Five Leaves Left (Nick Drake), folk progressif aux atmosphères sombres

Le premier album de Nick Drake Five Leaves Left, sorti en 1969 dans une quasi-indifférence, s’est imposé avec le temps comme un chef-d’œuvre. Sa musique est enracinée dans le folk anglais, dans l’onirisme de Ravel, de Debussy, dans la caressante apesanteur du bossa-noviste João Gilberto. Quelques mesures de River Man suffisent à vous plonger dans le mystère drakien. Pas plus que ne l’était Rimbaud, Nick Drake “n’est pas au monde”, et Five Leaves Left témoigne de cette étrangeté radicale.

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Black and White (Tony Joe White), ou la naissance du « swamp rock »

Certains musiciens incarnent un genre à eux-seuls. Pour le swamp rock, c’est Tony Joe White. En mélangeant subtilement la country, le blues, le rock’n’roll, la soul et le rhythm’n’blues, ce kid de Louisiane a traduit en musique son bayou natal. Chaleur accablante, humidité quasi-sexuelle, poésie boueuse, cuivres bouillants et guitares rugueuses, rien ne manque à l’appel de ce premier LP sorti en 1969.

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Spirits Known And Unknown (Leon Thomas), singulier yodel aux consonances amérindiennes

Tous les musiciens défricheurs de nouveaux territoires, Armstrong, Parker, Coltrane, présentent un point commun: celui d'avoir écouté, disséqué, absorbé ce qui précédait, avant de se risquer à expérimenter. Leon Thomas fait partie de ce club très fermé des Magellan du jazz. Sur « Spirits Known And Unknown » sorti en 1969, Thomas montre toute l’étendue de son chant caractérisé par un mélange de voix gospel grave et intense et d'effets proches du yodel tyrolien, l’inventeur d’un scat particulier entre chant tyrolien et psalmodie amérindienne.

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U.F.O. (Jim Sullivan), mythe d’un artiste évaporé

En 2010, le label de Seattle Light in the Attic, spécialisé dans la réédition d’albums injustement méconnus, tire de sa torpeur le premier LP d’un certain Jim Sullivan, dont le destin tragique et les légendes urbaines qui y sont associées en font un auteur-compositeur culte. Avec ses dix titres, U.F.O. enregistré à l'origine en 1969, récits spirituels folk-rock un brin psychédéliques, Sullivan aurait pu accéder à la gloire mais la vie en a décidé autrement, et la sienne fut de courte durée.

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Hot Rats (Frank Zappa), assaut instrumental débarrassé de toute scorie potache

Si Miles Davis est l’instigateur du jazz fusion, Frank Zappa est son pendant rock. Le guitariste n’a jamais caché son ambition de créer une musique originale, mêlant les genres. Une étape dans ce sens est atteinte par l’artiste avec la parution du double album de The Mothers Of Invention, Uncle Meat, plongée profonde dans ses influences jazz et classiques.

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B.O. de Midnight Cowboy (John Barry), ballade tragique de Joe Buck et Rico Rizzo

Sorti sur les écrans la même année qu’Easy Rider, Midnight Cowboy a marqué l’histoire du cinéma en étant le premier film classé X à recevoir l’oscar du meilleur film. L'histoire de deux losers rêveurs, Joe Buck, cow-boy benêt qui monte à New York pour vendre ses charmes aux riches bourgeoises frustrées et Rico, arnaqueur à la petite semaine qui le prend sous son aile. Terrain de jeu inhabituel pour le compositeur, John Barry signe une bande sonore soignée, cordes luxuriantes, cuivres, nappes de synthé Moog et un harmonica lancinant de Toots Thielemans.

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Much Les (Les McCann), une soul jazz lâche et inspirée

Passé un peu inaperçu à sa sortie, éclipsé par le monumental « Swiss Movement » sorti la même année, sur lequel figure le saxophoniste Eddie Harris, « Much Les » se distingue de la discographie de McCann par son style soul jazz accompagné d'une subtile section de cordes qui fournit la saveur dominante de l’album. La ballade quasi mystique « Benjamin » n’aura pas échappé aux rappeurs marseillais IAM, samplée sur « C'est donc ça nos vies », titre de la B.O. de MaCT va craquer.

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Easy Rider, bande-son psyché pour biker movie

Filmé avec deux bouts de ficelle, tourné sans méthode, monté sans respect des règles en vigueur à Hollywood, Easy Rider est un objet radicalement nouveau dans le paysage cinématographique américain à sa sortie en 1969. Film d’une génération, entre flower power et contestation dure, road-movie baigné de musique pop, sa réputation n’a cessé de grandir. Si certains aspects ont mal vieilli, le meilleur réside dans sa forme et une bande sonore mythique, mélange d’acid rock, de bluegrass lysergique et de country rock pastorale.

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Il était une fois dans l’Ouest (Ennio Morricone), hommage vibrant à l’Ouest américain sauvage

Western-opéra s’étirant sur près de trois heures, le film de Sergio Leone, Il était une fois dans l’Ouest doit son succès autant à sa musique qu’à son image. Articulée autour des protagonistes du film, la bande sonore signée Ennio Morricone est, au travers de 13 titres, le plus bel hommage musical qui puisse être rendu au Western. Lyrisme, violence et romantisme sont finement liés dans une interprétation de haute tenue par les fidèles musiciens du Maestro.

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Hot Buttered Soul (Isaac Hayes), œuvre révolutionnaire de soul symphonique

Paru en 1969 chez Stax, Hot Buttered Soul, dont le nom est inspiré d'un cocktail jamaïcain (Hot Buttered Rhum), constitue une étape décisive dans l'évolution de la musique noire américaine. A l'instar de nombreuses œuvres révolutionnaires, Hot Buttered Soul surgit grâce à un concours de circonstances des plus improbables.

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Album Branco (Caetano Veloso), expression éclatante du grand chaos tropicaliste

L’heure de l’exil approche mais avant, Caetano Veloso décide de sortir un dernier disque en forme de testament du tropicália. Il enregistre le squelette des chansons accompagné de Gilberto Gil à la guitare acoustique et envoie les bandes au producteur et arrangeur attitré du mouvement, Rogerio Duprat, qui les habillent pour en faire le fameux “album blanc”. Le dernier disque et sans doute le plus abouti de l’éphémère mouvement tropicália, né seulement deux ans plus tôt.

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Comme à la radio (Brigitte Fontaine), éblouissant météore sonore

En 1969, quand Brigitte Fontaine commence à concevoir Comme à la radio, elle n'est plus vraiment une jouvencelle. Agée de 30 ans, elle se fraie depuis le début des années 1960 une double voie de chanteuse et comédienne dans la jungle de la scène parisienne.

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Miles Davis In a Silent Way, tout droit vers le futur

En 1968, Miles Davis tombe sous le charme de la fée électricité. Envoûté par les révolutions psychédéliques et funky de Jimi Hendrix et autre Sly Stone, le trompettiste fait sa mue et, au passage, celle du jazz. Avec In a Silent Way, entouré par une pléiade de musiciens exceptionnels, Miles Davis intègre pour la première fois des éléments de rock et s’éloigne à jamais du jazz pur. Un ovni sidérant.

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Rides again (The James Gang), chef d’œuvre bicéphale

Après un premier album au succès mitigé, Fox, Walsh et Peters - The James Gang- retournent sans tarder en studio en novembre 1969. C’est au Record Plant de Los Angeles, studio d’enregistrement ultra moderne et toujours sous la houlette de Bill Szymczyk, que nos compères gravent ce chef d’œuvre bicéphale, une première partie électrique et une seconde semi-acoustique.

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Sex Machine (James Brown), clef de voûte de la discographie brownienne

Passant sa vie sur la route, James Brown sait comme personne que le rock de la fin des années 60 est en train d’atteindre un formidable plateau. Les prestations des Who et Stones placent la barre fichtrement haut. Et comme si cela ne suffisait pas, le funk des jeunes panthères noires piétinent ses plates-bandes.

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Scott 4 (Scott Walker), la pièce maitresse du crooner pop

Si l'album de Scott Walker Scott 4 a provoqué des réactions diverses à sa sortie et a été retiré des bacs quelques semaines après, il a depuis été réévalué par la critique grâce à son influence sur David Bowie, Nick Cave, Mark Almond et Neil Hannon de Devine Comedy. Il est aujourd'hui légitimement réédité. Sa richesse sonore et son envergure extraordinaire ont de quoi ébahir les générations à venir.

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Cold fact (Sixto Rodriguez), premier LP du sugar man

Cold Fact, produit en 1969 et sorti l'année d'après sur un tout nouveau label subsidiaire de Buddah Records, Sussex, fut un des plus obscurs bides et l'un des disques les plus rares de la période. Même pas rare, en fait, puisque personne ne le cherchait, ne figurant sur aucune «liste» de collector.

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Songs Of Innocence (David Axelrod), diptyque hommage au poète William Blake

Compositeur et arrangeur surdoué ayant taillé des hits sur mesure pour plusieurs pointures du Jazz des 60’s, David Axelrod a bientôt des envies solo. En 1968, il prend son envol avec Songs of Innocence, 1er album inspiré des poèmes de l’artiste mystique William Blake. Résultat. Un étonnant kaléidoscope de styles et de sonorités : guitares psychédéliques y croisent le manche avec des essaims de violons symphoniques, le tout porté par les baguettes ultra funky d’Earl Palmer.

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