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Hubert Laws ‎In The Beginning, combinaison de jazz, gospel et musique classique

Never love alone
Hubert Laws ‎In The Beginning, combinaison de jazz, gospel et musique classique Posted on 8 avril 2020Leave a comment
Never love alone

Hubert Laws ‎In The Beginning – Enregistré au les 6-8 et 11 février 1974 aux Van Gelder Studios New Jersey USA – CTI Records
Quand Hubert Laws enregistre « In The Beginning » en 1974, il a déjà sorti plusieurs album sous son propre nom. In The Beginning demeure cependant l’un de ses enregistrements les plus populaires combinant différents styles de jazz, de gospel et de musique classique.

L’album Hubert Laws ‎In The Beginning doit son immense qualité à l’équipe de sidemen réunis pour les sessions de février 1974 à Englewood Cliffs, New Jersey, à commencer par Ron Carter à la basse, Steve Gadd à la batterie, Dave Friedman au vibraphone et Gene Bertoncini à la guitare.

La magie de l’enregistrement tient également à l’excellente production du propriétaire du label Creed Taylor et de l’ingénieur du son Rudy Van Gelder.


Hubert Laws ‎In The Beginning

Plus besoin de présenter Ron Carter. Il a joué avec à peu près tout les jazzmans depuis ses débuts en 1960. Il est l’un des musiciens de jazz les plus enregistrés, a enseigné dans les grandes écoles pendant plus de 20 ans. Steve Gadd a déjà de son coté une longue carrière lorsqu’il joue sur ce disque.

Friedman est l’un des vibraphonistes les plus novateurs et les plus influents de l’époque. Quand à Bertoncini, il est un guitaristes appréciés. Il a notamment joué un rôle déterminant dans la synthèse du jazz us et du jazz brésilien.

Parmi les autres musiciens figurent Ronnnie Laws au saxophone et quatre claviéristes, sous la direction du sideman maison CTI Bob James.

Les morceaux qui composent In The Beginning sont toutes des reprises de grands noms comme Sonny Rollins et John Coltrane hormis une composition de Hubert Laws.

Hubert Laws ‎In The Beginning
Hubert Laws ‎In The Beginning

L’album s’ouvre sur « In The Beginning » de Clare Fischer, qui l’a arrangée et y joue du piano électrique. Fischer est l’un des pionniers du piano électrique, mais il est surtout connu comme arrangeur et compositeur. Professeur universitaire de composition et d’improvisation, Fischer a continué à travailler comme chef d’orchestre pendant une bonne partie de sa vie. Cette pièce s’ouvre sur un thème en 5/4 (nuances de l’influence de Dave Brubeck), accompagné d’une section qui s’inspire du free jazz, du jazz moderne et des styles classiques modernistes.

« Restauration » de Harold Blanchard, est une ballade romantique jouée principalement par un quintette composé de vibes, piano, batterie et basse en plus de la flûte. La batterie de Gadd se démarque clairement. La guitare électrique de Bertoncini double étonnamment Laws sur le thème final, et la pièce sort avec un contrepoint ludique entre flûte et vibes.

Arrive ensuite une œuvre « classique », la populaire « Gymnopedie #1 » du proto-moderniste et dadaïste français Erik Satie. Fidèle à la philosophie du compositeur, l’arrangement de Bob James est minimaliste, avec Laws soutenu par un trio à cordes, piano, basse et guitare. On peut entendre des doublages de Laws à la flûte et quelques notes au piano électrique.

Hubert Laws ‎In The Beginning
Hubert Laws ‎In The Beginning

Après l’accord mineur final du thème de Satie qui s’estompe, nous avons droit à un baume d’espoir et de joie alors que Bob James commence la pièce avec un accord de piano majeur.

« Disconsolate » est un vieil hymne méthodiste, ici réarrangé (par James et Laws) en valse majestueuse. Accompagné par une section de batterie, basse, piano et rejoint par Richard Tee à l’orgue, Laws reprend ce thème mélodique. A la fin du premier refrain, il commence à se doubler à la flûte, et la procédure atteint un léger point culminant, avec l’aide de quelques chutes de cymbales exubérantes de M. Gadd.

Les deux flûtes de Laws s’enchaînent à nouveau l’une autour de l’autre au détour d’un virage. Le troisième choeur monte encore plus haut, avec tout le monde dans un contrôle impeccable, mais avec une passion si contenue qu’on a envie de crier hallelujah ! Un bref mais merveilleux demi chœur de récapitulation conclut le tout majestueusement, la basse et l’orgue s’estompant en dernier. En 35 ans d’écoute de cette musique, je ne m’en suis jamais lassé, et j’espère que quelqu’un la jouera très fort sur un bon système à mon enterrement.

Hubert Laws ‎In The Beginning
Hubert Laws ‎In The Beginning

Après cet époustouflant moment d’élévation spirituelle, Laws and Gadd se lance dans le standard bebop « Airegin » de Sonny Rollins. (« Nigeria » à l’envers.)

Ces cinq minutes et demie de double temps rapides sur le tambour, des claquements et des roulades rapides sur la caisse claire brossée et la cymbale, et la flûte de Laws qui monte, descend et s’écarte avec la mélodie envoûtante.

Le polaire « Moment’s Notice » de John Coltrane vient ensuite. Une mélodie superbe, un rythme qui claque des doigts et Laws montre d’impressionnantes improvisations, avec Gadd, Carter et James (au piano électrique) qui le poussent à fond. Le frère Ronnie vole les rênes et empêche la chose de dérailler dans le troisième virage chaotique, James joue une longue section de tête, puis Hubert va encore plus loin, propulsant son ensemble vers de grands sommets.

Hubert Laws ‎In The Beginning
Hubert Laws ‎In The Beginning

Les choses se calment un peu pour la douce « Réconciliation » de Rodgers Grant, bien qu’à 10 minutes, Laws and Co. ait tout le temps d’explorer.

Pianiste, compositeur et arrangeur, Grant a écrit le titre du précédent album de Laws, Morning Star (CTI, 1973), et en plus de contribuer au titre précédent, il joue du piano sur le morceau le plus proche, la samba-fusion de 15 minutes « Mean Lene » de Laws, qui occupe toute la quatrième face du disque. Tout le monde y a l’occasion de briller à commencer par Friedman sur les vibes, et le percussionniste Airto Moreira – qui à l’époque venait de s’affirmer comme l’un des meilleurs percussionnistes de l’hémisphère occidental – ajoute toutes sortes de couleurs.

In The Beginning est un voyage qui transcende son époque. Il contient une telle variété de styles, tous joués avec une apparente facilité et une créativité presque désinvolte par une formation de classe mondiale.

Hubert Laws quand à lui joue avec une rare combinaison de précision et de chaleur, de logique et de passion, toujours au service de la musique.

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