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Michael Nyman, compositeur minimaliste et « dandy conformiste »

Never love alone
Michael Nyman, compositeur minimaliste et « dandy conformiste » Posted on 16 septembre 2018Leave a comment
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Né à Londres en 1944, Michael Nyman y étudie le piano, le clavecin et l’histoire de la musique à la Royal Academy of Music. Il entre au King’s College pour entreprendre des études de musicologie. Il se tourne en 1964 vers la critique musicale pour de nombreuses revues : Studio International, Time Out, Tempo, etc.

En 1968, dans The Spectator, Michael Nyman commente l’œuvre de Cornelius Cardew, The Great digest, et utilise pour la première fois le terme « minimalisme » à propos de musique. Ce genre musical, né aux Etats-Unis dans les années 60, se caractérise par la répétition de motifs plus ou moins identiques, consonants, harmoniquement simples. Toujours en 1968, Michael Nyman écrit le livret pour l’opéra de Harrisson Birtwistle : Down by the Greenwood side.

Michael Nyman
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Le même Birtwistle lui demandera quelques années plus tard de réaliser les arrangements des musiques populaires d’Il Campiello du vénitien Carlo Goldoni (1707-1793). C’est à cette occasion qu’il crée le Campiello Band. Cet orchestre de rue était constitué d’instruments médiévaux (sacqueboutes, rebecs) auquel s’ajoutaient banjo, grosse caisse et saxophone. A la suite de cette production, les artistes ne voulant pas se séparer, Nyman compose In Re Don Giovanni (1977) d’après Mozart.

En 1978, certains instrumentistes médiévistes quittent l’ensemble, et d’autres artistes, essentiels au style de Nyman (Alexander Balanescu au violon, Catherine Musker à l’alto, Andrew Findon, John Harle et David Roach au saxophone par exemple) se joignent à l’orchestre : le Michael Nyman Band est né et, dorénavant, Michael Nyman n’arrêtera plus la composition.

Michael Nyman
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Le style de Michael Nyman commence à s’élaborer progressivement : utilisant largement l’amplification, il développe ses couleurs instrumentales et des rythmiques particulières, parfois lancinantes et poignantes, parfois vives et particulièrement joyeuses. Sa musique, largement inspirée par Henry Purcell et Georg Haendel (il a d’ailleurs édité leurs œuvres en 1972,1973 et 1995) est minimaliste et doit beaucoup à ses interprètes qui font preuve de virtuosité et d’exigence.

Sa collaboration avec Peter Greenaway, cinéaste anglais né en 1942, commencée en 1967 avec le court métrage 5 Postcards from Capital Cities, va durer près de 25 ans. Les 2 hommes vont grandir artistiquement ensemble et développer une démarche  particulière : au lieu de recevoir le 1er montage du film comme cela se fait habituellement, Michael Nyman compose la bande originale avant le tournage ; et c’est Greenaway qui, ensuite, adapte ses images à la musique.

Michael Nyman
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Cette façon de travailler, si rare au cinéma, est proposée par Greenaway lui-même et va permettre aux compositions d’être d’une plus grande efficacité dans les films. La preuve se trouve dans les 11 longs métrages de Greenaway pour lesquels Michael Nyman a composé les musiques : Prospero’s Book, A Zed and two noughts, The Cook, the thief, his wife and her lover par exemple.

C’est en 1982 que les 2 amis accèdent à une certaine notoriété avec Meurtre dans un jardin anglais (The Draughtsman’s contract), mais c’est avec la musique du film de Jane Campion La Leçon de Piano (The Piano), pour laquelle on observe un virage stylistique très net, que Michael Nyman reçoit la reconnaissance internationale.

Michael Nyman
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Outre Greenaway et Campion, Michael Nyman a travaillé avec de nombreux cinéastes, aux univers très différents : Jean Pierre Mocky, Patrice Leconte, Diane Kuris, Christopher Hampton, Andrew Niccol, Anne Fontaine, Neil Jordan, Michael Winterbottom (4 films entre 1999 et 2005), etc. Pour le film d’Antonia Bird Ravenous, il a collaboré avec Damon Albarn, leader des groupes Blur et Gorillaz.

Par ailleurs, son apport à la cinématographie ne se limite pas aux nouveaux films. Ainsi, L’Homme à la caméra de Dziga Vertov, un film muet de 1929, a bénéficié d’une bande originale signée Nyman. La création a eu lieu en 2002 avec le Michael Nyman Band. En dehors de ses œuvres pour le 7ème Art, Michael Nyman s’est aussi imposé, dans une moindre mesure,  à l’opéra, avec notamment Man and Boy : Dada en 2004 et Love counts en 2005 (les 2 livrets sont de Michael Hastings).

Michael Nyman
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Enfin, les commandes affluent sur le pupitre de Nyman : le Singapore Chinese orchestra, le Badisches Staatstheater de Karlsruhe (Allemagne), le London Sinfonietta ont fait appel à ses talents et le BBC Symphony Orchestra créera à Londres, en mars 2007, sa pièce pour orchestre et chœur. Les scènes internationales l’accueillent tous les ans pour des concerts en solo ou avec le Michael Nyman Band.

La dernière aventure de Nyman, en dehors de la composition, a été la création de son propre label discographique – MN Records – en 2005.

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