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Afreaka (Demon Fuzz), étrange décoction de funk progressif made in UK !

Never love alone
Afreaka (Demon Fuzz), étrange décoction de funk progressif made in UK ! Posted on 20 janvier 2020Leave a comment
Never love alone

Demon Fuzz Afreaka – Enregistré en 1970 au Pye Studios – London – Dawn Records
D’abord connu sous le patronyme Skatalites (à ne pas confondre avec le groupe jamaïquain) puis Interstate Road Show, Demon Fuzz tenta d’imposer un mélange éminemment singulier, croisement entre les riffs de Black Sabbath et les cuivres de Chicago Transit Authority et Blood, Sweat & Tears. Comme Cymande, autre groupe de funk britannique tout aussi culte, Demon Fuzz possédait bien des qualités pour percer. L’histoire en voudra autrement.

À sa décharge, signalons que cette formation décolla depuis un drôle de tarmac dévolu au folk de Trader Home, Cornus et Heron qu’elle tourna dans des clubs underground peu appropriés, ainsi qu’à la même affiche qu’Edgar Broughton Band et Family avec lesquels elle n’avait aucun point commun ; et que son agent allait – bien avant Demon Fuzz Afreaka – la quitter pour défendre les intérêts de Savoy Brown et Chiken Shack.


Demon Fuzz Afreaka

Par ailleurs, le label de cet étrange combo allait connaître au même moment un retentissant succès grâce à un Mungo Jerry qui, en réussissant à écouler des millions d’exemplaires du single In The Summertime, ne laissera que très peu de place à la promotion des concurrents.

Le funk, même placé sous les influences conjuguées de Sly & The Family Stone, du Band Of Gypsys de Jimi Hendrix, des Temptations, de Funkadelic et de Parliament, n’avait pas franchement sa place sous pareille enseigne, sans compter que la musique noire britannique, dans les années soixante-dix, peinait à trouver son public. Qui se souvient encore de Black Velvet, Noir ou Assagai? Seul Cymande a également fini par atteindre un statut mythique quinze ans après, à force de samples disséminés çà et là.

Demon Fuzz Afreaka
Demon Fuzz Afreaka

En 1970, grâce aux recettes de leurs divers concerts, le groupe se paye du temps de studio et enregistre une démo. En l’écoutant, le producteur de Dawn Records, Barry Murray, décide de les signer. Il les considère suffisamment crédible pour concurrencer EMI et Phonogram qui viennent eux aussi de s’engouffrer dans la musique progressive.

Barry Murray emmène le groupe aux Pye Studios à Marble Arch en septembre 1970. Malgré une incompréhension mutuelle et quelques ratés, l’enregistrement ne prendra guère plus d’une semaine.

« Quand Demon Fuzz a enregistré Afreaka, je pense humblement que le producteur du disque, Barry Murray, ne saisissait pas bien la direction musicale que nous prenions en tant que groupe. Nous étions confrontés à une grande maison de disque bien établie qui finançait la production du disque et nous devions simplement obéir aux instructions du producteur. On n’avait pas grand-chose à dire, si tant est qu’on en ait eu. » (W. Raphael Joseph)

Demon Fuzz Afreaka
Demon Fuzz Afreaka

Le groupe est déçu du résultat final. Certains choix du producteur sont contestés en vain. Selon Winston, Corea et Crosdale, Afreaka est une pale image de se dont le groupe est capable sur scène.

En live, Demon Fuzz était d’une qualité supérieure à ce qu’on entend sur l’enregistrement studio. On avait une présence majestueuse sur scène. On nous a d’ailleurs souvent mal jugé. Notre aura, notre confiance individuelle et collective étaient souvent pris pour de l’arrogance. Si l’album a été un échec commercial, le groupe live a toujours été un succès. (Paddy Corea)

Demon Fuzz Afreaka
Demon Fuzz Afreaka

Avec cet unique album et sans le savoir, Demon Fuzz avait inventé une formule qui resterait sienne: le funk progressif, étrange décoction à base de soul psychédélique, d’afro beat, d’acid rock et de free. Parmi les membres du groupe, seul le percussionniste – venu prêter main-forte pour la séance — possédait un curriculum digne de ce nom, puisque Ayinde Folarin avait déjà joué avec Fela Kuti, Stevie Wonder et s’apprêtait à rejoindre Assagai, le groupe du saxophoniste sud-africain Dudu Pukwana.

Tous disparaîtront de la circulation après cet unique opus, sans laisser de traces, sauf le percussionniste que l’on retrouvera en studio, dans les années quatre-vingt, aux côtés de Bronski Beat !

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CREDITS :

TITRES :

  1. Past, Present, and Future (9:50)
  2. Mercy (Variation No. 1) (9:20)
  3. Another Country (8:28)
  4. Disillusioned Man (4:58)
  5. Hymn to Mother Earth (7:00)
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