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After the Gold rush (Neil Young), l’esprit de Topanga Canyon

Never love alone
After the Gold rush (Neil Young), l’esprit de Topanga Canyon Posted on 1 décembre 2018Leave a comment
Never love alone

Neil Young After the Gold rush – Enregistré entre août 1969 et juin 1970 – Sunset Sound and Sound City (Hollywood); home studio de Young à Topanga (Californie) – Reprise Records
Juin 1969, Neil Young franchit un des pas les plus importants de sa carrière. A l’initiative du président d’Atlantic, Stephen Stills lui demande de le rejoindre au sein de Crosby, Stills & Nash. Le 18 août 1969, le quatuor donne son deuxième concert au festival de Woodstock, ce qui le consacre instantanément porte-parole de ce qu’on nommera la «Woodstock Generation».




Neil Young After the Gold rush

A l’origine, Neil Young tient un rôle purement complémentaire au sein de la formation. Il ajoute ses furieuses interventions à la guitare électrique aux longs déchirements des chansons de Crosby, engageant des joutes instrumentales avec Stills («Carry On» et «Wooden Ships»). Il contribue vite au répertoire de la formation, apportant le puissant «Down By The River», l’enflammé «Southern Man», le passionné «Ohio» qu’il considère comme son meilleur enregistrement avec CSN&Y.

Au contact du trio s’opère alors une évolution dans le style du loner. Un retour aux sources, à ses racines folk. Ses deux compositions « Helpless » et « Country Girl » sur l’album Déjà vu paru en mars 1970 en témoignent.

A ce moment, son temps est partagé entre Crosby, Stills, Nash (& Young) et, parallèlement, ses séances d’enregistrement matinales, le plus souvent en compagnie de Stephen Stills et du guitariste de Grin, Nils Lofgren, passé au piano.

Nils, futur guitariste du E-Street Band de Bruce Springsteen n’a alors que 17 ans.

 De ces séances paraît en septembre 1970 After The Gold Rush, le troisième album solo de Neil Young.

Neil Young After the Gold rush
Neil Young After the Gold rush

Ce disque tourmenté, qui bénéficie de l’exceptionnelle publicité octroyée par le succès de Crosby, Stills, Nash & Young, sert de miroir à toute une génération : il se classe aussitôt en tête des hit-parades américains et britanniques. 



L’univers romantique de Neil Young, «l’esprit de Topanga Canyon» comme il le décrit, cristallise l’inquiétude et l’impatience de toute la génération hippie, pacifiste mais révoltée, écologiste et radicale, qui voit son combat se durcir : musicalement entre rock et folk, «Tell Me Why», «Only Love Can Break Your Heart», «I Believe In You», «Birds» sont autant de titres impérissables.

Le Crazy Horse participe peu à l’élaboration d’After the Gold rush contrairement aux précédents albums. Le son y est moins «cradingue», les titres plus variés et globalement moins électrique, Neil Young n’étant pas contraint à un systématique format de groupe pour ses chansons.



Neil Young After the Gold rush
Neil Young After the Gold rush

« Southern Man », un des titres les plus connu de l’album, est sujet à polémique ; un canadien fustigeant le racisme du sud des Etats-Unis n’est pas du goût de tout le monde. Notamment par le groupe Lynyrd Skynyrd (pourtant pas le mieux placé pour contredire son auteur !) qui lui répondit avec le splendide « Sweet Home Alabama » en 1974. Mais entre gentlemen du Grand Nord et du Sud, tout s’était très vite arrangé aimablement.

Le grand guitariste dégingandé incarne dès lors un des bénis des années 70, chantre de la perte des illusions, et bientôt du spleen et de la désolation.

Neil Young After the Gold rush
Neil Young After the Gold rush

Quand on sait maintenant que les chansons étaient loin d’être terminées lors de leurs enregistrement, l’album aurait sans doute été encore plus accompli qu’il ne l’est en l’état ; l’anarchie des harmonies vocales sur l’émouvant « I Believe In You » aurait sans doute disparu… Et le rythme de valse joué au piano du larmoyant « Only Love Can Break Your Heart » changé…

Les enregistrements « live » postérieurs ont d’ailleurs bénéficié d’arrangements sensiblement différents.

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CREDITS Neil Young After the Gold rush : Neil Young : guitare, piano, harmonica, vibraphone, voix – Danny Whitten : guitare, choeurs – Nils Lofgren : guitare, piano, choeurs – Jack Nitzsche : piano – Billy Talbot : basse – Greg Reeves : basse – Ralph Molina : batterie, choeurs – Stephen Stills : choeurs – Bill Peterson : flugelhorn

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