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Requiem for an Almost Lady (Lee Hazlewood), la country devient baroque

Lee Hazlewood est un de ces hors-la-loi de la norme et du classement. Si pour le quidam, le nom du moustachu évoque vaguement quelque chose c’est souvent exclusivement le tandem qu’il forma avec Nancy Sinatra. Hazlewwod est pourtant bien plus que ça. Un compositeur, chanteur, musicien, arrangeur, patron de label (LHI) et producteur brassant des influences multiples.

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La B.O. de Roy Budd Get Carter, objet de culte certifié

Get Carter (La loi du Milieu) est un de ces films dits cultes qui semblent être avant tout parlants pour une génération donnée dans un pays donné : un film respirant l’Angleterre à chaque moment, une « anglicité » – ici populaire et sordide – inimitable. Passé un peu inaperçu à sa sortie en 1971, Get Carter est devenu trésor national britannique au milieu des années 90. La bande sonore tout aussi culte signée Roy Budd met en avant les bruits d’ambiance et la présence éparse de thèmes lancinant et minimalistes.

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Have You Heard Jim Croce Live, recueil de classiques de l’auteur-compositeur-interprète américain

Have You Heard Jim Croce Live est un recueil de classiques de l’auteur-compositeur-interprète américain Jim Croce, sorti en 2006, plus de trente ans après sa mort. Complément du DVD du même nom sortie en 2003, ces 13 représentations télévisées, tirées d’émissions comme The Old Grey Whistle Test et Underground, sont d’une rares qualités et figurent parmi ses meilleurs performances scéniques.

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Mild Maniac (Volker Kriegel), la rudesse du rock et la souplesse du jazz

Considéré comme l’un des protagonistes du jazz rock en Allemagne, le guitariste et compositeur Volker Kriegel a joué un rôle décisif dans l’établissement et le développement de ce style en Europe. Se situant quelque part entre Pat Metheny, John Scofield, ou John McLaughlin, Kriegel a exploré un large éventail de sons acoustiques et électriques s’ouvrant à de nombreux univers de « musique du monde », cultivant parfois un son de sitar ou un esprit folk.

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B.O. de Bullitt, quand Lalo Schifrin hisse les canons du scoring thématique

La bande originale de Bullitt, petit thriller policier parano de Peter Yates dont l’histoire retiendra surtout la prestation de Steve McQueen, est un modèle de raffinement mélodique, rythmique et harmonique. L’œuvre de Lalo Schifrin emprunte aussi bien au jazz qu’à la pop music, au blues qu’à la musique brésilienne. Avec cette bande son, Lalo Schifrin hisse les canons du scoring thématique et place haut la barre pour les B.O. à venir.

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Chico Buarque Samambaia, las de jouer au chat et à la souris avec la dictature

Une salade de fruits. C’est en ces termes que Chico Buarque décrit son quinzième album studio, qui rassemble effectivement des chansons bien différentes, comme autant de preuves de son immense et versatile talent. Cet aspect composite ne nuit pas au disque tant Chico Buarque, à la différence de Caetano Veloso par exemple, a toujours été un musicien de chansons et non d’albums. Chacun de ses morceaux pourrait à bien des égards se retrouver sur n’importe quel autre de ses disques, sans jurer avec les autres.

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Barry White Sings for Someone you Love, soul symphonique outrancièrement romantique

En 1977, Barry White Sings for Someone you Love, avec son inénarrable pochette poilue, arrive après une légère période d’essoufflement et s’efforce de renouveler la formule. Une ambiance et des arrangements plus feutrés, des chansons qui ne sont pas des machines à danser serrés mais des ballades engourdies, ralenties, taillées sur mesure pour les moments de baratin érotique et des harmonies plus classiques. C’est déjà presque le chant du cygne et un bel hommage aux grandes heures romantiques de la soul des années 60 et 70. »

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Estudando o Samba (Tom Zé), ou la déconstruction d’un genre

Tom Zé entreprend une déconstruction méthodique et complète du genre. On a bien la guitare acoustique, une bonne partie des percussions brésiliennes, les chœurs féminins, les cuivres, des éléments rythmiques et harmoniques de la samba, mais tout a été démonté, mis à terre et remonté sans regarder le mode d’emploi, un peu à la manière des extraterrestres dont parlait Rogerio Duprat.

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Isaac Hayes Black Moses, double LP de rhapsodies soul orchestrale

A ce stade de son règne, Stax, son label, n’est plus en mesure de refuser ses caprices. Pas même un projet pharaonique tel que Isaac Hayes Black Moses, double album imposant par les moyens techniques (six ingénieurs du son !) et le caractère épique de son contenu, la plupart des morceaux, véritables rhapsodies soul orchestrale, oscillant entre sept et dix minutes. Jusqu’à l’emballage cruciforme qui explose conventions et budgets.

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Travessia (Milton Nascimento), voyage au travers d’un Brésil loin des stéréotypes

Enregistré en 1967 avec le Tamba Trio, une formation carioca aux concepts novateurs, le premier album du chanteur, Travessia, marque les esprits. Avec Edu Lobo notamment, et parallèlement au Tropicalisme des Bahianais Gilberto Gil et Caetano Veloso, Milton contribue à définir la Musique populaire brésilienne (MPB) en convoquant non seulement les esthétiques urbaines (samba, bossa nova) mais aussi celles des campagnes nordestines et des forêts amazoniennes, tout en dialoguant constamment avec la poésie contemporaine – Fernando Brant est son fidèle parolier.

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American Recordings (Johnny Cash), le retour en grâce du Man in Black

Dans les années 90, Johnny Cash est devenu un symbole, une légende, une icône, quelque chose comme la conscience de la chanson populaire américaine. Il a, au fil des années, incarné l’individualisme des pionniers, le romantisme du rebelle, et la rédemption après l’épreuve (en l’occurrence, sa dépendance aux drogues). Le problème reste que plus personne ne s’intéresse alors à ses nouveaux enregistrements.

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Gal a Todo Vapor (Gal Costa), live débridé de la muse underground du tropicalisme

Enregistré live lors d’une série de représentations au Théâtre Tereza Raquel de Rio de Janeiro en 1971, Gal a Todo Vapor compile dans un double album un ensemble de chansons qui va de la tradition d’Ismael Silva au folklore bahianais en passant par l’avant-garde de Caetano Veloso et Jorge Ben. Les sept premiers morceaux (sur 18) mettent en scène Gal Costa seule, accompagnée uniquement de sa guitare acoustique.

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João Gilberto (João Gilberto), impressionniste jusqu’à l’évaporation

Après son divorce, Joao Gilberto se partage entre le Mexique (où il réside deux années) et les Etats-Unis, donnant beaucoup de concerts, mais n’enregistrant qu’en de rares occasions. Il entame une vie commune avec Miúcha, sœur de Chico Buarque, avec laquelle il aura un enfant nommé Bebel. Son extrême méticulosité – voire maniaquerie – conduit Gilberto à peu enregistrer durant cette période.

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Encontro com a Velha Guarda, sambistes cariocas et poésie du quotidien

Enregistré en 1976, et produit par Marco Mazola, l’album « Encontro com a Velha Guarda » réunit des sambistes de légende dont le renom ne reflète pas le talent. À l’exception de Nelson Cavaquinho et Ismael Silva, peu sont connus du grand public. Si la plupart ont composé pour de grandes voix de l’ère des radios, ils n’ont rien interprété. En cela, cet album est inédit. Une grande partie des artistes figurant sur ces enregistrements interprètent leur propre composition pour la première fois : Mano Décio da Viola, Alvarenga, Duduca do Salgueiro, Walter Rosa, Alvaiade, Carivaldo da Motta, Iracy Serra et Pelado da Mangueira.

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Harvest (Neil Young), la trilogie de la boue part 1

Alors en pleine tournée de promotion de l’album Déjà vu, l’énorme succès de Crosby, Stills, Nash & Young tourne la tête de ses membres. Leur dernier concert en juillet 1970 marque la fin du groupe. Chacun commence alors une carrière solo qui s’avèrera de courte durée… à l’exception de notre serviteur.

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Winter In America (Gill Scott-Heron), portrait de la décadence économique américaine

En 1973, Gil Scott-Heron vient d’enregistrer deux albums pour Flying Dutchman, Pieces Of A Man et Free Will, qui comptent parmi ses plus réussis. Mais le torchon brûle avec Thiele. Après que le producteur a refusé de faire figurer à côté de son nom celui de son alter ego de toujours Brian Jackson, Gil prend ses cliques et ses claques et enregistre avec Brian un album pour Strata East, un petit label indépendant fondé par Charles Tolliver et Stanley Cowell sur la côte Est.

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Os Afro Sambas (Vinicius de Moraes, Baden Powell), tandem idyllique de la MPB

En 1962, Baden fait la connaissance de celui qu’on surnommera très vite son «père spirituel», Vinicius de Moraes. De bossas novas en afro sambas, Vinicius et Baden forment peut-être le tandem le plus réussi de la musique populaire brésilienne. Leur relation très forte, passionnelle, est toujours guidée par le seul désir de faire de la musique vraie, pure.

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Maggot Brain (Funkadelic), magnifique bâtardise stylistique et partouze funkadélique

Avec leurs deux premiers albums – Funkedelic, en 1970, un acid rock imprégné de blues, et Free your mind… plus psychédélique -, les Funk, comme on les surnommait, sont devenus l’incarnation d’un mode de vie, une religion. Avec son troisième disque, le groupe est à l’apogée de son pouvoir créatif. Tout d’abord, la pochette montre une femme en train d’hurler et qui surgit d’un amas de terre, tandis que le texte cite la Process Church of the Final Judgement. La musique mêle des paroles qui donnent froid dans le dos à une partition quasi surnaturelle.

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Gone Clear (Manu Dibango), kingston escale with Sly & Robbie

Gone Clear, premier des deux albums reggae du légendaire saxophoniste camerounais Manu Dibango est enregistré avec Sly & Robbie, quelle drôle d’idée pour le pape de l’afro-jazz d’aller fricoter avec des musiciens jamaïcains qui à l’époque n’avaient pas 30 ans et se moquaient comme d’une guigne de la musique africaine, lui préférant la soul et le funk de Philly Sound…

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High Contrast (Gabor Szabo), première incursion du guitariste en territoire jazz fusion

Etabli à Los Angeles, Gabor Szabo exerce ses activités à la télévision et fonde le Perfect Circle formation dont le répertoire va de là (pseudo) musique classique au jazz-rock. L’émergence du rock permet à Gabor Szabo d’expérimenter des formes de jazz plus accessibles. Durant les années 70, Gabor Szabo se produit régulièrement le long de la côte ouest, hypnotisant le public avec son style enchanteur et fascinant mêlant jazz, pop, musique gypsy et indienne.

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Dave Pike Set Masterpieces, du free jazz à la world music

Longtemps partenaire du flûtiste Herbie Mann, Dave Pike a également joué avec Bill Evans, Paul Bley, Kenny Clarke. Issu du bebop, il explore différentes voies du jazz, se liant aussi bien avec la musique latine qu’avec l’avant-garde. Son album, The Doors of Perception, enregistré en 1966, retrace en musique les expériences décrites par Aldous Huxley dans son livre éponyme. Conservé sur les étagères d’Atlantic pendant plusieurs années avant de sortir sur le label Vortex, ce disque précipite le départ pour l’Europe du vibraphoniste. Il signe alors chez MPS et poursuit en Europe une carrière très ouverte, du free jazz à la world music.

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Led Zeppelin IV, riffs chromés, batteries nucléaires et hurlements de prima donna

C’est à l’automne 1971 que la nouvelle déclenche une énorme joie dans les bureaux des disques Atlantic : le quatrième album de Led Zeppelin, groupe mammouth, sortira bien avant Noël, en dépit d’un mixage long et périlleux. Mais, douche froide, lors d’une conférence de presse, l’immense Peter Grant, gargantuesque manager, lâche sa bombe : ses poulains exigent — fait sans précédent — une pochette sans nom, sans titre, sans numéro de catalogue, ni référence.

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Fun House (The Stooges), 36 minutes d’orgasme électrique #$& !!!

Deuxième album des Stooges, “Fun House” porte à son paroxysme le rock’n’roll des pionniers (Gene Vincent et Vince Taylor) tout en utilisant la technologie de l’époque (murs d’amplis, wah-wah), jetant une accolade au free-jazz et se fracassant dans la réalité d’une époque post-hippie que Iggy et ses Stooges, visionnaires, envisagent comme atroce, mais lubrique. En résumé, “Fun House” pourrait bien être tout ce que le rock’n’roll avait jamais promis, des costumes moirés d’Elvis à la montée des gangs de Detroit, 36 minutes d’orgasme électrique.