harvest neil young

harvest neil young – Enregistré de janvier à septembre 1971 aux Quadrafonic Sound Studios (Nashville), Broken Arrow Studio (Californie), Barking Town Hall (Londres), Royce Hall UCLA (Californie) – Reprise records

Alors en pleine tournée de promotion de l’album Déjà vu, l’énorme succès de Crosby, Stills, Nash & Young tourne la tête de ses membres. Leur dernier concert en juillet 1970 marque la fin du groupe. Chacun commence alors une carrière solo qui s’avèrera de courte durée… à l’exception de notre serviteur.

harvest neil young. Au sein du CSNY, Young s’est toujours démarqué des autres musiciens allant jusqu’à réserver ses meilleures chansons pour les albums solos qu’il compose en parallèle. Sa stratégie de distanciation le récompense au moment où le courant contestataire s’essouffle. La jeunesse américaine acquiert une vision moins naïve du monde. La vie communautaire passe de mode.

Neil Young repart en solitaire avec l’album Harvest en 1972 évoquant parfaitement l’optimisme moribond de la contre-culture de San Francisco et le cynisme naissant de la génération du Watergate.

Enregistré en deux temps, d’abord à Nashville puis dans son propre ranch, Harvest est de loin le plus grand succès commercial de Neil Young, propulsé par la balade country «Heart of Gold».

Le succès de cette chanson devait hanter Young pour les trois décennies suivantes, et il omet sciemment de la jouer en concert depuis.

« Cette chanson m’a placé au milieu de la route, a-t-il écrit. C’est un endroit qui s’est vite révélé ennuyeux et je me suis dirigé vers le fossé.»

Malgré tout, le songwriter considère Harvest comme une de ses oeuvres les plus aboutie.

Neil Young délaisse le temps de l’album son groupe d’accompagnement habituel (le Crazy Horse) toujours en disgrâce à cause de l’addiction à l’héroïne de son guitariste Danny Whitten, (inspirant la chanson « The Needle And The Damage Done »), pour s’entourer de musiciens de Nashville qui lui improvisent un écrin de country-folk dans lequel il glisse ses dernières compositions.

A l’opposé des guitares hurlantes du Crazy Horse ou des prétentions hautaines des divas du CSN (présents néanmoins sur certains titres en tant que choristes), cet ode à la simplicité est doucement rythmé par la batterie de Kenny Buttrey (présent sur les albums country de Bob Dylan), la basse de Tim Drummond, la slide-guitare de Ben Keith ainsi que les chœurs de Linda Ronstadt et de James Taylor, l’ensemble prenant le nom de Stray Gators.

harvest neil young
harvest neil young

Dès le départ, « Out of the week-end » balance doucement son rythme quasi-hip-hop pour une invitation à un voyage prometteur mais semé d’écueils : l’apparente simplicité de la vie rurale (« Old man », « Are you ready for the country ») est troublée par des nuages annonciateurs de déluges électriques qui ont pour origine la drogue ou le racisme (« Words » ou « Alabama », deuxième chanson inspiré par le Sud après « Southern Man »).

La quête de la tranquillité (« A man needs a maid » et ses arrangements grandiloquents signés Jack Nitzsche) impose de surmonter les épreuves physiques et psychiques (la tentation de la drogue). Pour l’occasion, il se fait accompagner par un orchestre symphonique (le très classe London Symphony Orchestra) également présent sur There’s a World.

harvest neil young
harvest neil young

Neil Young tient là sa première récompense individuelle mais n’aura pas le temps d’en profiter longtemps. L’annonce de la mort par overdose de son guitariste et ami Danny Whitten, membre du Crazy Horse, le plonge dans une phase dépressive qui paradoxalement l’inspirera au point que deux des trois albums (la trilogie de la boue) qu’il enregistrera durant cette sombre période sont aujourd’hui considérés comme ses meilleures productions.

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Anecdote harvest neil young / Home-made sound system : Fin 1971, le bûcheron folkeux fit à son presque pote Graham Nash l’honneur de l’inviter en son ranch de Broken Arrow, une espèce de Xanadu californien qui s’étend sur plus de 56 hectares et, sur le modèle du Woody Creek d’Hunter S. Thompson, permet à Young de lâcher impunément la bride à ses démons..

Bonne pâte, Nash demanda à écouter les bandes de Harvest, alors en phase de finalisation… Young fit alors monter son collègue dans une barque, l’emmena au beau milieu du lac de sa propriété et fit un signe vers la berge… qui provoqua une énorme déflagration qui s’entendit à des kilomètres… Atterré, Nash mit quelques secondes à reconnaître les accords de « Out On The Weekend » et comprit que Young avait fait installer chez lui une sono de concert un peu expérimentale, la stéréo étant logiquement assurée par un système de double enceinte, la droite disposée dans sa grange, la gauche dans une chambre de sa maison…

harvest neil young
harvest neil young

Young se mit ensuite à régler la balance en donnant, de sa barque, des indications à son ingénieur du son Elliot Mazer, agitant les bras et gueulant « More barn! More barn! » ou « More house! More house! » pour ajuster au mieux…

Assumant jusqu’au bout son acte, il s’en est expliqué le plus sérieusement du monde trente ans plus tard : « I was trying to get the warmth of the sound across, I needed the space to allow the sound waves to breathe. Music needs to be other-worldly ».

Nash, quant à lui, ne fut pas vraiment convaincu par cette tentative de space-country et a laissé ce seul commentaire sur l’aventure : « Neil scares me a lot. I don’t think he’s ever been happy with himself »…

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CREDITS : Ben Keith : Steel Guitar – Kenny Buttrey : batterie – Tim Drummond : basse – Jack Nitzsche : Piano & Slide Guitar – John Harris : (Piano sur Harvest) – Tout les titres sont écrits et composés par Neil Young – Production : Elliot Mazer & Neil Young

1. (avec les Stray Gators)
2. (avec les Stray Gators)
3. (avec le London Symphony Orchestra dirigé par David Meecham)
arrangements et production par Jack Nitzsche
4. (avec les Stray Gators / Additional vocals by James Taylor and Linda Ronstadt)
5. (avec les Stray Gators / participations exceptionnelles : David Crosby et Graham Nash (voix))
6. (avec les Stray Gators / participations exceptionnelles : James Taylor et Linda Ronstadt (voix))
7. (avec le London Symphony Orchestra dirigé par David Meecham – Arrangements par Jack Nitzsche)
8. (avec les Stray Gators / participations exceptionnelles : Stephen Stills et David Crosby (voix))
9. (live at Royce Hall – UCLA) production par Henry Lewy & Neil Young
10. (avec les Stray Gators / participations exceptionnelles : Stephen Stills et Graham Nash (voix))

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