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MC Solaar, de la prose et des maux

Never love alone
MC Solaar, de la prose et des maux Posted on 11 janvier 2019Leave a comment
Never love alone

Né Claude M’Barali (5/3/1969) à Dakar de parents tchadiens, il arrive très jeune en banlieue parisienne avec sa mère. A l’âge de douze ans, il part vivre chez un oncle, au Caire, puis revient poursuivre ses études de bon élève, qui songe un moment à devenir footballeur pro puisqu’il en a les qualités. Mais il est pris par le rap, et évolue dans un posse (Le Cinq Cent One) où il se lie de complicité avec le DJ Jimmy Jay.

Les premières maquettes, fortement influencées par l’école Native longue Family (De La Soul, A Tribe Called Quest), lui valent un contrat qui aboutit à la sortie du single “Bouge de là”. C’est le premier tube cross-over du rap hexagonal, construit sur un sample du groupe funk Cymande, et qui influencera nombre de ceux qui viendront ensuite !

A la fin de 1991 le premier album de MC Solaar est un triomphe : 400 000 exemplaires et un personnage qui rassure les générations qui ne comprennent rien au rap. Solaar est poli, doux, cultivé, il collectionne les dictionnaires, et les médias s’extasient sur sa plume de « poète rap ».

MC Solaar
MC Solaar

Il pratique les jeux de mots, et les références avec une science qui lui vaut d’être comparé à Gainsbourg ou Nougaro. Ses compositions sont partagées entre Jimmy Jay, et le duo Zdar-Boom Bass, qui sévira ensuite dans la musique électronique.

Mettant sa réussite au service du mouvement, il aide ainsi nombre d’aspirants rappeurs, qui le battront froid par la suite, ce qui renforcera son détachement. Prose Combat, en 1994, est un raz-de-marée. Un album de très haute tenue, avec la même équipe, et des tubes comme « Nouveau western », ou « Obsolète ». Il en vend huit cent mille, dont une partie conséquente à l’étranger où il est le seul rappeur reconnu, surtout depuis son duo avec Guru de Gang Starr sur son album Jazzmatazz qui lui vaut les honneurs de la presse anglo-saxonne.

MC Solaar
MC Solaar

La rupture avec Jimmy Jay consommée, il enchaîne en 1997 avec un album produit par ses deux compositeurs électro. Paradisiaque est le dernier chapitre de la première vie de Solaar, qui outre son rejet du milieu doit se battre avec sa maison de disques. Tandis qu’il fait la une de la presse people avec sa fiancée Ophélie Winter (à l’époque fantasme n°l de la France profonde, les autres rappeurs doivent lui en vouloir aussi pour ça !), il lutte pour récupérer les droits de ses enregistrements.

L’album éponyme qui sort en 1998 a tout l’air d’un disque fait pour clore un contrat, partagé pour le son entre DJ Medhi (113. Mafia K’1 Fry), La Funk Mob (Zdar et Boom Bass) et Evil D, producteur new-yorkais réputé.

MC Solaar Prose Combat
MC Solaar

Après un live à l’Olympia, enregistré en mai 1998, Solaar est donc juré au Festival de Cannes. En 2000, il se sépare d’Ophélie Winter et s’absente des médias. Cinquième As, en 2001, est un album pour un nouveau label, qu’il a choisi de faire avec des compositeurs inconnus dans le milieu rap.

Le disque mêle des textes très engagés, sur les colonies ou les armes, avec des tubes faciles et futiles, calibrés pour la radio “Cinquième Os” s’écoule à huit cent cinquante mille exemplaires. et consacre définitivement son auteur comme un artiste consensuel.

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