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Pump Up The Volume, bande originale culte de rock indé débraillé 90s

Never love alone
Pump Up The Volume, bande originale culte de rock indé débraillé 90s Posted on 10 mai 2019Leave a comment
Never love alone

Tout le monde se souvient du disque qui l’a fait passer du côté obscur. Pour certain, c’est la B.O. de Pump Up The Volume – un film sorti en toute discrétion en août 1990, l’histoire de Mark Hunter (Christian Slater), un lycéen timide de la banlieue de Phoenix, Arizona, qui se lâche, la nuit tombée, sur les ondes d’une radio pirate installée dans sa chambre.

Sous le nom de Harry-la-Trique, Mark devient le héros des marginaux et des laissés pour compte de son lycée, qui s’approprient ses slogans (« So be it », « Talk hard ») et protestent contre les expulsions qui ont lieu dans leur établissement. A sa sortie, Pump Up The Volume fait un score honorable au Box Office et permet d’imposer Christian Slater comme l’un des acteurs les plus prometteurs de sa génération. Mais surtout, la B.O. du film a permis à des tas d’adolescents à travers le monde de découvrir des artistes qui allaient devenir des références majeures dans les années à venir.


B.O. de Pump Up The Volume

Comme le souligne son réalisateur Allan Moyle, la bande son de Pump Up The Volume est centrale :

La musique est au cœur même de l’histoire. À cause de l’émission radio, mais aussi parce que le personnage de Harry parle très peu quand il n’est pas au micro. Toutes ses émotions passent par la musique. A cause du lien avec la radio, il nous fallait des chansons. Pas juste de la musique originale. Et même si Cliff Martinez a composé une excellente partition, on a commencé le film avec une chanson. Si tu utilise une chanson correctement, elle peut parfaitement s’insérer dans ton histoire et immédiatement prendre les spectateurs à la gorge. (Allan Moyle)

B.O. de Pump Up The Volume

Kathy Nelson et Allan Moyle vont donc s’atteler à rassembler un maximum de titres reflétant au mieux l’esprit du film :

Je travaillais chez MCA Records, où je m’occupais des bandes-son. Je soumettais des morceaux aux réalisateurs, des choses que j’aimais ou que je trouvais intéressantes pour leur film. Parfois, il suffisait de piocher dans le répertoire du label. Parfois, c’était plus compliqué. Et puis c’est souvent difficile de monter une bande-son quand tu as affaire à un film où 1/ la musique n’a pas forcément sa place et 2/ le réalisateur n’y connaît rien et ne se montre pas très ouvert. Mais Allan avait des goûts musicaux similaires aux miens et il y avait énormément de place pour la musique dans Pump Up The Volume. (Kathy Nelson)

Leurs goûts musicaux, se sont les Pixies, Sonic Youth, Soundgarden, Above The Law et Peter Murphy, ainsi que plusieurs reprises géniales : « Everybody Knows » de Leonard Cohen par Concrete Blonde, « Me And The Devil Blues » de Robert Johnson par les Cowboy Junkies, « Stand » de Sly & The Family Stone par Liquid Jesus et le « Kick Out The Jams » du MC5 par Henry Rollins et les Bad Brains.

B.O. de Pump Up The Volume

Les reprises sont des choix artistiques mais parfois aussi une histoire de sous :

On avait fait une énorme liste de morceaux mais on disposait d’un budget très limité. Pas mal des titres qu’on voulait étaient soit hors de prix, soit déjà utilisés dans d’autres films. Il a donc fallu faire des choix, parfois négocier avec les artistes et les labels pour qu’ils nous fassent un prix. J’ai dû écrire à certains artistes. Comme Leonard Cohen, que je connaissais vu que je viens de Montréal et que ma femme, Leanne Unger, était son ingé-son. Il a accepté de nous aider pour qu’on puisse utiliser « Everybody Knows ». Lui était d’accord, mais pas le type qui en possédait les droits et qui était un psychopathe complet. Ça ne s’est pas fait d’un coup de baguette magique. Ça a été un travail d’équipe. (Allan Moyle)

B.O. de Pump Up The Volume

Sans oublier tous les artistes dont les morceaux apparaissent dans le film et pas sur le disque, comme Leonard Cohen, les Descendents, Was (Not Was) et les Beastie Boys – avec « The Scenario », un morceau prévu à l’origine pour Licensed To Ill mais qui n’est finalement sorti que bien des années plus tard, sur un maxi en 2002, avant d’être inclus sur les rééditions de Licensed To Ill en 2014.

On était limités à 12 titres, à cause des royalties. Il était très, très difficile de bosser avec les Beastie Boys. Ils refusaient que leurs morceaux apparaissent sur des B.O. de films. D’ailleurs je crois que ça n’a pas changé – c’est impossible d’avoir un titre des Beastie Boys en licence sur une B.O. (Kathy Nelson)
Les Beastie Boys nous ont dit un truc genre : « Ok, le film a l’air cool donc on va vous filer un fond de tiroir, un morceau qu’on n’aime pas trop » Ils savaient qu’ils n’allaient rien faire de ce titre. (Allan Moyle)

B.O. de Pump Up The Volume

Pour le titre « Everybody Knows », l’original de Leonard Cohen mais également une énorme reprise de Concrete Blonde seront utilisés :

Bob Shaye, le boss de New Line, trouvait que la version de Leonard Cohen était trop sombre pour être utilisée en ouverture du film. Il nous a donc demandé de faire reprendre le morceau par un groupe plus pop. Concrete Blonde étaient les candidats idéaux. Leur musique était sombre, mais juste un peu moins que celle de Leonard Cohen. Et c’était un groupe authentique, qui venait du milieu underground. Du coup, on leur a demandé et ils ont fait une super reprise. Et on a utilisé la version originale sur le générique de fin. Mais je continuais à penser que la version de Leonard Cohen collait mieux au début du film. Et à la dernière minute, Bob Shaye a dit qu’on pouvait l’utiliser après tout. Du coup, on a mis la version de Concrete Blonde sur la B.O. Tout le monde était content au final. (Allan Moyle)

B.O. de Pump Up The Volume

Il est également question d’utiliser des titres comme « Paint It Black » des Rolling Stones, mais faute de moyen, elle sera écartée. Le fait d’avoir des artistes moins connus va permettre au film d’être moins figé dans le temps et de mieux fonctionner.

Le côté underground du film, c’est le son des Pixies, de Soundgarden, des Bad Brains, de Henry Rollins. Ces groupes étaient encore peu connus à l’époque.

Ça allait de pair avec le film. Et c’était la musique qu’écoutait Allan, donc ça collait parfaitement. Le film n’aurait pas fonctionné avec des morceaux de Taylor Swift ou, plus exactement des morceaux de l’équivalent 1990 de Taylor Swift. Ça faisait partie du truc, de l’idée globale du film. (Kathy Nelson)

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TITRES :

1. « Everybody Knows » (performed by Concrete Blonde) L. Cohen Dennis Herring
2. « Why Can’t I Fall in Love? » (performed by Ivan Neville)
3. « Stand! » (performed by Liquid Jesus) S. Stewart
4. « Wave of Mutilation (UK Surf) » (performed by Pixies) C. Thompson IV Pixies
5. « I’ve Got a Miniature Secret Camera » (performed by Peter Murphy)
6. « Kick Out the Jams » (performed by Bad Brains & Henry Rollins)
7. « Freedom of Speech » (performed by Above The Law)
8. « Heretic » (performed by Soundgarden)
9. « Titanium Exposé » (performed by Sonic Youth)
10. « Me and the Devil Blues » (performed by Cowboy Junkies) R. Johnson
11. « Tale O’ the Twister » (performed by Chagall Guevara)

Titres du film ne figurant pas sur la B.O.

1. « Everybody Knows » (performed by Leonard Cohen) L. Cohen
2. « Talk Hard » (performed by Stan Ridgway & MJ-12) S. Ridgway Stan Ridgway
3. « Love Comes in Spurts » (performed by Richard Hell) R. Meyers
4. « If It Be Your Will » (performed by Leonard Cohen) L. Cohen John Lissauer
5. « Girls L.G.B.N.A.F. » (performed by Ice-T)
6. « Get Together » C. Powers, Jr.
7. « WeinerSchnitzel » (performed by Descendents)
8. « Scenario » (performed by Beastie Boys)
9. « Dad, I’m in Jail » (performed by Was (Not Was))
10. « Fast Lane » (performed by Urban Dance Squad)

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