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Pieces Of A Man (Gil Scott Heron), critique du consumérisme de l’Amérique moyenne

Après un premier vinyle publié en 1970 sur le label Flying Dutchman de Bob Thiele, la collaboration entre Scott-Heron et Thiele va s’étendre au-delà de la collection de poèmes dits sur fond de congas qui composent Small Talk At 125th And Lennox. Dès son baptême de studio, Gil Scott Heron dévoile l’œcuménisme de son regard critique en égratignant aussi bien les bourgeois afro-américains de gauche que le consumérisme de l’Amérique moyenne, pavillonnaire et décérébrée.

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Black & Proud, la bande-son du Mouvement des droits civiques afro-américains

Au virage des années soixante, les musiciens afro-américains se mettent au diapason de la contestation. Du jazz à la soul, du funk au futur rap, ils promettent des lendemains qui détonnent. État des lieux de la bande-son du Mouvement des droits civiques.

I have a dream. » Nul n’a oublié le discours de Martin Luther King sur les marches du Lincoln Memorial de Washington D.C. Le pasteur n’était pas le seul à rêver en cette année 1963. Un autre Afro-américain montrait à sa manière la voie à suivre : le trompettiste Dizzy Gillespie signait un retentissant album intitulé Dizzy For President!

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Killing Me Softly (Roberta Flack), l’aboutissement d’une longue histoire mêlée de légende urbaine

Succès retentissant de l’année 1973, Roberta Flack Killing me Softly With His Song est l’aboutissement d’une longue histoire se mêlant à une légende urbaine. La première interprète de cette chanson, la chanteuse Lori Lieberman, a toujours prétendu s’être inspirée du titre Empty Chairs de Don McLean, entendu lors d’un concert au club Troubadour de Los Angeles. Roberta Flack aurait ensuite demandé au parolier Norman Gimbel de lui confectionner des paroles qui évoqueraient cette prestation qui l’avait beaucoup marquée. L’anecdote est jolie mais la réalité est moins glamour.

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A Love Supreme (John Coltrane), véritable hymne de louanges au Créateur

Lorsqu’en décembre 1964, le saxophoniste est entré en studio avec le pianiste McCoy Tyner, le bassiste Jimmy Garrison et le batteur Elvin Jones, il s’était sorti depuis longtemps de son addiction aux drogues. Ce quartette a alors acquis la réputation d’être l’un des ensembles les plus innovants du jazz. Chacun de ses spectacles s’apparentait à une incursion dans l’inconnu, dans l’inouï. Et il n’était pas rare que les thèmes n’occupent qu’une place accessoire : l’essentiel était de voir ce qui pouvait en sortir en improvisation. Néanmoins, pour cette session d’enregistrement, John Coltrane avait tout défini au préalable : une suite structurée de bout en bout, commençant par une invocation forte et s’achevant sur une lente prière.

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What’s Going On (Marvin Gaye), chef-d’œuvre de soul sophistiquée et engagée

À partir de 1967, Marvin Gaye, le crooner à la voix d’or de la Motown, se sent de plus en plus étouffé par le carcan créatif du label de Berry Gordy. Dévasté par la disparition, en mars 1970, de Tammi Terrell, sa partenaire de Ain’t No Mountain High Enough, il annonce son retrait de la scène et des studios. En plus d’être la cible du fisc pour dettes impayées, Marvin Gaye est également secoué par les confidences de son frère Frankie, qui vient d’achever une mission de trois ans au Vietnam. Après s’être rêvé en Sinatra noir, Marvin Gaye cherche désormais le moyen de canaliser sa frustration artistique. Il trouvera son salut sous la forme d’une protest song écrite en réaction aux brutalités policières commises lors des émeutes de Berkeley par Renaldo « Obie » Benson, un membre des Four Tops.

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Head Hunters d’Herbie Hancock, hymnes jazz-funk par excellence

Après la magistrale trilogie de jazz électronique et expérimental (« mwandishi », « crossing » et « sextant »), Herbie Hancock, fort des écoutes prolongées des albums de Sly and The Family Stone, décide de changer d’orientation musicale. Moins expérimentale, plus funk, plus accessible.Entre-temps, Herbie Hancock s’est établit en Californie et s’est convertit au bouddhisme. « J’avais renoncé au désir de devenir une légende et d’écrire le grand chef-d’œuvre américain. Je me sentais satisfait de parvenir simplement à créer une musique qui rende les gens heureux. »

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Innervisions (Stevie Wonder), des titres unis par la brume d’une foi attristée

En mai 1973, Stevie Wonder organise en douce, sur un parking de New York, un rendez-vous avec des policiers de la ville. Il souhaite glisser, dans une chanson, Living for the city, qu’il arrange comme un film, les dialogues réalistes d’une arrestation brutale. Le chanteur tient dur comme fer à des voix authentiques. Le moindre détail l’obsède, son inspiration est aiguisée comme une lame. Il fête ses 23 ans et s’immerge dans l’enregistrement d’Innervisions («Visions intérieures»), son seizième album déjà, dont il fera l’œuvre parfaite.

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Curtis (Curtis Mayfield), premier LP solo du maestro

Les activités de Mayfield pendant les années 60 ne se limitent pas à son travail au sein des Impressions. Lorsqu’il n’est pas en tournée à travers les Etats-Unis, il trouve le temps d’écrire pour d’autres représentants de la soul de Chicago dont Major Lance, Walter Jackson, Gène Chandler, Billy Butler et surtout son frère Jerry.

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Songs In The Key Of Life, ou l’apogée artistique de Stevie Wonder

Après avoir négocié un accord unique avec Berry Gordy en 1971 lui garantissant le contrôle artistique total sur ses enregistrements, Stevie Wonder doit renouveler son contrat avec la Motown en août 1975.Le nouveau deal porte sur treize millions de dollars étalés sur sept ans, une somme inouïe pour l’époque. « Pas question de perdre Stevie Wonder ! », tonne Berry Gordy, qui prévoit déjà les bénéfices occasionnés par la sortie d’un double album Songs In The Key Of Life. Gordy, un as du budget prévisionnel, a tout prévu sauf la notion aléatoire du temps à Stevie Wonderland.