Bush Doctor (Peter Tosh)

Bush Doctor – Enregistré en 1978 au Dynamic Sounds Studio, Joe Gibbs Studio, Kingston, Jamaica – Rolling Stones Records
Bush Doctor, qui signifie « sorcier » en français, est le premier des trois albums de Peter Tosh sortis sur le label des Rolling Stones. Tosh souhaitait se démarquer de Marley avec son propre groupe, construit à partir de Sly & Robbie, plutôt que de faire appel aux Wailers.

Chargé de la réalisation artistique de Bush Doctor, Robbie Shakespeare prend la décision de se séparer des musiciens présents sur les précédents albums de Peter Tosh.

Désormais sûr de ses troupes, Robbie concocte des arrangements puissants aux sonorités éloignées des productions jamaïcaines typiques… Selon Robbie, les cuivres jamaïcains manquent d’ambition artistique.

La section cuivres de Bush Doctor est donc composée de grosses pointures américaines : Luther François, les frères Brecker et Lou Marini, connus pour leurs productions jazz, funk et soul.

Bush Doctor (Peter Tosh)
Bush Doctor (Peter Tosh)

Robbie joue la cassette des chansons aux musiciens, qui ne travaillaient pas du tout comme leurs homologues jamaïcains. Robbie doit chanter les lignes de cuivres telles qu’il les entend, tandis que les musiciens notent les mélodies sur du papier à musique, outil ô combien incongru pour Robbie ! Ceux-ci avaient ensuite joué les mélodies en ajoutant leur « patte ». J’adore ce son, qu’on retrouve dans le disque de Manu Dibango, Gone Clear.

Bush Doctor est enregistré en quelques jours au studio Bearsville à deux heures de New York, où répètent les Rolling Stones en vue de leur tournée de promotion de Some Girls. Une proximité qui a d’ailleurs permis le duo avec Mick Jagger sur « Don’t Look Back », Keith Richards jouant quant à lui sur « Bush Doctor » et « Stand Firm ».

Bush Doctor (Peter Tosh)
Bush Doctor (Peter Tosh)

Tout au long de l’album, Sly semble habité par « l’esprit des tambours africains ». Le son de sa batterie reste une énigme 30 ans plus tard, puisque personne n’est capable aujourd’hui de reproduire cette richesse, cette texture. C’est d’ailleurs très frustrant de constater que tout un savoir-faire d’ingénierie sonore, qui faisait la force des studios jamaïcains dans les années prédigitales, a complètement disparu.

De son côté, Robbie et sa basse Hoffner, que lui avait offerte un Paul McCartney ébloui par ses prouesses, font des ravages. À cette époque, il n’a pas encore complètement pris le virage vers ce qui deviendra sa signature sonore et reste très mélodique. Bush Doctor est d’ailleurs un des derniers albums où Robbie fait « chanter » sa basse.

Bush Doctor (Peter Tosh)
Bush Doctor (Peter Tosh)

Arrangements, chansons, chant, musiciens, ingénieurs, son… tout est bon dans cet album. S’il fallait retenir trois titres, on pourrait sélectionner les suivants : « Don’t Look Back », reprise des Temptations en duo avec Mick Jagger, le poignant « Pick Myself up » et bien sûr « Bush Doctor », inoubliable ode à la weed…

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CREDITS : Acoustic Guitar – Peter Tosh
Arranged By – Karl Pitterson (tracks: B4), Peter Tosh, Robert Shakespeare*
Autoharp – Peter Tosh
Bass – Robbie Shakespeare
Clavinet – Peter Tosh, Robert Lyn*
Drums – Sly Dunbar
Engineer – Errol Thompson, Geoffrey Chung, Lew Hahn
Guitar – Keith Richards (tracks: A1 and A2), Robert Lyn*, Robbie Shakespeare
Keyboards – Keith Sterling
Lead Guitar – Donald Kinsey, Mikey « Mao » Chung*
Lead Vocals – Peter Tosh
Mastered By – Dennis King
Organ – Robert Lyn*
Percussion – Larry McDonald, Sticky*
Piano – Robert Lyn*
Producer – Peter Tosh, Robert Shakespeare*
Rhythm Guitar – Peter Tosh
Soprano Saxophone – Luther François
Synthesizer – Mikey « Mao » Chung*
Vocals – Mick Jagger (tracks: A1)

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