Songs Of Experience (David Axelrod)

Songs Of Experience – Enregistré en 1969 – USA – Capitol Records
Aussi torturé que celui d’un Todd Rundgren, le génie protéiforme de David Axelrod n’avait pas son pareil dans les années soixante et soixante-dix quand il s’agissait d’arranger ses contemporains.

Les Electric Prunes en témoignent au travers de leur album le plus bigarre, une espèce de messe en latin dont un morceau servirait de fond sonore à la scène de trip sous LSD dans le film Easy Rider, Pourtant, l’essentiel de David Axelrod se trouvait déjà ailleurs, plutôt dans son œuvre à lui en fait, et surtout dans un diptyque réalisé en hommage au poète William Blake, Songs Of Experience en constituant le second volet.


Songs Of Experience (David Axelrod)

Brassant avec un rare bonheur des éléments de jazz et de rock psychédélique avec du funk, de la soul et des chœurs de cantates, cet orchestrateur visionnaire annonçait là, quelques décennies auparavant, les passerelles entre les genres qu’installeraient les musiciens novateurs de la fin du XXe siècle.

La reconnaissance tardive d’Axelrod était d’ailleurs due à de voraces rappeurs éclairés, notamment Dr Dre, Mos Def et DJ Shadow qui le pilleraient allègrement.

Que dire de Songs Of Experience sinon que, garantie sans matière grasse, cette étrange liturgie en forme de montagnes russes le disputait déjà au meilleur de Phil Spector ou John Barry ?

« The Human Abstract », affublé d’une basse d’une élasticité impressionnante, de cordes pointues et de guitares acides, le tout porté par une rythmique tout en souplesse, sans oublier, bien sur, un thème récurent au piano accompagné de vibes récurantes et réverbérées… Ce morceau a fortement influencé Jean Claude Vannier un an plus tard pour les arrangements de… Melody Nelson de Gainsbourg.

Songs Of Experience s’écoute quasiment comme une bande originale de film. Un album d’ambiance, fait de grooves souples et de moments tendus propre au monde des films.

Avec Capot Pointu de Michel Colombier, L’Enfant assassin des mouches de Jean-Claude Vannier, Lux Æterna de William Sheller, Pop Symphony de Jason Havelock (pseudonyme d’Eric Demarsan, le compositeur des bandes originales des films de Jean-Pierre Melville) et La Planète sauvage d’Alain Goraguer, Songs Of Experience est l’un des édifices instrumentaux les plus ambitieux jamais inventés en matière de pop.

Malheureusement, la disparition tragique du fils de David Axelrod et des échecs commerciaux successifs l’éloigneraient des studios pendant plus de vingt ans.

Dommage, car dans ses années fastes il avait prévu de mettre en musique une des œuvres emblématiques de la Beat Generation, le long poème Howl d’Allen Ginsberg, autre admirateur de William Blake.

 

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CREDITS : Don Randi – Conductor; David Axelrod – Arranger, Vocals, Producer de Songs Of Experience; Ben Barrett; Arnold Belnick; Gary Coleman – Vocals (bckgr); Allen DiRienzo; Gene Estes – Percussion; Freddie Hill – Trumpet; Bill Hinshaw; Howard Roberts – Guitar; Harry Hyams; Carol Kaye – Bass; Richard Leith – Trombone; Arthur Maebe – Horn; Lew McCreary – Horn; Ollie Mitchell – Trumpet; Earl Palmer – Drums; Joe Polito – Engineer; Nathan Ross; Myron Sandler; Harold Schneier; Henry Sigismonti – Wind; Marshall Sosson; Tony Terran; Pete Wyant; Vincent DeRosa – Horn

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