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Sergio Mendes and Brasil 66, les années fastes du collectif chez A&M records

Après une première version du groupe qui échoue à gagner les faveurs du public en 1965, Sergio Mendes tient un an plus tard la formule magique faite de l’élégance sophistiquée d’arrangements à la Bacharach portée par des rythmes de bossa et de samba alors au goût du jour – sans compter qu’il vient de rencontrer l’épouse du trompettiste Herb Alpert (président du label A&M) qui chante dans sa formation. Beaucoup des morceaux joués ici seront des tubes. Leur ambiance de cocktail easy listening a plutôt bien passé l’épreuve du temps.

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Album Branco (Caetano Veloso), expression éclatante du grand chaos tropicaliste

L’heure de l’exil approche mais avant, Caetano Veloso décide de sortir un dernier disque en forme de testament du tropicália. Il enregistre le squelette des chansons accompagné de Gilberto Gil à la guitare acoustique et envoie les bandes au producteur et arrangeur attitré du mouvement, Rogerio Duprat, qui les habillent pour en faire le fameux “album blanc”. Le dernier disque et sans doute le plus abouti de l’éphémère mouvement tropicália, né seulement deux ans plus tôt.

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Perfect Angel (Minnie Riperton), deuxième EP de la soul woman dotée d’une voix aux quatre octaves

Deuxième EP de la soul woman Minnie Riperton, Perfect Angel sort en 1974. Album de platine la même année, auréolé du sublime 45-tours Lovin’ You, “Perfect Angel” est supervisé par un certain Stevie Wonder qui, non content d’endosser les habits de multi-instrumentiste et de producteur, offre deux chansons mémorables, Take A Little Trip et Perfect Angel, à celle qui venait de contribuer à son récent “Fulfillingness’ First Finale”.

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Vu de l’extérieur (Serge Gainsbourg), album de transition

Sorti en 1973, Vu de l’extérieur est à tous égards un album de transition. La vie est transitoire, Gainsbourg le sait, lui qui, quelques jours après l’enregistrement, a une crise cardiaque. Esthétiquement, cet album l’est tout autant coincé entre L’Histoire de Melody Nelson et Rock Around the Bunker, il semble hésiter entre sexe et sentiment, humour grinçant et désabusement.

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L’air de rien (Tété), candeur et élégance anglo-saxonne

Pour son premier LP, comme Chet Baker dans le jazz, Laurent Voulzy pour la variété, Tété joue de sa nonchalance, de sa décontraction naturelle, de la candeur des débuts pour restituer une ambiance apaisée teintée d’une élégance très anglo-saxonne. Voix suave, aiguë douce, flow inventif, postures de dandy, son minimaliste, arrangements d’orfèvre, influences jazzy, bluesy, soul, pop apportent une légèreté au disque. Une œuvre à ranger juste à côté du Welcome to the cruel World de Ben Harper et pas très loin d’un Otis Redding.

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Getz/Gilberto (Stan Getz & João Gilberto), mètre étalon mondial de la bossa nova

Succès et qualité sont comme le Soleil et la Lune : ils se courent après sans jamais se rencontrer, sauf, lors de rares éclipses.Tel est le cas de Getz Gilberto, un beau disque dont le succès commercial doit beaucoup à un concours de circonstances et à quelques malentendus.Au printemps 1961, le gouvernement américain donna un coup de pouce au destin du label Verve et contribua même à changer la face du jazz moderne, en envoyant le guitariste Charlie Byrd en Amérique du Sud dans le cadre d’une tournée diplomatique.

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Windows of the Mind (Billy Brooks), classique Jazz Funk seventies

De son vrai nom Julius E. Brooks, Billy Brooks est avant tout un musicien de Jazz, mais “Windows of the Mind”, unique album solo du trompettiste, flirte avec le funk. Produit par Ray Charles et interprété par des musiciens cultes (Larry Gales, Clarence Johnston, Herman Riley, Jef Lee, Calvin Keys), cet LP s’est imposé comme l’un des grands classiques Jazz Funk du début des années 70.

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Brasil (Joao Gilberto, Caetano Veloso, Gilberto Gil, Maria Bethania), rencontre inter-générationnelle

Sorti en 1981, Joao Gilberto Brasil marque la rencontre inter-générationnelle entre l’homme qui, vingt ans plus tôt, inventa la bossa nova et ses admirateurs, Veloso, Gil, Bethania, grands rénovateurs tropicalistes de la MPB. Enregistré à Rio, le répertoire de l’album est ancré dans les terres bahianaises, région d’origine de ses quatre protagonistes et puise dans les sambas du Nordeste brésilien.

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Joao Gilberto (Joao Gilberto), impressionniste jusqu’à l’évaporation

Comme souvent chez Joao Gilberto, l’innovation ne vient pas du répertoire mais de l’interprétation. Après tout, Miles Davis ne disait-il pas de lui qu’il pouvait “bien sonner même en lisant l’annuaire » ? Sur cet opus, Joao Gilberto prolonge et radicalise sa démarche, celle de l’épure de la samba, allant vers encore plus d’introspection, donnant à sa musique une dimension presque méditative.

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Sign ‘O’ The Times (Prince), album phare, écartelé entre les genres, génial et décousu

En 1986, après la sortie de Parade et la mise en boîte de sa fantaisie hollywoodienne, Under the Cherry Moon, on ne le tient plus. Il se fait construire un palais – Paisley Park – dans les environs de Minneapolis, organise une ronde incessante de musiciens autour de lui, enregistre jour et nuit. De ces sessions naitra un triple album dont le label obtiendra qu’il le condense en quatre faces : Sign o’ the Times, ultime chef-d’œuvre.

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Afreaka (Demon Fuzz), étrange décoction de funk progressif made in UK !

D’abord connu sous le patronyme de Blue Rivers and the Maroons, Demon Fuzz ou les « enfants du diable » livre en 1970 un LP intitulé Afreaka ! comme un cri multiculturel rappelant la richesse de leurs influences Funk, Soul, Afrobeat, Jazz, Rock Psychédélique, Blues, etc. La combinaison est subtile, inédite, surprenante. Comme Cymande, autre groupe de funk britannique tout aussi culte, Demon Fuzz possédait bien des qualités pour percer. L’histoire en voudra autrement.

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African Rhythms 1970-1982 (Oneness of Juju), chaînon manquant entre Pharoah Sanders et Kool and the gang

Oneness of Juju est une comète qui a traversé le ciel des années 70, et qui n’a jamais cessé sa course depuis. Le groupe, rebaptisé Plunky and Oneness en 1988 continue d’exister sous la houlette de l’un de ses fondateurs, le saxophoniste James Plunky Branch. African Rhythms 1970-1982 retrace le parcours de ce groupe explosif, à travers ce concentré de morceaux dansants où l’afro-jazz se mêle au funk, au blues, à la soul et aux polyrythmies de la batucada brésilienne.

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A Livingroom Hush (Jaga Jazzist), une émeute sonore

Formés au milieu des années 90 autour du noyau dur, le percussionniste Martin Horntveth, de son frère multi-instrumentiste Lars (14 ans à l’époque), de sa sœur Line au tuba, et d’une myriade de musiciens en devenir, le collectif norvégien Jaga Jazzist a connu une notoriété grandissante suite à de nombreuses productions notamment au coté de Kim Hiorthoy, Bobby Hughes Experience, Bugge Wesseltoft, Motorpsycho, Big Bang, Euroboys, Jazzkammer, Biosphere, Supersilent, Alog et Lasse Marhaug.

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Love and Death (Ebo Taylor), symbole de la musique moderne ghanéenne

Moins connu que son compère Nigérian Fela Kuti, le Ghanéen Ebo Taylor est une figure majeure du highlife, proche inspiration de l’afrobeat. Né en 1936, le guitariste et compositeur est d’abord à la tête de plusieurs groupes locaux, avant de partir à Londres en 1962 où il anime le Black Star Highlife Band. De retour au Ghana, Ebo Taylor produit et compose pour les stars locales. Découvert tardivement en Occident, Ebo Taylor sort en 2010 son premier album international Love and Death.

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Gone Clear (Manu Dibango), kingston escale with Sly & Robbie

Gone Clear, premier des deux albums reggae du légendaire saxophoniste camerounais Manu Dibango est enregistré avec Sly & Robbie, quelle drôle d’idée pour le pape de l’afro-jazz d’aller fricoter avec des musiciens jamaïcains qui à l’époque n’avaient pas 30 ans et se moquaient comme d’une guigne de la musique africaine, lui préférant la soul et le funk de Philly Sound…

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After the Gold rush (Neil Young), l’esprit de Topanga Canyon

Juin 1969, Neil Young franchit un des pas les plus importants de sa carrière. A l’initiative du président d’Atlantic, Stephen Stills lui demande de le rejoindre au sein de Crosby, Stills & Nash. Le 18 août 1969, le quatuor donne son deuxième concert au festival de Woodstock, ce qui le consacre instantanément porte-parole de ce qu’on nommera la «Woodstock Generation».



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Sticky Fingers (The Rolling Stones), l’album des deux Mick

À bien des égards, Sticky Fingers marque un nouveau départ pour le groupe : c’est le premier album à paraître sur son propre label, Rolling Stones Records, et le premier enregistré avec Mick Taylor qui vient de rejoindre le groupe. Outre son jeu de guitare, il est l’artisan avec Jagger de nombreuses chansons. C’est un peu « l’album des deux Mick ».

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Turn This Mutha Out (Idris Muhammad), extase disco pour dance-floor averti

Idris Muhammad représente un cas à part dans l’histoire de la musique noire. Peu connu des amateurs de jazz jusqu’à sa collaboration avec Ahmad Jamal, il a mené une double carrière tant dans le jazz que dans la musique populaire. Sorti en 1977, “Turn This Mutha Out”, est une de ces pépites oubliées des glorieuses 70’s totalement décomplexées et taillées pour la danse, ne négligant pas pour autant le geste musicien à commencer par la friandise discoïde qui ouvre l’album, Could Heaven Ever Be Like This.

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Smiling & Waving (Anja Garbarek), pop futuriste et spleen velouté

Avec Smiling & Waving, son troisième album, la norvégienne Anja Garbarek se démarque de ses précédents opus. Entourée de deux anciens membres de Japan (Steve Jansen et Richard Barbieri) et Mark Hollis de Talk Talk, elle mêle avec une touche unique de sombres univers : sonorités futuristes, musique de cabaret, jazz, joués sur des instruments traditionnels comme violon et piano dans une pop intimiste chargée de spleen.

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Acabou Chorare (Os Novos Baianos), une fraîcheur et un enthousiasme contagieux

Au départ, les Novos Baianos se posent dans la droite lignée des tropicalistes, alors en exil : guitares bourdonnantes, psychédélisme enjoué et orchestral. Jusqu’à ce qu’un visiteur pour le moins étonnant vienne frapper à la porte de leur communauté hippie dans la Zona Sul de Rio. Son nom: Joao Gilberto, co-inventeur de la bossa nova et légende nationale.

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Greetings from Asbury Park, N.J. (Bruce Springsteen), premier album solo du Boss

Après avoir quitté Steel Mill, son groupe de hard rock, le jeune Springsteen entame l’écriture de son premier album solo. Les textes, tirés de ses expériences personnelles, marquent un changement radical dans son écriture. Emmené par « Blinded By The Light » et « Spirit in the Night » et leurs arrangements résolument jazz, Greetings est à mi-chemin entre un folk Dylanesque et l’exubérance rock de Van Morrison.

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Mother Earth’s Plantasia (Mort Garson), totem pour tout fan de synthé Moog

En 1976, Mort Garson, pionnier de la musique électronique à qui la chaîne CBS a commandé une bande-son pour la retransmission de la mission Apollo 11, sort Mother Earth’s Plantasia, sous-titré « warm earth music for plants… and the people who love them ». Trente minutes d’instrumentaux mélancoliques au Moog en hommage au bégonia ou à la violette africaine, pas si éloignées des flâneries électroniques d’un François de Roubaix époque Chapi Chapo.