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B.O. de Il était une fois en Amérique, un des scores les plus ambitieux d’Ennio Morricone

Never love alone
B.O. de Il était une fois en Amérique, un des scores les plus ambitieux d’Ennio Morricone Posted on 6 novembre 2019Leave a comment
Never love alone

Enregistré en décembre 1983 au Forum Studios, Rome – Mercury Records
Au sommet de son art symphonique, Ennio Morricone compose la BO la plus mélancolique de l’histoire du cinéma, sublime de lyrisme et d’émotion retenue, et offre à la rêverie de Leone sur le temps perdu (Once upon a Time in America), l’amour impossible (Deborah’s Theme) et la trahison une atmosphère musicale et une poignée de thèmes magnifiques, tous écrits douze ans avant le premier jour de tournage !

Il était une fois en Amérique, mon chef-d’œuvre ? J’accepte cette éventualité; même si je suis aussi très fier de mes autres collaborations avec Leone, pas les premiers westerns, mais Le Bon, la Brute et le Truand, Il était une fois dans l’Ouest et Il était une fois la Révolution. La musique de Il était une fois en Amérique est plus clairement une musique qui se suffit à elle-même, que l’on peut écouter seule. En ce sens, elle se rapproche d’un opéra, d’une certaine manière.” (Ennio Morricone)

Pour préparer Il était une fois en Amérique, Ennio Morricone travaille en osmose avec son réalisateur : il joue au piano pendant que Sergio lui raconte la scène. Le producteur Arnon Milchan, qui assista à certaines de ces sessions préparatoires en 1982, n’en a pas cru ses yeux.

« Je les ai vus bosser ensemble comme ça, tous les deux, avec Sergio qui disait à Ennio : « Non, pas comme ça, comme ça », et on enregistrait tout sur un petit magnéto. Au moment du tournage, on avait les deux tiers de la musique. Pas avec un grand orchestre et pas les enregistrements définitifs, mais comme ça les acteurs sur le plateau avaient une idée exacte de l’ambiance du film. C’était magique ».

Comme tant de grands films américains, Il était une fois en Amérique fut charcuté par des financiers effrayés à l’idée de sortir un film de 4 h. Par contrat, Sergio Leone devait rendre un film de 165 minutes maximum, et c’est au final une version de 2 h qui fut distribuée en salles aux États-Unis, tandis que l’Europe avait droit à une version de 3 h 40. Située en 1923, 1933 et 1968, l’intrigue tourne autour d’un groupe d’amis d’enfance qui vont devenir gangsters.

Il était une fois en Amérique
Il était une fois en Amérique

La trahison de l’un d’entre eux changera leurs destins à jamais. Robert De Niro et James Woods sont les principaux interprètes de ce film épique, projet de quinze ans pour Leone dont ce monument est la dernière réalisation (il décède le 30 avril 1989 à Rome d’une crise cardiaque). Morricone enregistre les versions finales des compositions en décembre 1983 à Rome.

On retrouve une chanteuse habituée des productions Morricone, Edda Dell’Orso, venue assurer des vocalises sans paroles sur « Deborah’s Theme », utilisant sa voix comme un instrument ainsi qu’elle le fit pour Il était une fois dans l’Ouest et Il était une fois la révolution.

« Sergio Leone a toujours accordé une grande importance à la musique, plus que d’autres réalisateurs, expliqua le maestro à la revue Cinéaste. Pour lui, la musique est aussi importante que les dialogues, donc il trouvait ça essentiel que j’écrive la musique avant qu’il ne filme les images ». (Ennio Morricone)

L’idée géniale d’utiliser dans une fresque intimiste sur des gangsters juifs new-yorkais la flûte de Pan (celle de Gheorghe Zamfir sur Cockeye’s Song) pour scander les souvenirs opiacés de Noodles/ De Niro marque l’aboutissement des recherches de Morricone sur les anachronismes et les déplacements musicaux, parfaitement en phase avec les audaces de montage et les raccords fulgurants d’une œuvre maîtresse du cinéma contemporain. Pour Morricone, il s’agit du dernier score magistral, une sorte de bilan de carrière. Un testament avant l’heure.

Il était une fois en Amérique
Il était une fois en Amérique

Alors que la qualité et l’ampleur de ce score en faisaient une évidence pour la catégorie « meilleure musique de film » aux Oscars de 1985, il ne fut même pas nominé, car la maison de production The Ladd Company avait négligé l’inscription obligatoire. Des problèmes administratifs avaient privé Morricone et Il était une fois en Amérique d’un possible oscar. Des années plus tard, Arnon Milchan en est encore malade.

« C’était criminel. Durant les enregistrements, on sentait bien qu’on écoutait une partition historique. C’était incroyable, tous ceux qui étaient là étaient fascinés. Pour moi c’est le plus beau score qui ait jamais été écrit ».

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