in the Attic, spécialisé dans la réédition d’albums injustement méconnus, tire de sa torpeur le premier LP d’un certain Jim Sullivan, dont le destin tragique et les légendes urbaines qui y sont associées en font un auteur-compositeur culte. Avec ses dix titres, U.F.O. enregistré à l'origine en 1969, récits spirituels folk-rock un brin psychédéliques, Sullivan aurait pu accéder à la gloire mais la vie en a décidé autrement, et la sienne fut de courte durée.

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Hot Rats (Frank Zappa), assaut instrumental débarrassé de toute scorie potache

Si Miles Davis est l’instigateur du jazz fusion, Frank Zappa est son pendant rock. Le guitariste n’a jamais caché son ambition de créer une musique originale, mêlant les genres. Une étape dans ce sens est atteinte par l’artiste avec la parution du double album de The Mothers Of Invention, Uncle Meat, plongée profonde dans ses influences jazz et classiques.

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Pink Moon (Nick Drake), l’album dépouillé qui tire le rideau

Nick Drake enregistra son dernier album en quelques nuits, envoya les bandes à Island et se fit interner dans un hôpital psychiatrique. Si la musique était aussi sombre que les textes, l'album serait tout simplement inécoutable. Mais la voix rassurante et la guitare dépouillée de Drake exaltent la tendresse surnaturelle de « Pink Moon ».

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B.O. de Midnight Cowboy (John Barry), ballade tragique de Joe Buck et Rico Rizzo

Sorti sur les écrans la même année qu’Easy Rider, Midnight Cowboy a marqué l’histoire du cinéma en étant le premier film classé X à recevoir l’oscar du meilleur film. L'histoire de deux losers rêveurs, Joe Buck, cow-boy benêt qui monte à New York pour vendre ses charmes aux riches bourgeoises frustrées et Rico, arnaqueur à la petite semaine qui le prend sous son aile. Terrain de jeu inhabituel pour le compositeur, John Barry signe une bande sonore soignée, cordes luxuriantes, cuivres, nappes de synthé Moog et un harmonica lancinant de Toots Thielemans.

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Much Les (Les McCann), une soul jazz lâche et inspirée

Passé un peu inaperçu à sa sortie, éclipsé par le monumental « Swiss Movement » sorti la même année, sur lequel figure le saxophoniste Eddie Harris, « Much Les » se distingue de la discographie de McCann par son style soul jazz accompagné d'une subtile section de cordes qui fournit la saveur dominante de l’album. La ballade quasi mystique « Benjamin » n’aura pas échappé aux rappeurs marseillais IAM, samplée sur « C'est donc ça nos vies », titre de la B.O. de MaCT va craquer.

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Easy Rider, bande-son psyché pour biker movie

Filmé avec deux bouts de ficelle, tourné sans méthode, monté sans respect des règles en vigueur à Hollywood, Easy Rider est un objet radicalement nouveau dans le paysage cinématographique américain à sa sortie en 1969. Film d’une génération, entre flower power et contestation dure, road-movie baigné de musique pop, sa réputation n’a cessé de grandir. Si certains aspects ont mal vieilli, le meilleur réside dans sa forme et une bande sonore mythique, mélange d’acid rock, de bluegrass lysergique et de country rock pastorale.

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Il était une fois dans l’Ouest (Ennio Morricone), hommage vibrant à l’Ouest américain sauvage

Western-opéra s’étirant sur près de trois heures, le film de Sergio Leone, Il était une fois dans l’Ouest doit son succès autant à sa musique qu’à son image. Articulée autour des protagonistes du film, la bande sonore signée Ennio Morricone est, au travers de 13 titres, le plus bel hommage musical qui puisse être rendu au Western. Lyrisme, violence et romantisme sont finement liés dans une interprétation de haute tenue par les fidèles musiciens du Maestro.

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Hot Buttered Soul (Isaac Hayes), œuvre révolutionnaire de soul symphonique

Paru en 1969 chez Stax, Hot Buttered Soul, dont le nom est inspiré d'un cocktail jamaïcain (Hot Buttered Rhum), constitue une étape décisive dans l'évolution de la musique noire américaine. A l'instar de nombreuses œuvres révolutionnaires, Hot Buttered Soul surgit grâce à un concours de circonstances des plus improbables.

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Je m’voyais déjà (Charles Aznavour), l’essence de son répertoire classique

Les années 50 fêtent Trenet, Brassens, Bécaud, Brel ou Montand, et si le nom de Charles Aznavour commence à se faire remarquer, il n’est pas encore une vedette à part entière. Contrairement aux chanteurs précités, il n’arrive pas à faire émerger sa personnalité. Pour lui, le parcours va être long et difficile, comme si une sorte de sixième sens le lui inspirait.

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Bande sonore du Mépris (George Delerue), répétitive, obsédante et désespérée

En 1963, Godard plane haut sur le cinéma mondial. Le compositeur George Delerue, lui, élève de Darius Milhaud, est demandé partout, de l'écran à la scène où il vient d'accompagner les adieux de Jean Vilar. Leur géniale collaboration est un coup du hasard (l'annulation d'une commande) et donnera naissance à l’une des partitions les plus connues du compositeur. Le thème de Camille, repris par Martin Scorsese dans son film ‘’Casino’’, est à inscrire au panthéon des musiques de film.

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Album Branco (Caetano Veloso), expression éclatante du grand chaos tropicaliste

L’heure de l’exil approche mais avant, Caetano Veloso décide de sortir un dernier disque en forme de testament du tropicália. Il enregistre le squelette des chansons accompagné de Gilberto Gil à la guitare acoustique et envoie les bandes au producteur et arrangeur attitré du mouvement, Rogerio Duprat, qui les habillent pour en faire le fameux “album blanc”. Le dernier disque et sans doute le plus abouti de l’éphémère mouvement tropicália, né seulement deux ans plus tôt.

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Getz/Gilberto (Stan Getz & João Gilberto), mètre étalon mondial de la bossa nova

Succès et qualité sont comme le Soleil et la Lune : ils se courent après sans jamais se rencontrer, sauf, lors de rares éclipses.Tel est le cas de Getz Gilberto, un classique dont le succès commercial doit beaucoup à un concours de circonstances et à quelques malentendus.

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After the Gold rush (Neil Young), l’esprit de Topanga Canyon

En 69, Neil Young partage son temps entre Crosby, Stills, Nash (& Young) et, parallèlement, ses séances d’enregistrement matinales, le plus souvent en compagnie de Stephen Stills et du guitariste de Grin, Nils Lofgren, passé au piano. De ces séances paraît en septembre 1970 After The Gold Rush, troisième album solo de Neil Young. Ce disque tourmenté, qui bénéficie de l’exceptionnelle publicité octroyée par le succès de Crosby, Stills, Nash & Young, sert de miroir à toute une génération.

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Morrison Hotel (The Doors), entre blues éraillés et ballades vaporeuses

En 1969, les Doors déboussolent leurs fans en changeant leur fusil d’épaule avec The Soft Parade. Sur cet album moins viscéralement rock’n’roll, Jim Morrison ne signe que la moitié des compositions et le guitariste Robbie Krieger prend l’ascendant côté plume et étoffe même l’instrumentation du groupe californien.

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White album (The Beatles), fourre-tout grandiose aux antipodes du psychédélisme ambiant

Le 22 novembre 1968, les fab four publiaient un neuvième album double et blanc, fourre-tout grandiose enregistré dans une période de tumultes. A cette époque, les quatre font leur révolution. Pas celle des étudiants descendus dans les rues pour signifier leur ras-le-bol de ce qu’incarne les adultes. C’est avec eux-mêmes que les Beatles en décousent.

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La B.O. de Roy Budd Get Carter, objet de culte certifié

Get Carter (La loi du Milieu) est un de ces films dits cultes qui semblent être avant tout parlants pour une génération donnée dans un pays donné : un film respirant l'Angleterre à chaque moment, une "anglicité" - ici populaire et sordide - inimitable. Passé un peu inaperçu à sa sortie en 1971, Get Carter est devenu trésor national britannique au milieu des années 90. La bande sonore tout aussi culte signée Roy Budd met en avant les bruits d’ambiance et la présence éparse de thèmes lancinant et minimalistes.

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B.O. de Bullitt, quand Lalo Schifrin hisse les canons du scoring thématique

La bande originale de Bullitt, petit thriller policier parano de Peter Yates dont l'histoire retiendra surtout la prestation de Steve McQueen, est un modèle de raffinement mélodique, rythmique et harmonique. L'œuvre de Lalo Schifrin emprunte aussi bien au jazz qu'à la pop music, au blues qu'à la musique brésilienne. Avec cette bande son, Lalo Schifrin hisse les canons du scoring thématique et place haut la barre pour les B.O. à venir.

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Travessia (Milton Nascimento), loin des stéréotypes

Enregistré en 1967 avec le Tamba Trio, une formation carioca aux concepts novateurs, le premier album du chanteur, Travessia, marque les esprits. Avec Edu Lobo notamment, et parallèlement au Tropicalisme des Bahianais Gilberto Gil et Caetano Veloso, Milton contribue à définir la Musique populaire brésilienne (MPB) en convoquant non seulement les esthétiques urbaines (samba, bossa nova) mais aussi celles des campagnes nordestines et des forêts amazoniennes, tout en dialoguant constamment avec la poésie contemporaine – Fernando Brant est son fidèle parolier.

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A new perspective (Donald Byrd), pièce atypique entre jazz et gospel

A ses débuts, Donald fait son entrée dans le groupe du batteur Art Blakey et ses Jazz Messengers. Dans les années 50, il remplace Clifford Brown au sein de ce tremplin extraordinaire avec, à ses côtés, Horace Silver au piano et Lou Donaldson au saxophone.

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Os Afro Sambas (Vinicius de Moraes, Baden Powell), tandem idyllique de la MPB

En 1962, Baden fait la connaissance de celui qu'on surnommera très vite son «père spirituel», Vinicius de Moraes. De bossas novas en afro sambas, Vinicius et Baden forment peut-être le tandem le plus réussi de la musique populaire brésilienne. Leur relation très forte, passionnelle, est toujours guidée par le seul désir de faire de la musique vraie, pure.

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Dave Pike Set Masterpieces, du free jazz à la world music

Longtemps partenaire du flûtiste Herbie Mann, Dave Pike a également joué avec Bill Evans, Paul Bley, Kenny Clarke. Issu du bebop, il explore différentes voies du jazz, se liant aussi bien avec la musique latine qu'avec l'avant-garde. Son album, The Doors of Perception, enregistré en 1966, retrace en musique les expériences décrites par Aldous Huxley dans son livre éponyme. Conservé sur les étagères d'Atlantic pendant plusieurs années avant de sortir sur le label Vortex, ce disque précipite le départ pour l'Europe du vibraphoniste.

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Comme à la radio (Brigitte Fontaine), éblouissant météore sonore

En 1969, quand Brigitte Fontaine commence à concevoir Comme à la radio, elle n'est plus vraiment une jouvencelle. Agée de 30 ans, elle se fraie depuis le début des années 1960 une double voie de chanteuse et comédienne dans la jungle de la scène parisienne.

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Bob Dylan Highway 61 revisited, surréaliste et débordant d’énergie blues brute

Il faut remonter à la première du Sacre du printemps de Stravinsky, qui avait provoqué une émeute en 1913 au Théâtre des Champs-Élysées, pour trouver le genre de controverse qui a explosé lorsque Bob Dylan a branché sa guitare le 25 juillet 1965 au Festival de Newport. Mais les huées des puristes de la folk devaient disparaître parmi les acclamations qui se sont élevées lorsque Dylan sorti Highway 61 revisited, un mois plus tard.

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Blonde On Blonde (Bob Dylan), le son sauvage du mercure

A  l'automne 1965, Dylan, dont les disques se vendent alors comme des petits pains (au mois de mai, il a classé pas moins de trois albums - Bringing It all Back Home, The Freewheelin' et The Times They Are A-Changin' - dans le Top 10), se met à composer les premiers morceaux de ce qui plus tard constituera Blonde on Blonde.

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In a Silent Way (Miles Davis), tout droit vers le futur

Avec In a Silent Way, entouré par une pléiade de musiciens exceptionnels, Miles Davis intègre pour la première fois des éléments de rock et s’éloigne à jamais du jazz pur. Un ovni sidérant. Le 18 février 1969, une troupe de musiciens sort du studio d’enregistrement B. Les sentiments qui règnent chez les membres du groupe réunis pour l’occasion vont de la colère à l’incompréhension.

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Parachute (The Pretty Things), épitaphe du rock psychédélique anglais

The Pretty Things, ou l’histoire de rendez-vous manqués… Au moment où sort cet album, cinq ans après leurs débuts discographiques « The Pretty Things », un premier album composé de reprises de Rhythm’n’Blues américain, le groupe de Phil May et de Dick Taylor a déjà connu de nombreuses péripéties.

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Rosemary’s baby (Krzysztof Komeda), pinacle de la collaboration Polanski Komeda

Tout le monde connaît Krzysztof Komeda...sans le savoir. Oui, tout le monde a vu Rosemary’s baby, ou presque. Mais peux connaissent l’auteur de l’intrigante musique du film de Polanski, la berceuse du générique susurrée par une sensuelle voix féminine, n’était autre que le taciturne et charismatique Komeda, Polonais d’origine, venu à Hollywood à la demande de son grand ami et déjà star Roman Polanski.

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Rides again (The James Gang), chef d’œuvre bicéphale

Après un premier album au succès mitigé, Fox, Walsh et Peters - The James Gang- retournent sans tarder en studio en novembre 1969. C’est au Record Plant de Los Angeles, studio d’enregistrement ultra moderne et toujours sous la houlette de Bill Szymczyk, que nos compères gravent ce chef d’œuvre bicéphale, une première partie électrique et une seconde semi-acoustique.

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B.O. de un homme et une femme (Francis Lai), histoires de hasards, de ratés

La Bande originale de un homme et une femme est encore une de ces histoires de hasards, de circonstances, de ratés... En ce début des années soixante, Barouh, également comédien à ses heures joue dans une production modeste réalisée par un jeune homme, fou de cinéma et de cadrages insolites.

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