Introducing the Hardline According to Terence Trent D’Arby

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En juillet 1987, avec son premier album Introducing The Hardline According To…, Terence Trent D’Arby réalise un authentique coup de maître et grimpe au sommet des charts en Grande-Bretagne. Les critiques voient déjà en lui un nouveau Prince, comparaisons dont il a horreur. En tout cas, aucun artiste noir américain n’avait été autant chouchouté par la scène rock londonienne depuis Jimi Hendrix.

Terence Trent d’Arby, né à Manhattan en 1962 Terence Trent Howard d’une mère chanteuse de gospel, Frances Howard, et élevé par son beau-père le révérend James Benjamin Darby. Enfant prodige, chantant le gospel, il arrête la musique, le chant, la guitare et la batterie à 15 ans, se sentant oppressé et exploité par les gens autour de lui, qui décèlent son talent.

Il s’engage dans la 3e division blindée de l’armée américaine, et part, au début des 80’s, à Hanau, à vingt minutes en train de Francfort. Il y découvre le Tonight I’m Yours de Rob Stewart.

Dans un placard situé dans le camp de sa compagnie, il passe en boucle l’album, et utilise un balai en guise de micro, s’acharnant à l’idée de transformer sa voix claire et lumineuse en celle, plus déchue et rauque, de Rob Stewart. « J’avais besoin de ressembler à un homme », explique-t-il.

Ensorcelé par la musique, il va s’acheter une basse dans la première boutique qu’il trouve à Francfort. À la caisse, il entend un type demander au vendeur s’il ne connaîtrait pas un guitariste et chanteur : il se présente, passe une audition, et intègre le groupe The Touch, avec lequel il signe dans le label germanique Rigo Records, et sort, en 1984, un premier disque de funk-électro, Love On Time. Sa carrière est lancée.

« Je me considérais comme un homme en mission », affirme Sananda avec l’attitude de l’être toujours, en mémoire de ses premières expériences sur scène.

Je m’ennuyais. Pas de travail ; et le sentiment qu’en trouvant une discipline je trouverais une direction à ma vie. J’ai été muté en Allemagne, je me suis remis à chanter au sein de petits groupes locaux, et j’ai eu des contacts avec CBS Europe ; en quittant l’armée, j’ai décidé de m’installer en Angleterre, une terre beaucoup plus accueillante pour un artiste que les Etats-Unis, où l’on aurait davantage cherché à changer ma musique, et où l’on souffre encore du racisme.

Terence Trent D’Arby

Terence Trent D’Arby aka Sananda Maitreya

Au milieu des 80’s, il s’installe à Londres et signe chez Columbia, déterminé à inventer le Post-Millennium Rock, subtile tambouille héritée de la culture noire, jazz et soul afro-américaine, et de la star mâtinée des Stones : « Il faut se créer sa propre mythologie avant que d’autres ne le fassent pour toi », souligne-t-il.

Alors qu’il veut tout enregistrer de lui-même pour son premier album, mais qu’il ne connaît rien de Londres, Columbia lui impose de se trouver un producteur ; ce sera le flegmatique Martyn Ware des groupes Human League et Heaven 17. Il guide et protège un Terence Trent D’Arby magnifique, qui ne passe pas inaperçu dans les rues de Soho avec sa dégaine de rockeur, son visage poupon, et surtout, sa rage de réussir et sa passion telle que Martyn Ware le découvre chaque matin dans son studio de Londres en train d’analyser des lives de Sam Cooke.

Clarinette, clavinet, percussion, piano, saxophone baryton, à la production, à l’arrangement des cordes, et surtout au chant : Terence Trent bouillonne dans tous les sens et réalise, avec Martyn Ware, un coup de maître si inattendu qu’il est propulsé au niveau de Michael Jackson, David Bowie, George Michael et Prince.

CBS m’a fait signer sur la base de mes démos, et j’étais catégorique : je voulais produire mon propre album. Mais ils m’ont dit que je n’y connaissais rien en ingénieurs du son, en studios ou en choix de musiciens, et qu’ils allaient donc me trouver quelqu’un qui s’y connaissait. Martyn était le deuxième sur la liste. Je le connaissais pour son travail avec Human League et Heaven 17, et j’avais entendu ce qu’il avait fait avec Tina Turner et Jimmy Ruffin, alors j’avais confiance en ses goûts. Quand il m’a dit : « Je sais exactement quel disque tu veux faire, et je suis là pour te protéger pendant que tu le réalises », j’ai immédiatement su que c’était lui qu’il me fallait. Je suis très heureux que cette réédition nous ait permis de retravailler ensemble. La dynamique de notre relation est restée la même et, quoi que j’aie fait depuis, il reste mon premier et unique producteur.

Terence Trent D’Arby

Le titre Wishing Well (n° 1 aux États-Unis, n° 2 au Royaume-Uni) prouve, avec son solo de synthé captivant, que Trent D’Arby est l’ambassadeur de toutes les émotions. Derrière son univers soul se cache un lien avec la synth-pop. Son producteur, Martyn Ware, a été membre de Human League et de Heaven 17.

Chanteur et auteur-compositeur élégant, il peut exposer brillamment les deux versants de son talent artistique grâce à cet album. L’œuvre tient encore la route aujourd’hui, en dépit des arrangements en studio aux sonorités typiques des 80’s, comme l’écho sur la batterie et les sons d’époque du keyboard dans If you all get to heaven, le titre d’ouverture de l’album.

L’étouffant Sign your name, véritable démonstration du timbre flûté de D’Arby, semble appartenir à notre époque, et le chanteur fait également preuve d’une puissance vocale remarquable dans le titre a cappella As yet untitled.

Terence Trent D’Arby aka Sananda Maitreya

Sa reprise de Who’s lovin’ you des Smokey Robinson annonce le mouvement plus doux nommé R&B qui émergera dans les années 90, tandis que l’impudent Dance little sister est chanté avec autorité.

Introducing the Hardline According to Terence Trent D’Arby, bijou de pop néo-soul influencé tant par Stevie Wonder et Michael Jackson que par James Brown et le Tonight I’m Yours de Rob Stewart, se vendra à près d’un million d’exemplaires en trois jours.

Terence Trent D’Arby passe de pur inconnu à pure légende vivante ; un sex-symbol hissé à la hauteur du king de la pop, de Prince et de David Bowie. Adoubée tant par la critique que par le public, à 25 ans, sa carrière est au sommet. Il n’y remontera plus, malgré une voix se bonifiant et une série d’albums peut-être trop conceptuels ?

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CREDITS :

Terence Trent D’Arby – lead vocals (1–8, 11), backing vocals (1–7), keyboards (1, 3, 6, 7), drums (1, 7), percussion (2–7), baritone saxophone (3), acoustic piano (4, 5), clavinet (5), string arrangements (7, 9), all vocals (9, 10), all instruments (9, 10) Nick Plytas – keyboards (2, 6, 7), Hammond organ (5) Andy Whitmore – keyboards (4, 5, 8, 11) Pete Glenister – guitar (1–4, 6) Christian Marsac – guitar (4, 5, 8, 11), saxophone (11) « Blast » Murray – guitar (4, 5, 8, 11) Tim Cansfield – guitar (7) Sean Oliver – bass guitar (2, 6) Phil Spalding – bass guitar (3, 7) Cass Lewis – bass guitar (4, 5, 8, 11) Bruce Smith – drums (2, 6) Preston Heyman – percussion (1, 7), drums (3) Frank Ricotti – percussion (2, 6) Clive Mngaza – hi-hat (3), drums (4, 5, 8, 11) Ivar Ybrad – sinubla (7) Mel Collins – saxophone (5) Chris Cameron – string scoring (9) Glenn Gregory – backing vocals (1) Lance Ellington – backing vocals (2, 6) Tony Jackson – backing vocals (2, 6) Frank Collins – backing vocals (8, 11) Ebo Ross – backing vocals (8, 11)

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