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Chicago, matrice de toutes les expériences afro-américaines

Forte de son potentiel industriel, Chicago devient au début du XXe siècle l’une des plaques tournantes des exilés ruraux du Deep South, qui fuient tout autant une précarité économique qu’une ségrégation sauvage. Dans leurs bagages, ils emportent le blues qui va bientôt muter en se connectant à la grande ville de l’illinois : Muddy Waters, élevé dans les plantations du Delta du Mississippi, troque ainsi sa guitare acoustique pour une électrique. Il n’est pas le seul à se convertir après-guerre.

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Bande originale The Blues brothers, croisade soul contre déferlante disco

La bande originale du film The Blues brothers est avant tout le symbole d’une croisade, celle menée par le duo comique révélé par l’émission télé Saturday Night live pour défendre la soul, la seule, la vraie, contre les outrages commis par la tragique déferlante disco.Ce qui avait commencé comme une chouette idée de sketch, pour les frères Joliet Jake et Elwood Blues (John Belushi et Dan Aykroyd), se transforme rapidement en phénomène populaire.

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LA. Woman (The Doors), le chant du cygne de Jim Morrison

Ni le nom du studio ni le titre de la chanson ne sont du meilleur augure. Durant les premiers jours d’octobre 1970, une équipe de musiciens est réunie à Sunset Sound Recorders afin d’y terminer l’enregistrement d’une composition de Nick « The Greek » Gravenites, Buried Alive in the Blues… Seule manque la chanteuse., d’ordinaire ponctuelle. Les heures passent, le producteur s’alarme, un road manager est dépêché au Landmark Motor Hotel, niché au pied des collines d’Hollywood. Sur le parking, un cabriolet Porsche peint aux couleurs du psychédélisme.

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Nina Simone, grande prêtresse de l’âme et voix de l’engagement

Aretha Franklin et la soul, Ella Fitzgerald et le jazz, Mahalia Jackson et le gospel, Dinah Washington et le blues… Si la plupart des grandes voix féminines ont été affiliées à un genre, il en est une qui occupe une place à part : Nina Simone. Auteur- compositeur majeure, totalement maîtresse de son art, de l’écriture jusqu’à l’interprétation, Eunice Kathleen Waymon (de son vrai nom) laisse derrière elle une œuvre forte qui embrasse tous ces styles, des versions uniques de grands classiques. S’il fallait encore souligner la dimension et l’empreinte de Nina Simone, il suffirait de constater combien sa voix, son style, sont reconnaissables en quelques mesures. La marque d’une grande, « The High Priestess of Soul ».

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Exile on main street (The Rolling Stones), une jungle marécageuse de riffs

Habitées par le blues et la soul, les chansons de ce double album célèbrent avec une ferveur lascive les joies de l’âme.Si Sticky Fingers était l’album à la braguette magique, les Stones d’Exile on Main Street semblent en pleine panne des sens – la langue, ils la tirent encore, mais d’épuisement. Le refrain de la chanson d’ouverture, Rocks Off, donne d’ailleurs la clé de ce qui, en mai 1972, sonne comme un album de reprises mal fagotées : “Je n’arrive plus à jouir que lorsque je rêve”, se lamente Jagger.Exile on Main Street offre effectivement une recension des pollutions nocturnes et rêves humides des Stones provoqués par les musiques afro-américaines.

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Gris-gris (Dr John), créature primitive du bayou et apparition de mardi gras

On peut remercier Sonny & Cher pour ce personnage historique du funk de La Nouvelle-Orléans. Alors qu’ils filment une émission de télévision à l’automne 1967, le duo fait don à l’un de ses musiciens de studio d’une partie du temps d’enregistrement qu’il a réservé : c’était Malcolm Robert Rebennack, pianiste et guitariste itinérant de la Nouvelle-Orléans.

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Winter In America (Gill Scott-Heron), portrait de la décadence économique américaine

En 1973, Gil Scott-Heron vient d’enregistrer deux albums pour Flying Dutchman, Pieces Of A Man et Free Will, qui comptent parmi ses plus réussis. Mais le torchon brûle avec Thiele. Après que le producteur a refusé de faire figurer à côté de son nom celui de son alter ego de toujours Brian Jackson, Gil prend ses cliques et ses claques et enregistre avec Brian un album pour Strata East, un petit label indépendant fondé par Charles Tolliver et Stanley Cowell sur la côte Est.