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Dusty Springfield, une diva complexe… et complexée

Never love alone
Dusty Springfield, une diva complexe… et complexée Posted on 11 octobre 2018Leave a comment
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Mary Isobel Catherine Bernadette O’Brien, Londonienne, est née de parents irlandais en 1939, décédée du cancer en 1999. En tant que membre des Lana Sisters, elle enregistre quelques singles et même quatre 78 tours à partir de 1958 puis devient Dusty Springfield en 1960, enregistrant avec son frère Dion O’Brien rebaptisé Tom Springfield.

Leur pseudonyme est suggéré par le véritable nom de Tim Field avec qui ils fondèrent le trio des Springfields au répertoire pop / folk. Le trio connaît la gloire deux ans durant (leur single “Island Of Dreams” constitue la quatrième meilleure vente de toute l’année 1963 en Angleterre). Mais, cette même année 1963, en tournée aux Etats-Unis, Dusty Springfield découvre “Tell Him” des Exciters qui lui donne le goût d’une pop plus musclée aux sonorités plus américaines que britanniques.

Dusty Springfield
Dusty Springfield

Dusty Springfield réalisera son rêve six ans plus tard avec l’album « Dusty in Memphis », un titre pas particulièrement judicieux dans la mesure où, bien que les musiciens aient enregistré dans la ville en question, Dusty Springfield, elle, avait posé sa voix sur la plupart des titres dans des studios d’enregistrement new-yorkais. A sa sortie, le célèbre journaliste Greg Marcus n’était pas parvenu à imposer sa chronique dans l’incontournable Rolling Stone. Il fallu plusieurs décennies pour que le magazine se décide à placer « Dusty in Memphis » dans sa liste des dix disques les plus cool de tous les temps.

Entre-temps la star avait publié une incroyable brochette de tubes imparables : « I Only Want To Be With You” (en français, “A présent tu peux t’en aller” par Richard Anthony), “Wishin’ And Hopin'”, “Everyday I Have To Cry Some”, « In The Middle Of Nowhere », etc. Mention spéciale à « Son Of A Preacher Man », single de novembre 1968 qui annonce “Dusty In Memphis”, album qui sort en janvier 1969 outre-Atlantique, avril en Angleterre.

Dusty Springfield
Dusty Springfield

Pour beaucoup, c’est le meilleur album de la diva, et, aux States, quatre singles en seront extraits, dont ce fameux “Son Of A Preacher Man”, une chanson écrite à l’origine pour Aretha Franklin par John Hurley et Ronnie Wilkins. Dans un premier temps, The Lady Of Soul rejetta la composition… pour finalement l’enregistrer après que la version de Dusty ait triomphé au hit-parade. Pourtant, au sortir du studio, Dusty n’était pas satisfaite du résultat et souhaitait la réenregistrer. Le disque sortit avant qu’elle n’ait eu le temps de revoir sa copie… copie qui n’était certainement pas si mauvaise puisqu’elle figure dans la BO du film culte “Pulp Fiction”.

A moins qu’elle ait été merveilleusement conseillée. Toujours est-il que les chansons qu’elle a enregistrées sont ensuite devenues des classiques. Dusty Springfield fut même capable, en 1966, de magnifier, à l’instar d’Elvis qui lui aussi en délivrera une correcte interprétation cinq ans après elle, « You Don’t Have To Say You Love Me », une mélodie comme les Italiens savent si bien les faire, en l’occurrence P. Donaggio et V. Pallavicini.

Dusty Springfield
Dusty Springfield

Dusty Springfield avait une personnalité complexe… et complexée. La moindre interview la rendait malade : les journalistes n’hésitaient pas à évoquer sa bisexualité et ses problèmes face à la drogue et à l’alcool. Pour ces raisons, elle disparut de la vie publique durant de nombreuses années jusqu’à 1987. Lorsqu’elle revint à l’insistance des Pet Shop boys, hélas, la maladie refusa de lui accorder un sursis…

Pour un “express” sur sa carrière, deux clips : à ses débuts, sa version de “Ne me quitte pas”… et, sur la fin de sa vie, “Nothing has been proved”, BO du film qui raconte l’Affaire Christine Keeler, scandale qui secoua l’Angleterre au milieu des années 60.

© Daniel Lesueur

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