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Gil Scott Heron, parrain du rap et du spoken words

Never love alone
Gil Scott Heron, parrain du rap et du spoken words Posted on 3 janvier 2019Leave a comment
Never love alone

Considéré par beaucoup comme le parrain du rap et du spoken words à travers les premières adaptations musicales de ses poèmes, Gil Scott Heron a évolué en suivant l’influence de ses mentors (John Coltrane, Billie Holiday…) vers une fusion Jazz/Blues/Funk tout en conservant une verve poétique et politique souvent en avance sur ses pairs.

Gil Scott Heron se bat contre tout ce qui mine les siens, célébrant la libération des peuples dans des chansons en forme de prières pétries d’humanité et d’humilité.

Gil Scott Heron
Gil Scott Heron

Un Bronx qui beat

Né à Chicago en 1949, il est le fils d’une bibliothécaires et d’un footballeur jamaïcain, Gilbert St Elmo Heron, également connu sous le nom de “Black Arrow” lorsqu’il portait le maillot du club du Celtic de Glasgow (Ecosse).

Gil Scott Heron passe son enfance dans le Tennessee auprès de sa grand mère avant de rejoindre NY vers l’âge de 13 ans pour s’installer dans le Bronx. C’est à cet âge qu’il termine son premier recueil de poésies, influencé par le poète Langston Hughes, chantre du mouvement littéraire Harlem Renaissance, et LeRoi Jones, auteur du peuple du blues.

Il s’installe par la suite à Chelsea, quartier multiracial et multiculturel du Sud-Ouest de Manhattan qui lui apportera beaucoup par ses échanges permanents de culture, mais aussi par la rudesse du ghetto lié de très près aux problèmes de drogue.

gil scott heron the bottle,
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De «Small Talk at the 125th and Lenox» à «Spirits»

A vingt et un ans, Gil Scott Heron a déjà à son actif un roman (The Vulture, Le vautour), un recueil de poésies, Small Talk at the 125th and Lenox, et sous le même titre, un premier disque.

Il abandonne définitivement ces études à Lincoln University et prend une année sabbatique pour se consacrer à la littérature… mais son talent de compositeur, chanteur et pianiste l’écarte peu à peu de l’écriture pour le diriger vers une carrière de musicien. Il enregistre en 1971 et 1972 deux albums exceptionnels, ” Pieces of man ” et ” Free will “, produit par Bob Thiele (producteur de John Coltrane entres autres).

Le génie ne s’arrêtant pas là, il enregistre en 1973, “Winter in America ” qui est considéré par beaucoup aujourd’hui comme l’un de ses plus beaux albums. Avec Brian Jackson qui sera son complice pendant plus de 10 ans, Gil traverse sans encombre les années 80, “Quand Brian et moi avons débuté, on était des auteurs avant tout…c’est pour ça qu’on a mis des images de gorilles sur les pochettes, on était plus préoccupé par le fait de faire passer nos chansons… on se fichait pas mal de se mettre en avant …peu importe qui chante ces chansons, du moment que les gens les écoutent et les apprécient”. Quand ils ont réalisé le film “Hurricane” ils ont utilisé le morceau “The Revolution will not be televised” J’apparaissais nulle part dans ce film, mais ma chanson y était !

Gil Scott Heron

Un engagement politique constant

Son œuvre, musicale ou écrite, reflète une volonté de crier haut et fort les problèmes politiques et les faits sociaux qu’il vit au quotidien. C’est un homme de la rue et le rappelle à travers ses chansons : “New York City”, “Winter in America“. Il se positionne comme un défenseur de la cause des Noirs, très souvent délaissée par le Gouvernement américain : “On est soi disant sur une terre de justice, de liberté et d’égalité et c’est ce que tout le monde recherche ici.”

Dans son premier roman, The Vulture, il décrit très crûment la misère et les trafics de drogue qui ravagent les ghettos noir-américains à la fin des années 60.

Gil Scott Heron

Il attaque volontiers et en public, le gouvernement de Nixon, notamment dans un excellent exercice de style plein d’humour : “We beg your pardon america/because the pardon you gave/was not yours to give” performance de spoken word qu’on retrouve sur l’album “The Mind of Gil Scott Heron” (Arista, 1979). “Johannesburg” dénonce l’apartheid, The bottle” et “Angel dust” l’alcool et la drogue, “B-movie” est une attaque du conservatisme politique…

Influencé par Malcom X, il fut longtemps sur la liste rouge du FBI pour sa prise de partie à de nombreuses causes : “Les Black Panthers organisent des petits-déjeuners pour les enfants dans les écoles. J’ai joué pour leur permettre de collecter des fonds…si la communauté musulmane veut construire une mosquée, je joue pour eux. Si l’église du quartier veut envoyer de l’argent pour distribuer des vivres aux plus démunis, je le fais aussi. J’aide toutes les organisations qui apportent quelque chose de positif à la communauté noire. Je n’appartiens à aucun groupe en particulier, mais je défend tous ceux qui représentent mes idées.”

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ANECDOTES

La musique, il s’y met presque par accident

Fin des années 50. Jackson, Tennessee. La musique, il s’y met presque par accident, sa grand-mère ayant récupéré un piano contre la somme de 6 dollars auprès de leur voisin immédiat, une entreprise de pompes funèbres contrainte de fermer boutique. Il écoute la radio et commence à pianoter tout seul, essayant tant bien que mal de reproduire le plus fidèlement possible les tubes du moment. Du doo wop, du blues. Des trucs comme « Stand By Me » ou « Duke Of Earl ». « C’est pour ça qu’il y a tant de progression d’accords blues dans ma musique. On peut raconter des histoires avec le blues. » Plus tard, il prend quelques cours avec une voisine, qui durant près d’un an va lui enseigner des hymnes religieux qu’à son tour, il joue à sa grand-mère.

Son passage au Lycée

Danny Goldberg, un vétéran de l’industrie musicale qui est allé au lycée avec lui, écrit de lui : C’était une école privée, fréquentée principalement par des élèves de confession juive, et qui ne comptait que cinq élèves noirs, dont Scott-Heron. L’un de leurs camarades de classe se souvient : « Déjà au lycée, c’était une âme ancienne. Nous savions que Gil venait d’un monde différent, mais c’était vraiment bon de passer du temps avec lui » C’était la star de l’équipe de basket, mais contrairement à d’autres sportifs, il était aimable avec ceux qui ne partageaient pas les mêmes aptitudes. Un autre camarade de classe se souvient : « Il savait shooter au panier, mais il faisait en sorte que les élèves les moins sportifs puissent jouer avec les stars, et il nous respectait. Héron me lançait la balle pour que je puisse marquer et il me félicitait ensuite pour mes aptitudes en maths. » Goldberg se rappelle également la transformation du jeune Scott-Heron en une sorte de hippie, mais avec un côté « black power ». « Avec le temps, j’étais persuadé qu’il restait un fond de l’idéal hippie en lui dans son approche de l’art, du mysticisme, de la politique », écrit Goldberg. « “The Revolution Will Not Be Televised” avait une férocité à la Malcolm X et ridiculisait la superficialité de la culture populaire, mais son intensité subtile diffusait également le message que toute vraie révolution doit se situer à l’intérieur de soi-même. »

Premier roman

«Le Vautour», premier roman de GSH, a été écrit en grande partie dans la blanchisserie qui l’emploie pour financer ses études universitaires en Pennsylvanie. Plongée fascinante dans l’Amérique noire urbaine des années 1960, ce livre a suscité à sa sortie un accueil critique chaleureux, presse noire et blanche confondue.

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