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Betty Davis

Never love alone
Betty Davis Posted on 23 octobre 2012Leave a comment
Never love alone

Betty Mabry grandit dans la ferme de sa grand-mère à Durham, en Caroline du Nord. Lorsqu’elle a 12 ans, sa famille déménage à Pittsburgh en Pennsylvanie, où son père travaille comme contremaître dans un haut fourneau. À l’âge de 16 ans, Betty part pour New York. Étudiant le jour à l’institut des techniques de la mode, elle gagne sa vie en travaillant le jour comme secrétaire ou vendeuse.

Pendant son temps libre, elle écrit quelques chansons, dont ‘Uptown In Harlem’, qui sera enregistrée en 1966 par le duo soul The Chamber Brothers sur leur premier album. Elle travaille ensuite comme mannequin, avec un certain succès : ses photos sont notamment publiées dans les magazines Seventeen, Ebony et Glamour.

Pendant cette période faste elle fait la connaissance de nombreux musiciens dont Jimi Hendrix et Sly Stone, leader du groupe funk Sly and The Family Stone … et Miles Davis bien sur. Elle le rencontre en 1967, et l’épouse en 1968 à l’âge de 23 ans.

Le mariage ne dure qu’un an, Miles Davis demandant le divorce en 1969 car, selon ses mots, son épouse est « trop jeune et sauvage » pour lui. Si son mariage avec la star du jazz fut éphémère, Betty Mabry eut une influence profonde sur sa vie et son œuvre. En l’initiant au funk de Sly and the Family Stone comme au rock psychédélique du Jimi Hendrix Experience, Miles délaissa les costumes sombres et chics pour les tenues extravagantes qui le caractériseront jusqu’à la fin de sa vie.

À la suite de sa rupture avec Miles Davis, Betty reprend sa carrière de mannequin, voyageant notamment à Londres, où elle fut l’un des premiers mannequins noirs à défiler. Parallèlement, elle continue à écrire des chansons et envisage de se lancer dans une carrière musicale.

En 1971, elle revient à New York dans ce but, apportant certaines de ses chansons au groupe de « Rock Latin » Santana du guitariste du même nom. L’enregistrement n’a finalement pas lieu. Elle utilise alors ses nombreux contacts dans le milieu de la musique pour former son propre groupe, avec lequel elle enregistre son premier album éponyme, qui sort en 1973.

Pour ce premier opus, Betty impose d’entrée de jeu sa propre vision d’un Funk qu’elle veut chargé de phéromones, d’ambiances chaudes et moites, imprégné de rock cru.

Pour cela, elle s’adjoint les services de Greg Errico (batteur de Sly Stone) et également producteur de l’album, de Neal Schon à la guitare (Santana, futur-Journey), de l’instigateur du slap Larry Graham (Sly Stone, Graham Central Station), un des meilleurs bassistes des 70’s, des Pointer Sisters, des cuivres du Tower of Power, de Gregg Rolie aux claviers et d’autres membres du Graham Central Station. Le résultat est un cocktail Molotov à base du Funk aventureux de Sly Stone et de Funkadelic, de la soul de James Brown et de Otis Redding, du Rythm’n’Blues d’Ike & Tina Turner, de la Soul(-rock) blanche de Vinegar Joe et même du Heavy-rock de Led Zep et de Trapeze.

L’album, qui contient quelques morceaux sexuellement très explicites pour l’époque, choque certaines consciences, valant notamment à son auteure les remontrances de la NAACP (Association pour le progrès des gens de couleur), estimant qu’elle représente une « honte » pour les Noirs américains. Des groupes religieux organisent même des manifestations lors de ses concerts, dont plusieurs doivent être annulés. Le morceau «If I’m In Luck I Might Get Picked Up» est interdit de diffusion dans la ville de Détroit, et de nombreuses radios du pays refusent de le passer à l’antenne. Une station de Kansas City s’attire même de sévères remontrances pour avoir diffusé le titre par accident

Dans la même veine, son deuxième album explosif They Say I’m Different parait trop en avance sur son époque, avec une chanson aussi intense que Shoo-B-Doop and Cop Him, largement samplée par Ice Cube. Le succès n’est pas au rendez-vous. Trop rock pour les uns, trop Funk pour les autres, et surtout, bien avant la curie du P.M.R.C., elle continue d’être la cible de groupes religieux usant de leur influence pour empêcher la diffusion de ses chansons à la radio et la programmation de ses concerts.

Tout au long de sa carrière éclair, Betty Davis fera preuve d’une indépendance artistique totale. Elle ne cèdera pas aux sirènes disco et disparaîtra d’une scène musicale apparemment fermée à son magnétisme sexuel à l’issue d’un troisième opus, Nasty Gal. Sortit en 1975, on peut l’entendre dans un registre moins sulfureux avec le langoureux « You & I » où elle se montre mesurée, posée, limpide, et néanmoins toujours aussi sensuelle.

La quête de Betty était celle d’un Funk-rock vindicatif et abrasif, empreint d’une fureur maîtrisée. Son comportement outrancier à connotation sexuelle sur scène, et des paroles parfois délurées et torrides lui attire les foudres d’une frange de la communauté noire. Elle lui reproche ouvertement de ne pas donner une bonne image des afro-américains. Une certaine image de l’Amérique puritaine. Qu’importe, Betty persiste et signe. Entre Funk lourd, Heavy-rock mid-tempo, souvent surchargé d’érotisme déviant, elle n’offre pas d’autre choix que la soumission.

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