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Eli And The Thirteenth Confession (Laura Nyro), mélodies vagabondes et ensoleillées

Never love alone
Eli And The Thirteenth Confession (Laura Nyro), mélodies vagabondes et ensoleillées Posted on 5 mars 2019Leave a comment
Never love alone

Enregistré le 29 novembre 1967 et le 15 février 1968 – NYC – Columbia Records
En 1968, alors qu’elle est invitée au festival de Monterey pour son deuxième concert, elle se fait huer et jeter de scène. On imagine bien le public hippie s’insurger contre la poésie de ses textes qui introduisent parfois des figures de l’Ancien Testament, comme dans Eli’s Comin, où l’amant apparaît sous la forme d’un ange.

La même année, Laura Nyro enregistre son deuxième album intitulé « Eli And The Thirteenth Confession ». Elle n’a alors que 21 ans. Dans une certaine mesure cette maturité précoce reflète toute la richesse de sa personnalité, pleine, complexe dans son rapport à la musique, en éternelle remise en question.

Eli And The Thirteenth Confession (Laura Nyro)
Eli And The Thirteenth Confession (Laura Nyro)

« Eli And The Thirteenth Confession », album concept, dit mieux qu’aucun autre le trouble inhérent au passage de l’adolescence à l’âge adulte. Là, comme dans tous ses autres disques, elle évacue ses frustrations et s’expose sans retenue sur des mélodies singulières, modulées par d’incessantes variations ayant décontenancé plus d’un auditeur.

Enregistrées sous l’égide de David Geffen, ses chansons accompagnées au piano sont introspectives, sensuelles et poétiques. Elles adoptent une combinaison éclectique de soul, de jazz, de musique folk et de gospel.


Eli And The Thirteenth Confession (Laura Nyro)

Son amour de l’expérimentation l’a poussée à incorporer des changements de tempo inattendus, élément qui irritait ses critiques contemporains. Mais que ce soit la vie de bohème décrite dans Sweet Blindness, la mélodie vagabonde et ensoleillée de Stoned Soul Picnic ou le blues triste et insistant de Woman’s Blues, ses compositions intenses et non conventionnelles – ainsi que sa voix saisissante, passant du chuchotement au cri strident – touchent à la fois l’esprit et le cœur.

La production est étincelante, capiteuse (Charlie Calello et Laura Nyro), non seulement par son ampleur orchestrale, ses arrangements diaphanes et luxuriants (Calello), mais par la manière dont fusionnent où se découpent les sons des instruments: violons, flûtes, trompette, saxophone, orgue, vibraphone, hautbois, harpe, guitare, piano, batterie, percussions, sans oublier les voix “multiples” de Laura.

Eli And The Thirteenth Confession (Laura Nyro)
Eli And The Thirteenth Confession (Laura Nyro)

Considéré comme un chef-d’œuvre, cet album ne fut pourtant pas un succès commercial (#189 au Billboard 200); ses embardées pop, soul, funk, gospel, blues, jazz, son glamour Broadway, ses ruptures de tempo, ses brusques mutations, avaient — ont de quoi encore — surprendre et désorienter.

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CRÉDITS Eli And The Thirteenth Confession (Laura Nyro) :

Laura Nyro : piano, voix, harmonies – Ralph Casale et Chet Amsterdam : guitare acoustique – Hugh McCracken : guitare électrique – Chuck Rainey et Chet Amsterdam : basse – Artie Schroeck : batterie, xylophone – Buddy Saltzman : batterie – Dave Carey : percussion – Bernie Glow, Pat Calello et Ernie Royal : trompettes – George Young et Zoot Sims : saxophone – Wayne Andre, Jimmy Cleveland et Ray DeSio : trombones – Joe Farrell : saxophone, flûte – Paul Griffin : piano sur « Eli’s Comin' » et « Once It Was Alright Now (Farmer Joe) » – Charlie Calello : arrangements – Roy Segal, Stan Tonkel : ingénieurs du son – Charlie Calello, Laura Nyro : producteurs

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