Après un début de carrière mouvementé au sein du collectif Odd Future, aux côtés entre autres de Frank Ocean et d’Earl Sweatshirt, Tyler, The Creator s’est fait connaître avant tout en tant que rappeur. Mais avec son sixième album « Igor » sorti en 2019, il explose littéralement l’univers musical auquel on pouvait l’assimiler pour produire une musique originale, hybride et audacieuse.
Après avoir été le gamin le plus fascinant de la scène underground rap puis essuyé plusieurs ratés, Tyler avait avoué sa flamme pour les belles orchestrations et les beaux mâles avec l’excellent Flower Boy sous la chaleur de l’été 2017.
L’homme en fleur révélait l’étendue de sa palette au moyen d’une soul/R&B apprêtée, soignée et terriblement sensible qui s’éloignait déjà des carcans rap, privilégiait l’étude plutôt que les fulgurances mal dégrossies façon Cherry Bomb. Une position divergente que l’Angelino avait déjà tenue, mais à son exact opposé trash, avec le poisseux Goblin.
Tyler the Creator Igor
S’il suit musicalement les traces de Flower Boy dans la place accordée aux mélodies (EARFQUAKE, A BOY IS A GUN), IGOR ne ressemble finalement à rien d’autre et nous rappelle que si Tyler a autant enchaîné les sabotages, c’est que son génie restait mal contenu plutôt que bien géré.
Si Flower Boy gardait des beaux vestiges de l’époque Goblin, IGOR se radicalise. Ne vous y trompez pas : IGOR n’a rien d’un album rap. Non, IGOR raccroche les wagons entre rap, électro, soul, R’n’B avec d’énormes couches de mix, de synthés et de samples bien choisis (Head West, Bibi Mascel, Run DMC, Ponderosa Twins Plus One…) avec, toujours, cette influence prégnante de Pharrell Williams (I THINK enregistré au bord du lac de Côme) que l’on retrouve à la production d’ARE WE STILL FRIENDS?.
Tyler n’intervient finalement que très rarement derrière le micro, simplement quand la mélodie le nécessite, quand sa présence paraît justifiée. Il y a bien quelques saillies bien senties (WHATS GOOD, NEW MAGIC WAND), des punchlines qui ne manqueront pas d’alimenter les rumeurs sur sa supposée homosexualité (« And I wish you would call me by your name ’cause I’m sorry », rappe-t-il sur I THINK, comme un clin d’œil au film de Timothée Chalamet, auquel il faisait déjà référence sur OKRA), mais ces douze nouveaux morceaux constituent avant tout un champ d’expérimentations.
Mélodies à tiroirs. D’IGOR’S THEME à ARE WE STILL FRIENDS?, on se dit qu’on n’est jamais à l’abri d’un contrepied quand on entre dans l’une de ses chansons, et pas plus sûr que ça ne finisse pas par virer pop ou carrément soul ; le sublime GONE, GONE/THANK YOU change tellement d’ambiances et de rythmiques en six minutes que l‘on soupçonne le Créateur d’avoir envisagé « IGOR » avec la même extravagance et le même maximalisme que les OutKast à l’époque de « Speakerboxxx/The Love Below ».
Côté texte, Tyler déroule la panoplie des amours contrariées pour mieux soulever l’ambiguïté entretenue sur son homosexualité. Côté feat, on retrouve les habitués : Kali Uchis, King Krule, Frank Ocean, A$ap Rocky ou Playboi Carti. Un pur classique.
Sources : Qobuz – www.tsugi.fr – www.rollingstone.fr – https://gonzai.com – https://jack.canalplus.com
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CREDITS :
- Tyler Okonma – lead vocals, production, arrangement
- Lil Uzi Vert – vocals (track 1)
- Playboi Carti – rap verse (track 2)
- Solange – vocals (track 3), background vocals (tracks 7, 11)
- Jerrod Carmichael – vocals (track 4), additional vocals (tracks 6, 8–10, « Boyfriend »)
- Kanye West – rap verse (track 8)
- Anthony Evans – background vocals (tracks 1, 3, 10)
- Amanda Brown – background vocals (tracks 1, 3, 10)
- Tiffany Stevenson – background vocals (tracks 1, 3, 10)
- Charlie Wilson – background vocals (tracks 2, 11, « Boyfriend »)
- Jessy Wilson – background vocals (tracks 2, 5, 6, 8, 10, 11)
- Ryan Beatty – background vocals (track 3)
- Santigold – background vocals (tracks 4, 6, 8, « Boyfriend »)
- CeeLo Green – background vocals (track 10)
- La Roux – background vocals (track 10)
- Pharrell Williams – background vocals (track 12)
- Slowthai – additional vocals (track 9)
- Kevin Kendricks – keyboards (track 3), additional keyboards (track 7), chimes (track 8)
- Jack White[62][63]
Technical
- Vic Wainstein – recording (tracks 1–3, 5–12)
- Tyler Okonma – recording (tracks 1–3, 5–9, 11)
- Kingston Callaway – recording (track 10)
- John Armstrong – recording assistance (track 1)
- Ben Fletcher – recording assistance (track 1)
- Rob Bisel – recording assistance (tracks 1, 3, 9)
- Ashley Jacobson – recording assistance (track 2)
- Thomas Cullison – recording assistance (tracks 2, 10)
- Josh Sellers – recording assistance (tracks 5, 6)
- Derrick Jenner – recording assistance (track 7)
- Neal H Pogue – mixing
- Zachary Acosta – mix assistance
- MeMiceElfani – mix assistance
- Mike Bozzi – mastering