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Electric Ladyland (The Jimi Hendrix Experience), ou la croisière d’un Capitaine Nemo psychédélique

Au cours de l’année 1967, l’Experience mené par Hendrix a donné pas moins de 255 concerts en Europe et aux Etats-Unis et enregistré deux albums. Are You Experienced et Axis: Bold As Love. Or, 1968 s’annonce sous les mêmes auspices. Pour tenir le coup, le groupe a recours à une multitude de drogues. Au point que le batteur Mitch Mitchell se promène en permanence avec une mallette compartimentée dans laquelle on trouve des amphétamines, des somnifères et du speed. Pris dans cette spirale, Jimi disjoncte.

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The Dark Side Of The Moon (Pink Floyd), chef-d’œuvre floydien

Lorsque EMI publie The Dark Side Of The Moon le 24 mars 1973, d’innombrables fans du Floyd en ont déjà entendu des extraits. Peu d’entre eux se doutent que ces nouveaux titres de leur groupe fétiche se vendront à plus de 25 millions d’exemplaires et que Pink Floyd deviendra un dinosaure, un titan mondial, presque une marque déposée. A l’époque de l’enregistrement de son chef-d’œuvre Pink Floyd Dark Side Of The Moon, les Floyds sont encore un groupe underground planant qui compte toujours des rivaux comme Soft Machine et voient pointer sur leur gauche une turbulente jeune génération (Genesis. Yes).

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Sex Machine (James Brown), clef de voûte de la discographie brownienne

On ta dit : ce double album est deux choses à la fois. Pierre angulaire de l’histoire de la musique noire, clef de voûte de la discographie brownienne. Il propose un souvenir du formidable modèle dit du mâle noir urbain 70 jetant ses ordres à la cantonade :“Ne me donnez rien/ Ouvrez-moi juste la porte/ Je me servirai tout seul ”. Bien des années après, musardant sur l’infernal impact de son titre chaudière, James affirmerait : “Cette chanson, ‘…Sex Machine’, ah… J’ai mis bien des choses dedans. ” Tout est resté : blues, soul, rhythm’n’blues et le vieux mojo vaudou en prime, tout est là, un chef-d’œuvre funk qui déchire velu, pour des siècles des siècles, amen.

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Abbey Road (The Beatles), l’ultime opus des Fabs four

Sur la pochette, pas de titre ni de nom de groupe. Kosh, le directeur artistique qui a orchestré ce visuel légendaire, a justifié son choix lors d’une interview pour la BBC en 2009, à l’occasion du quarantième anniversaire de la sortie The Beatles Abbey Road : “Je leur ai assuré qu’on n’avait pas besoin d’écrire le nom du groupe sur la pochette. Ils étaient le groupe le plus célèbre du monde, après tout.

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Sgt pepper’s lonely hearts club band (The Beatles), chef-d’œuvre de pop baroque et disque drogué

La période qui s’ouvre pour les Beatles au mois de novembre 1966 et qui se refermera en février 1968 fait à la fois figure de grand carrefour multisensoriel et de virage radical, pour le groupe comme pour toute la musique pop des années 1960. Durant ces seize mois intensément remplis, les Beatles vont ainsi enregistrer près d’une trentaine de chansons disséminées sur divers singles, EP et B.O. de films, et surtout sur l’album qui cristallise leur mutation en sorciers de studio : Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band.

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Beggars Banquet (Rolling Stones), le diable en affection

Quand on y repense, s’il n’y avait pas eu l’intensité de l’exercice folk-blues et le plaisir procuré par ce chant malicieux retrouvant ses vieux accents de plagiaire, on aurait pu aisément rigoler du côté peu crédible des paroles de No Expectations. “Once I was a rich man/Now I’m so poor” : difficile de s’imaginer celui qui les interprète en pauvre bougre ruiné.

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Sticky Fingers (The Rolling Stones), l’album des deux Mick

À bien des égards, Sticky Fingers marque un nouveau départ pour le groupe : c’est le premier album à paraître sur son propre label, Rolling Stones Records, et le premier enregistré avec Mick Taylor qui vient de rejoindre le groupe. Outre son jeu de guitare, il est l’artisan avec Jagger de nombreuses chansons. C’est un peu « l’album des deux Mick ».

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Bande originale de Saturday Night Fever (Bee Gees), disco quintessence

En 1975, les Bee Gees sont en passe de devenir des has-been. Dix ans après un départ fulgurant semé de balles comme I Started A Joke, Love Somebody ou Massachussets, le groupe a épuisé toutes ses cartouches dans un chef-d’œuvre méconnu (« Odessa ») pour se retrouver à la traîne des modes, entre soul délavée et pop essorée (« Trafalgar »). Seulement, les Australo-britanniques sont du genre persévérants.

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Bob Marley Exodus , l’album de l’exil forcé à Londres

Premier album studio de Bob Marley & the Wailers enregistré hors de la Jamaïque, Exodus est d’abord le disque de l’exil forcé. Le 3 décembre 1976, six hommes armés tirent sur Bob Marley et sa femme Rita à leur domicile de Kingston. Les causes sont nébuleuses.Le couple décide de s’exiler à Londres, où Bob Marley va peaufiner les chansons de Bob Marley Exodus, pour la plupart écrites avant son départ. Les journaux découvrent sa présence à Londres par hasard lorsqu’il est arrêté pour possession de cannabis. Traînant dans Babylone, Marley entend les Clash pour la première fois.

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Harvest (Neil Young), la trilogie de la boue part 1

Alors en pleine tournée de promotion de l’album Déjà vu, l’énorme succès de Crosby, Stills, Nash & Young tourne la tête de ses membres. Leur dernier concert en juillet 1970 marque la fin du groupe. Chacun commence alors une carrière solo qui s’avèrera de courte durée… à l’exception de notre serviteur.

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What’s Going On (Marvin Gaye), chef-d’œuvre de soul sophistiquée et engagée

À partir de 1967, Marvin Gaye, le crooner à la voix d’or de la Motown, se sent de plus en plus étouffé par le carcan créatif du label de Berry Gordy. Dévasté par la disparition, en mars 1970, de Tammi Terrell, sa partenaire de Ain’t No Mountain High Enough, il annonce son retrait de la scène et des studios. En plus d’être la cible du fisc pour dettes impayées, Marvin Gaye est également secoué par les confidences de son frère Frankie, qui vient d’achever une mission de trois ans au Vietnam. Après s’être rêvé en Sinatra noir, Marvin Gaye cherche désormais le moyen de canaliser sa frustration artistique. Il trouvera son salut sous la forme d’une protest song écrite en réaction aux brutalités policières commises lors des émeutes de Berkeley par Renaldo « Obie » Benson, un membre des Four Tops.

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Wish You Were Here, Pink Floyd convoque les fantômes de son passé

En décembre 1973, la crise au sein du groupe couve depuis déjà un an. Le groupe a repris en traînant les pieds le chemin d’Abbey Road pour travailler sur un projet d’album en friche depuis deux ans et intitulé Household Objects.Avant d’enregistrer Pink Floyd Wish You Were Here, le groupe est totalement paralysé par l’enjeu de devoir donner une suite à The Dark Side of the Moon. Pink Floyd tente une manœuvre de diversion en se lançant dans cette entreprise hasardeuse d’un disque uniquement réalisé à partir d’objets usuels comme du ruban adhésif, des allumettes, des verres à pied ou des outils.

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Rage Against The Machine, Killing In The Name $%F#& !!!

L’origine des deux têtes pensantes de Rage Against The Machine représente l’essence même de la formation. Zack De La Rocha est un chicano pur-jus baigné durant son adolescence par le punk et les balbutiements du hip-hop. Tom Morello, d’origine kenyane par son père, a été bercé par les Clash et est titulaire d’une thèse obtenue dans la prestigieuse université d’Harvard, sur l’apartheid en Afrique du Sud. Tout est là. Un soir de 1991 à Los Angeles, le guitariste tombe sur De La Rocha en train de rapper dans un club. La machine Rage est lancée.

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Led Zeppelin whole lotta love, la foudre en rondelles de vinyle

En 1969, un commando d’Anglais fait rendre les armes à la raison, baillonne les inhibitions des kids de l’Amérique profonde. Puis de la planète teenage.En proclamant la primauté des sens, l’urgence absolue de la jouissance et le droit sacré à l’exultation des corps, Led Zeppelin Whole Lotta Love libère une génération de tout souci d’autocensure. Car, pour les gamins aux oreilles desquels l’Elvis de That’s All Right Mama fait figure d’ancêtre et le (I Can’t Get No) Satisfaction des Stones de golden oldie, la giclée de groove électrique sur laquelle débute le deuxième album de Led Zeppelin ouvre d’inouïes perspectives de plaisir.