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Beggars Banquet (Rolling Stones), le diable en affection

Quand on y repense, s’il n’y avait pas eu l’intensité de l’exercice folk-blues et le plaisir procuré par ce chant malicieux retrouvant ses vieux accents de plagiaire, on aurait pu aisément rigoler du côté peu crédible des paroles de No Expectations. “Once I was a rich man/Now I’m so poor” : difficile de s’imaginer celui qui les interprète en pauvre bougre ruiné.

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Sticky Fingers (The Rolling Stones), l’album des deux Mick

À bien des égards, Sticky Fingers marque un nouveau départ pour le groupe : c’est le premier album à paraître sur son propre label, Rolling Stones Records, et le premier enregistré avec Mick Taylor qui vient de rejoindre le groupe. Outre son jeu de guitare, il est l’artisan avec Jagger de nombreuses chansons. C’est un peu “l’album des deux Mick ».

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Bande originale de Saturday Night Fever (Bee Gees), disco quintessence

En 1975, les Bee Gees sont en passe de devenir des has-been. Dix ans après un départ fulgurant semé de balles comme I Started A Joke, Love Somebody ou Massachussets, le groupe a épuisé toutes ses cartouches dans un chef-d’œuvre méconnu (« Odessa ») pour se retrouver à la traîne des modes, entre soul délavée et pop essorée (« Trafalgar »). Seulement, les Australo-britanniques sont du genre persévérants.

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Bob Marley Exodus , l’album de l’exil forcé à Londres

Premier album studio de Bob Marley & the Wailers enregistré hors de la Jamaïque, Exodus est d’abord le disque de l’exil forcé. Le 3 décembre 1976, six hommes armés tirent sur Bob Marley et sa femme Rita à leur domicile de Kingston. Les causes sont nébuleuses.Le couple décide de s’exiler à Londres, où Bob Marley va peaufiner les chansons de Bob Marley Exodus, pour la plupart écrites avant son départ. Les journaux découvrent sa présence à Londres par hasard lorsqu’il est arrêté pour possession de cannabis. Traînant dans Babylone, Marley entend les Clash pour la première fois.

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Harvest (Neil Young), la trilogie de la boue part 1

Alors en pleine tournée de promotion de l’album Déjà vu, l’énorme succès de Crosby, Stills, Nash & Young tourne la tête de ses membres. Leur dernier concert en juillet 1970 marque la fin du groupe. Chacun commence alors une carrière solo qui s’avèrera de courte durée… à l’exception de notre serviteur.

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The Dark Side Of The Moon (Pink Floyd), chef-d’œuvre floydien

Lorsque EMI publie The Dark Side Of The Moon le 24 mars 1973, d’innombrables fans du Floyd en ont déjà entendu des extraits. Peu d’entre eux se doutent que ces nouveaux titres de leur groupe fétiche se vendront à plus de 25 millions d’exemplaires et que Pink Floyd deviendra un dinosaure, un titan mondial, presque une marque déposée.A l’époque de l’enregistrement de son chef-d’œuvre Pink Floyd Dark Side Of The Moon, les Floyds sont encore un groupe underground planant qui compte toujours des rivaux comme Soft Machine et voient pointer sur leur gauche une turbulente jeune génération (Genesis. Yes). Mais les musiciens n’ont aucun doute sur le futur impact de leur huitième LP.

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What’s Going On (Marvin Gaye), chef-d’œuvre de soul sophistiquée et engagée

À partir de 1967, Marvin Gaye, le crooner à la voix d’or de la Motown, se sent de plus en plus étouffé par le carcan créatif du label de Berry Gordy. Dévasté par la disparition, en mars 1970, de Tammi Terrell, sa partenaire de Ain’t No Mountain High Enough, il annonce son retrait de la scène et des studios. En plus d’être la cible du fisc pour dettes impayées, Marvin Gaye est également secoué par les confidences de son frère Frankie, qui vient d’achever une mission de trois ans au Vietnam. Après s’être rêvé en Sinatra noir, Marvin Gaye cherche désormais le moyen de canaliser sa frustration artistique. Il trouvera son salut sous la forme d’une protest song écrite en réaction aux brutalités policières commises lors des émeutes de Berkeley par Renaldo « Obie » Benson, un membre des Four Tops.

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Wish You Were Here, Pink Floyd convoque les fantômes de son passé

En décembre 1973, la crise au sein du groupe couve depuis déjà un an. Le groupe a repris en traînant les pieds le chemin d’Abbey Road pour travailler sur un projet d’album en friche depuis deux ans et intitulé Household Objects.Avant d’enregistrer Pink Floyd Wish You Were Here, le groupe est totalement paralysé par l’enjeu de devoir donner une suite à The Dark Side of the Moon. Pink Floyd tente une manœuvre de diversion en se lançant dans cette entreprise hasardeuse d’un disque uniquement réalisé à partir d’objets usuels comme du ruban adhésif, des allumettes, des verres à pied ou des outils.

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Rage Against The Machine, Killing In The Name $%F#& !!!

L’origine des deux têtes pensantes de Rage Against The Machine représente l’essence même de la formation. Zack De La Rocha est un chicano pur-jus baigné durant son adolescence par le punk et les balbutiements du hip-hop. Tom Morello, d’origine kenyane par son père, a été bercé par les Clash et est titulaire d’une thèse obtenue dans la prestigieuse université d’Harvard, sur l’apartheid en Afrique du Sud. Tout est là. Un soir de 1991 à Los Angeles, le guitariste tombe sur De La Rocha en train de rapper dans un club. La machine Rage est lancée.

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Led Zeppelin whole lotta love, la foudre en rondelles de vinyle

En 1969, un commando d’Anglais fait rendre les armes à la raison, baillonne les inhibitions des kids de l’Amérique profonde. Puis de la planète teenage.En proclamant la primauté des sens, l’urgence absolue de la jouissance et le droit sacré à l’exultation des corps, Led Zeppelin Whole Lotta Love libère une génération de tout souci d’autocensure. Car, pour les gamins aux oreilles desquels l’Elvis de That’s All Right Mama fait figure d’ancêtre et le (I Can’t Get No) Satisfaction des Stones de golden oldie, la giclée de groove électrique sur laquelle débute le deuxième album de Led Zeppelin ouvre d’inouïes perspectives de plaisir.

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Songs In The Key Of Life, ou l’apogée artistique de Stevie Wonder

Après avoir négocié un accord unique avec Berry Gordy en 1971 lui garantissant le contrôle artistique total sur ses enregistrements, Stevie Wonder doit renouveler son contrat avec la Motown en août 1975.Le nouveau deal porte sur treize millions de dollars étalés sur sept ans, une somme inouïe pour l’époque. « Pas question de perdre Stevie Wonder ! », tonne Berry Gordy, qui prévoit déjà les bénéfices occasionnés par la sortie d’un double album Songs In The Key Of Life. Gordy, un as du budget prévisionnel, a tout prévu sauf la notion aléatoire du temps à Stevie Wonderland.