Atlantic records

Créée par Ahmet Ertegun et Herb Abramson en 1947, Atlantic est à l’origine du rhythm’n’ blues populaire des années 50, avec des groupes comme les Coasters, les Drifters et Ben E. King. Responsable du lancement de Ray Charles et d’Aretha Franklin, elle a diffusé la musique soul à travers le pays, distribuant les disques Stax de Memphis dans les années 60 qui révélèrent, entre autres, Otis Redding.

Avec 10 000 dollars empruntée à un dentiste, Ahmet Ertegun, fils d’un ancien ambassadeur de Turquie aux Etats-Unis, et Herb Abramson, étudiant en chirurgie dentaire et producteur à mi-temps chez National Records, créent la firme en 1947. Ertegun se souvient de ses débuts : « lorsque j’ai commencé les gens dans ce métier avaient pour la plupart une cinquantaine d’années. Ils ne se doutaient pas de ce qui se passait dans la rue. Moi, j’avais 23 ans, et j’avais travaillé un an et demi dans le magasin de disques d’un ami où je notais ce qu’aimaient les gens qui rentraient. » La jeune compagnie diffuse d’abord des disques de jazz et de blues : le « Drinkin’ Wine Spoo-De-O-Dee » de Stick McGhee aide à faire connaître Atlantic records.

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Jerry Wexler intègre la firme

Jerry Wexler, ancien journaliste au Billboard , devient producteur puis directeur de la firme à partir de 1953. Celle-ci s’oriente alors vers le rhythm’n’ blues. Sous l’autorité d’Abramson, directeur de la filiale Atco, Big Joe Turner et King Curtis, deux précurseurs du rock’n’ roll, enregistrent leurs premiers disques. LaVern Baker et Ray Charles sont les grandes vedettes d’Atlantic dans les années 50.

Exception faite de ce dernier, aucun de ces artistes n’écrit régulièrement ses propres chansons, qui sont signées par des auteurs indépendants, comme Jesse Stone, Rudolph Toombs ou Winfield Scott. Extrêmement doué pour faire répéter les artistes et organiser les enregistrements en studio, Jesse Stone devient également l’un des piliers de l’équipe de production d’Atlantic records.

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L’ère Leiber & Stoller

L’arrivée en 1956 des auteurs-compositeurs Jerry Leiber et Mike Stoller amplifie le succès de la firme. L’équipe fait preuve d’intuition et d’une grande maîtrise pour évaluer les styles de musique et le goût du public, composant, arrangeant et produisant des titres à la sophistication urbaine, annonçant Tamla Motown : les plus célèbres restent les Coasters puis les Drifters de Clyde McPhatter et Ben E. King. Si Atlantic n’inscrit que trois disques au hit-parade du rhythm’n’ blues en 1950, dès 1956, près d’un titre sur quatre se classe parmi les dix premiers.

Dans les années 60, Jerry Wexler repère Booker T. & The MG’s, Otis Redding, Wilson Pickett, Sam & Dave et Percy Sledge. La plupart de ces grand représentants du courant soul du sud des Etats-Unis enregistreront à Memphis aux studios Stax, dont Atlantic distribue la propre étiquette en 1968. Wexler développe aussi une collaboration avec les studios Fame, basés à Muscle Shoals (Alabama).

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Sa plus heureuse initiative reste son association avec Aretha Franklin, une chanteuse alors fixée à New York qui, orientée vers un style désuet, végétait chez Columbia. Après le triomphe de Percy Sledge, qui donne au printemps 1966 l’un de ses plus grand succès à Atlantic records, « When A Man Loves A Woman », Aretha Franklin enregistrera les fameux « I Never Loved A Man », « Respect », « Chain Of Fools », « Think »… Ses deux premiers albums I Never Loved A Man et Aretha Arrives se vendent à plus de 1 million d’exemplaires.

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L’ouverture au Jazz puis au Rock

Dès le milieu des années 50, Nesushi Ertegun, frère d’Ahmet, avait crée un catalogue de disques de jazz d’avant-garde, publiant Thelonious Monk, Charlie Mingus, Duke Ellington, Gil Evans, John Coltrane ou Dizzy Gillepsie, rejoint plus tard par Ornette Coleman puis Keith Jarrett. Epousant le virage vers le rock qui s’opère à la même période, Atlantic records recruta des artistes aussi variés que Sonny & Cher, les Rascals, Buffalo Springfield, Vanilla Fudge, Iron Butterfly, Crosby Stills Nash (& Young). Elle distribue aux Etats-Unis les disques de Cream, et prendra sous contrat des groupes britanniques majeurs comme Led Zeppelin et Yes. En 1971, elle distribue les disques des Rolling Stones à travers le monde.

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Acquis par Warner Brothers à la fin des années 60, elle devient l’« A » de WEA (Warner-Elektra-Atlantic). Dans les années 70, elle publiera des groupes majeurs de hard rock tels que AC/DC et Foreigner.

Même si Atlantic records s’est développée vers le rock dès la fin des années 60, avec Led Zeppelin, Yes, Crosby Stills Nash (& Young) et d’autres, elle reste étroitement liée à la soul music comme Chess au blues de Chicago et Sun au rockabilly.

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