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Windows of the Mind (Billy Brooks), classique Jazz Funk seventies

Never love alone
Windows of the Mind (Billy Brooks), classique Jazz Funk seventies Posted on 11 mai 2021Leave a comment
Never love alone

Billy Brooks Windows of the Mind – Enregistré en 1974 au RPM Studios, Los Angeles, USA – Crossover Records
De son vrai nom Julius E. Brooks, Billy Brooks est avant tout un musicien de Jazz, mais “Windows of the Mind”, unique album solo du trompettiste, flirte avec le funk. Produit par Ray Charles et interprété par des musiciens cultes (Larry Gales, Clarence Johnston, Herman Riley, Jef Lee, Calvin Keys), cet LP s’est imposé comme l’un des grands classiques Jazz Funk du début des années 70.

Naître à Mobile, Alabama, en 1926, n’est pas vraiment un départ idéal pour un noir dans l’Amérique ségrégée du sud des Etats-Unis, mais Billy Brooks et sa mère déménagent bien vite dans le quartier de West End à Cincinnati, Ohio, et il peut compter sur les sacrifices et l’éducation de celle-ci pour déjouer l’apparente implacabilité de son destin.


Billy Brooks Windows of the Mind

Il rentre ainsi à l’Université de Wilberforce, dont il sort diplômé, et son grand talent pour la musique lui ouvre les portes de l’une des écoles de musique les plus prestigieuses, la Julliard School à New York. Il y peaufine son jeu de trompettiste et y apprend les bases qui lui permettront plus tard d’inventer et construire son propre instrument, la “skoonum horn”, une trompette à 2 coups.

De retour à Cincinnati, il forme son propre Big Band, le Billy Brooks Bebop Band, et y reste jusqu’au décès de sa mère. Il part ensuite tenter sa chance à Los Angeles, où il va jouer avec les plus grands : il tourne avec Tina Turner pendant un an, apparaît en studio sur des albums des Four Tops et des Temptations, joue dans les orchestres de Ray Charles, Thad Jones et Dizzy Gillespie, et tourne pendant 18 ans comme trompettiste dans le groupe de Lionel Hampton. Un CV en béton armé, avec surcouche ciment.

Billy Brooks Windows of the Mind
Billy Brooks Windows of the Mind

C’est durant sa période Ray Charles qu’il enregistre sur Crossover Records son seul et unique album solo, cette petite merveille qu’est donc “Windows of the Mind”.

Savant mélange de jazz funk dirigé par les cuivres et interprété par des musiciens cultes tels que le bassiste Larry Gales (Thelonious Monk), le batteur Clarence Johnston (Freddie Roach, James Moody), le saxophoniste Herman Riley (Side Effect, Pleasure, Earth Wind & Fire, Letta Mbulu), les guitaristes Jef Lee (Roy Ayers, Sylvia Striplin) et le joueur culte Calvin Keys de Black Jazz Records.

La marque distinctive du Genius transpire d’évidence sur des titres tels que ces “Cooling It”, “The Jagged Edge”, “Good News Blues” et “C.P. Time”, bien dans la veine du Ray Charles Orchestra quand le patron chargeait ce dernier de meubler l’attente de son public sur scène.

“The Speech Maker”, “Shelter Cheeze” et “Black Flag” (avec sa flûte façon Herbie Mann) n’auraient pas déparé certains génériques de séries TV d’époque, genre Mannix.

La pièce de résistance réside dans ce “Fourty Days” digne des Crusaders d’alors, qui conclut la rondelle en apothéose.

Billy Brooks Windows of the Mind
Billy Brooks Windows of the Mind

Samplé en 1990 par A Tribe Called Quest (sous le titre “Luck Of Lucien”), ce manifeste funk portait en germe les carrières respectives de Maceo Parker et Fred Wesley.

Outre son urgence funk urbaine, il faut y souligner les jeux alertes des fougueux guitaristes Jeff Lee et Calvin Keys, émules légitimes du précurseur Grant Green.

Sur tous les titres le Big band s’en donne à cœur joie, et le jeu acoustique est enrichi par des effets électroniques comme l’Echoplex, qui lui donne une tonalité indéniablement moderne.

À la tête d’un tel gang de tueurs à sang chaud, le regretté Billy Brooks (décédé à Amsterdam le soir du réveillon de Noël 2002, quatre ans pile avant James Brown) lègue ainsi une grenade à fragmentation qui n’en finit plus d’exploser.

Sources : http://ledigitalophone.com – www.paris-move.com – www.wewantsounds.com

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