Jorge Ben Jor

Star internationale, Jorge Ben Jor est l’une des figures incontournables de la scène musicale brésilienne des années 60/70, entre « Tropicalism », MPB et rythmes chaloupés.

Né en 1942 dans une favela de Rio, Jorge Duílio Menezes, plus connu sous les noms de Jorge Ben puis Jorge Ben Jor, rêve dès son enfance de devenir joueur de football et réussit à intégrer l’équipe junior du Flamengo, l’un des plus grands clubs de Rio. Dans le même temps, il joue de la guitare et du pandeiro dans les bars pour gagner quelque argent.

Jorge Ben Jor
Jorge Ben Jor

Au début des années 60, alors qu’il s’adonne ainsi à ce second loisir, le directeur de Polygram le remarque, apprécie son style et lui propose de le produire. Dès lors, Jorge Ben n’ambitionne plus la carrière de footballeur pour favoriser celle de chanteur. En 1963, son tube « Mas que nada » fait le tour du pays et lui permet une certaine reconnaissance.

Si, comme les artistes de la même époque, il s’essaie à la bossa nova, il offre avant tout une musique novatrice, fruit d’un syncrétisme culturel mêlant rythmes africains, nord américains et brésiliens qu’il nomme « rythm’n samba ».

Cependant, l’instauration de la dictature militaire dès 1964 met un frein à sa carrière, comme à celle de la plupart des artistes de l’époque. Face à la censure, à l’exil forcé, aux emprisonnements, la musique brésilienne se polarise : d’un côté les musiciens engagés tels que Caetano Veloso, Chico Buarque ou Gilberto Gil ; et de l’autre la musique commerciale et naïve de la  » Jovem Guarda « , du ié-ié-ié, représentée par Roberto Carlos, Erasmo Carlos et Wanderléa.

Jorge Ben n’étant ni politisé ni conformiste a du mal à trouver sa place sur la scène musicale. Ses disques suivants sont accueillis froidement par le public et la critique. Ironie du sort, à la même période, aux Etats-Unis, Jorge Ben devient le premier brésilien à avoir une chanson en portugais dans le hit-parade américain :  » Mas que nada  » chanté par Sergio Mendes.

Jorge Ben Jor
Jorge Ben Jor

Par la suite, il flirte avec les provocateurs du mouvement « Tropicalism », tels Gilberto Gil ou Caetano Veloso, comme avec les stars de l’éclectique MPB. Mais Jorge Ben ne s’embarrasse pas d’une étiquette particulière et durable. Il crée ses fusions samba, bossa, macumba, funk, rock et reggae que popularisent les émissions tv musicales alors en vogue.

Son jeu de guitare étonne : puisqu’il est certain de ne pouvoir égaler les plus grands instrumentistes, en premier lieu João Gilberto, il développe son jeu, avec le pouce et l’index sur les cordes basses de l’instrument, technique qui n’est pas sans provoquer quelques dissonances lorsqu’elle est associée à la basse.

Ses airs, prompts à mener la danse, plaisent, ses disques se succèdent, ses chansons deviennent des standards nationaux : « Pais tropical », « Que maravilha », « Xica da Silva », « Taj Mahal », etc…

Jorge Ben Jor
Jorge Ben Jor

Bien qu’au milieu des années 80, le soul et le rap prennent le pas sur les autres genres au Brésil, sa carrière se développe par delà les frontières nationales, en Europe et en Asie. Jorge Ben espace ses enregistrements. Ce manque de créativité est pallié par des concerts marathons avec le groupe Zé Pretinho.

En 1989, il change de nom et devient Jorge Ben Jor, suivant les volontés de la Warner,  afin de ne pas être confondu avec George Benson qui touche des royalties qui lui sont dues. La même année dans l’album « Benjor », il signe un duo remarqué avec le Nigérian King Sunny Ade.

L’album Benjor marque son retour au studio. Ses tournées donnent lieu aux explosifs Live in Rio et Live in Rio II (1992).

L’artiste au groove contagieux reprend le collier avec les albums My Little Brother (1994), Homo Sapiens (1996) et Mùsicas Para Tocar Em Elevador (1997). En 2000, Puro Swingue reprend ses classiques mis au goût du jour.

Après s’être plié à la tradition de l’album acoustique (Acùstico MTV Vol. 1 & 2), Jorge Ben livre le moderne Reactivus Amor Est (Turba Philosophorum). En 2006, la compilation Samba & Football Groove Association réunit ses odes au ballon rond de ses premières amours. S’il se fait plus rare sur disque, Jorge Ben donne toujours autant de plaisir en concert.

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